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Jeudi 28 juillet 2016

Le film du jour : Race

Début des années 30. Dans une université de l’Ohio, un jeune étudiant se fait remarquer pour ses qualités de sprinter. Le problème, pour beaucoup, est qu’il est noir. Mais pas pour Larry Snyder (Jason Sudeikis), son entraîneur, qui voit en lui un futur champion olympique. Autre problème : les Jeux de 1936 doivent se dérouler à Berlin, là où le nouveau Chancelier du Reich n’a pas tardé à se faire connaître pour ses idées racistes. Dans une Amérique n’ayant rien à lui envier sur ce plan-là, le Comité olympique s’interroge sur le bien-fondé de participer à ces jeux et le risque ainsi encouru de cautionner la politique d’Adolf Hitler. Avery Brundage (Jeremy Irons), membre du Comité olympique américain (plus tard président du CIO) et mégalo-manipulateur de premier ordre, lui n’a pas d’états d’âme : seules les médailles l’intéressent. De son côté, Jesse Owens (Stephan James), le prodigieux sprinter en fait de même, incité par la communauté noire et opprimée du pays à y renoncer. Finalement, l’organe olympique et le coureur renoncent à boycotter des Jeux au travers desquels tant de médailles leur sont promises…

Plongée dans le début de la période la plus noire du 20ème siècle. Le mépris des uns pour les Noirs est aussi intolérable que la haine des autres pour les Juifs. Et l’hésitation morale des premiers à participer est aussi hallucinante que grotesque. Ce biopic est intéressant par le fait qu’il met en lumière plusieurs combines peu connues du public ; entre autres : arrangement personnel de Brundage avec Goebbels, ministre de la propagande, retrait décidé par lui de deux coureurs juifs du 4 x 100 mètres. Passionnant de bout en bout, Race ("La couleur de la victoire", titre français) pêche cependant par une aberration quasi-totale du choix des acteurs, pourtant excellents sur le plan du jeu, mais totalement décalés quant à leur ressemblance physique avec les personnages réels. C’est ainsi qu’on voit un Goebbels au crâne rasé et 15 ans trop jeune, un Average longiligne et beaucoup trop vieux, un Himmler bouffi et lui aussi trop âgé. Même constatation pour le héros du film, Stephan James ne ressemblant en rien à Jesse Owens. Finalement, seule la très belle Carice van Houten, qui incarne Leni Riefenstahl (cinéaste attitrée de Hitler et qui filme tous les Jeux), est assez conforme à la réalité…

Mis à part ces détails gênants, le film rend un hommage mille fois mérité à ce prodigieux athlète que fut Jesse Owens, quatre fois médaillé d’or (100, 200, 4 x 100 mètres et saut en longueur) à Berlin. Héros de toute une nation, à son retour à New York, il défila devant un million de personnes en délire, mais sans doute plus émus par le rayonnement de la bannière étoilée que par l’homme lui-même. Parce que, et ça c’est une réalité, lors de la réception organisée en son honneur dans un palace de la ville, Jesse Owens et son épouse Ruth en furent réduits à pénétrer dans l’hôtel par l’entrée de service. Plus grave : le président Roosevelt n’a jamais daigné recevoir l'athlète pour le féliciter et le remercier d’avoir porté si haut les couleurs de leur pays commun. Le racisme américain n’avait en ce temps-là rien à envier à l’aryanisme prôné par Hitler et sa clique de suppôts débiles. Et 80 ans plus tard, il est toujours présent dans un pays paradoxalement gouverné par un homme de couleur…

Note : 16/20

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Vendredi 20 mai 2016

Le film du jour : Julieta

Dans une rue de Madrid, Julieta (jeune, Adriana Ugarte, plus tard, Emma Suarez) rencontre par hasard Bea, une ancienne amie de sa fille Antia. Sans nouvelles de celle-ci depuis près de quinze ans, sa maman apprend qu'elle vit au bord du lac de Côme et qu'elle est mère de trois enfants. Julieta, sur le départ pour le Portugal, renonce alors à y accompagner celui qui vit avec elle depuis quelques temps. Elle entend demeurer dans la capitale espagnole afin de prendre le temps d'écrire à Antia l'histoire d'amour dont elle est le fruit, les raisons de la tragique disparition de Xoan, son compagnon et père de la jeune fille, ainsi que la douleur qui a été la sienne tout au long de ces années durant lesquelles les deux femmes ont vécu sans nouvelles l'une de l'autre. Commence alors un long flash-back duquel vont jaillir une multitude de souvenirs, de moments de bonheur et de souffrance, comme toute histoire de vie en recèle depuis la nuit des temps...

A Cannes, Almodovar semblait attendu comme le messie, et c’est un peu ainsi que son oeuvre a été reçue. Personnellement, j'ai attendu le film en baignant dans les poignants souvenirs de "Talons aiguilles" et "Volver", pour moi chefs-d'œuvre parmi bien d'autres magnifiques histoires contées par le maître espagnol. La promesse était donc très belle. Et tenue jusqu'au moment où Chavela Vargas entonne "Si no te vas". Cette sublime chanson est le fond sonore de la bande annonce du film, et en cela elle contribue pleinement à la réussite de ces quelques dizaines de secondes publicitaires. Hélas, alors que le "Piensa en mi" de Luz Casal, pour "Talons aiguilles", demeure indissociable de la plus belle séquence de ce film mythique, "Si no te vas" ne débouche que sur… le générique final de "Julieta"...

Déception donc, parce que je dois bien avouer que c'en est une. Almodovar s'est arrêté de tourner au moment où la mère et la fille étaient sur le point d'être enfin réunies, quinze ans après, sous l'oeil de la caméra. Certain que la chanson et la voix grave, profonde et unique de Chavela Vargas allaient illustrer ces retrouvailles, et transformer ainsi ce très beau film en chef-d'œuvre, j'en ai été quitte pour une immense frustration. N'en demeure pas moins que l'histoire est très belle, triste mais pas funeste, et que les comédiennes incarnent toutes à la perfection les principaux personnages d'un Pedro Almodovar qui ne filme et ne réalise jamais aussi bien que lorsqu'il raconte de belles et touchantes histoires de femmes...

Note : 15/20


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"Si no te vas", interprétée par Chavela Vargas, sur des images du film.


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Vendredi 13 mai 2016

Le film du jour : Café Society

Dans les années trente, Bobby (Jesse Eisenberg) quitte New York pour aller s’installer à Hollywood, où il va rejoindre son oncle Phil (Steve Carell), célèbre agent de stars, duquel il espère un hypothétique emploi. Pas vraiment ravi de le voir ainsi débarquer, tonton l’engage cependant en qualité de coursier. Très vite, le jeune homme tombe amoureux de Vonnie (Kristen Stewart), la secrétaire attitrée de son oncle. Mais celle-ci n’est pas libre, éprise d’un homme marié qui hésite beaucoup entre elle et son épouse. Vonnie, très sensible à l’amour que lui voue Bobby et à la proposition de mariage quelle reçoit de lui, lui annonce pourtant un jour que son amant a décidé de se séparer de sa femme pour l’épouser. Totalement déprimé et desemparé, le jeune New Yorkais abandonne son job, son espoir et retourne dans sa ville natale. Son frère Ben, exploitant un night-club très prisé, lui propose alors de venir travailler à ses côtés. Bobby accepte, ignorant alors que son patron de frangin est également un truand de la pire espèce. Mais les affaires marchent du tonnerre et le club devient un must de la "Grande Pomme". A tel point qu’un soir, Kristen et Phil passent y boire un verre. Pour Bobby, marié à Veronica (Blake Lively) et père d’une petite fille, commence alors le temps des souvenirs et, qui sait, peut-être des regrets aussi…

Partagé entre Hollywood, qui vit son Age d’or du cinéma, et la turbulente première cité de la Côte Est, Café Society représente une plongée dans la chaude ambiance des thirties. Chaude et colorée, comme le traitement de la pellicule qu’a choisi Woody Allen pour son 47ème long métrage. Pellicule ? pas vraiment car, pour la première fois de sa carrière, il tournait en caméra numérique. Mais le résultat n’en est en rien altéré, bien au contraire. De ses douze derniers films (de Match Point à celui-ci) j’en ai vu dix, toujours avec le même immense plaisir, et sans doute celui-ci est-il le meilleur et le plus chaleureux. Comment, d’une histoire somme toute banale, faire un chef-d’œuvre ? Je l’ignore, mais sans doute est-ce propre à ce génie new-yorkais du 7ème art, auteur, scénariste et metteur en scène de tous ses films. L’image, la lumière de celui-ci sont absolument divines, au point que l’on pourrait croire que toutes les scènes extérieures ont été tournées au lever ou au coucher du soleil (pourquoi pas ne serait-ce pas le cas, ça lui ressemblerait assez). Comédiens et -diennes ajoutant en plus leur propre talent à la concrétisation d’une œuvre majeure, nul doute que celle-ci fera date dans l’histoire du cinéma mondial. Une toute petite réserve cependant, totalement personnelle : j’aurais préféré que Woody Allen inverse les rôles des deux interprètes féminines principales, Blake Lively, sublime second rôle, éclipsant totalement une très bonne Kristen Stewart, trois fois plus présente à l’écran…

Café Society est un film magnifique, romantique, glamour et parfois très drôle (la scène où les parents de Bobby se disputent sur ce qui oppose le judaïsme et le christianisme quant à une hypothétique vie après la mort est à mourir de rire). Film d’ouverture du 47ème Festival de Cannes, il a créé la polémique par les propos du maître de la cérémonie adressés au metteur en scène. Plaisanterie, innocente ou pas, au travers de laquelle il était question d’un comportement passé de pédophile concernant Allen, à l’instar de Polanski. Comparaison inadéquate car si le second a été jugé et condamné (à une peine non prononcée puisqu’il a profité de sa mise en liberté provisoire pour quitter définitivement les Etats-Unis) pour des faits reconnus par lui-même, aucune action en justice n’a jamais été intentée au premier. Que mes propos soient bien clairs : je condamne sans réserve la pédophilie et j’ai applaudi à tout rompre lorsque Polanski a été arrêté, sur mandat international des USA, à Zürich en septembre 2009. Comme j’ai maudit ceux qui l’ont soutenu alors (Frédéric Mitterrand, pauvre ministre de la culture hexagonale en tête), ainsi que la minable justice de mon pays pour avoir renoncé à l’extrader et lui avoir rendu sa totale liberté dix mois plus tard. Aucune prescription ne doit être tolérée dans ce genre de crime. Si un jour Woody Allen se retrouve dans la même situation que son confrère franco-polonais, je m’exprimerai de la même façon. Tel n’est pas le cas aujourd’hui et la polémique médiatique de Cannes n’enlève absolument rien au fait que Café Society est un chef-d’œuvre et que son auteur, scénariste et metteur en scène demeure l’un des trois ou quatre plus grands noms du cinéma mondial, toutes époques confondues…

Note : 18/20

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Mercredi 11 mai 2016

Le film du jour : Fúsi, ou L'histoire du géant timide

Islande, de nos jours. Fúsi (Gunnar Jónsson) est un colosse qui vit un quotidien offert aux froides morsures d’un climat dans lequel le soleil n’est pas vraiment roi. Bagagiste dans un aéroport apparemment peu fréquenté, il vit seul avec sa mère. Il a 45 ans, les cheveux longs, la barbe hirsute et un regard d’enfant, deux yeux baignant dans cette lumière qui lui fait défaut dehors. Ses loisirs, il les consacre à "jouer à la guerre", sur une immense maquette, qu’il a construite lui-même, représentant El Alamein, célèbre champ de bataille égyptien sur lequel Montgomery a, en octobre 1942, mis une monumentale raclée à son homologue Rommel. Fúsi est un être taciturne, timide et renfermé, visiblement sans expérience avec les femmes. Dans son travail il est, pour cette raison et sa corpulence, la risée de plusieurs collègues, plus méchants que bêtes, qui le harcèlent sans que le géant ne daigne répondre à leurs provocations. A son anniversaire, il reçoit un bon d’inscription à des cours de "Line dance". Peu friand de Country music et faisant un effort évident sur sa personne, il s’y rend tout de même et fait la connaissance de Sjöfn (Ilmur Kristjánsdóttir), une femme un peu paumée qui porte sur lui un regard différent des autres. Alors qu’un semblant d’idylle naît entre eux, Fúsi tombe dans un piège tendu par ses imbéciles de collègues. Dans une soirée arrosée chez l’un d’entre eux, ils lui offrent les services d’une prostituée, voulant ainsi le voir être dépucelé par elle. Bien sûr, notre héros ne l’entend pas ainsi et l’insistance violente de ses collègues le fait enfin, fort de son quintal et demi, sortir de ses gonds. Sûr qu’après cela et la raclée qu’il leur met, ces abrutis vont le laisser tranquille... Fúsi est amoureux. Mais la gentille Sjöfn, rêvant de voyage au soleil et de posséder sa propre boutique de fleuriste, est en crise ; dépressive, en perte de repères, elle sombre dans la dépression et perd également son travail. Tout devient alors compliqué pour notre homme. Mais dans son cœur immense et généreux, il va trouver et tout faire pour que sa belle émerge enfin du puits profond dans lequel elle a glissé…

Dans un monde ou la bêtise et la méchanceté s’affichent à chaque coin de rue, cette histoire est un baume à appliquer sur les cœurs meurtris pour ces raisons. Fúsi est la bonté personnifiée. Son cœur à lui est plus vaste qu’une cathédrale. Le regard qu’il porte sur le monde triste et froid qui l’entoure, est inondé d’un éclat qu’on imaginerait davantage dans celui d’un enfant de six ans. La naïveté est la dernière et la plus juste représentation de la pureté de l’âme. Pas con du tout, Fúsi est un naïf pur, un gentil, un bon. Le mal lui est étranger. Mais il en est l’innocente victime lorsqu’il embarque la petite fille de son voisin dans son pick-up GMC, simplement pour lui faire faire un tour parce qu’elle s’ennuie toute seule dehors. Ca lui vaudra l’arrestation et un questionnement, qu’il ne comprend pas, de la part de la police. Qui le relâche aussitôt, car ayant compris que ce gars-là serait bien incapable de faire le moindre mal à une mouche. Fúsi ne boit pratiquement que du lait et, le matin, il mange avec morosité ses Chocapic baignant dans le même liquide. Gunnar Jónsson, acteur inconnu hors de son pays, tient là le rôle de sa vie et diffuse, dans l’interprétation de ce type que ceux qui ne comprennent rien appellent un marginal, une humanité à faire tanguer votre centre de gravité et à vous coller du flou dans les mirettes. Rarement j’ai vu comédien coller si parfaitement, si brillamment, à son personnage. Mais Fúsi n’est hélas qu’un être virtuel, issu d’une simple fiction. Je doute vraiment que des êtres si débordants d'humanité soient encore légion dans nos contrées. Triste, mais raison de plus pour aller plonger dans l’océan des vraies valeurs qu’exprime notre héros. Gentillesse, tendresse, émotion, respect, générosité, honnêteté, douceur, naïveté, et bien plus encore, se trouvent dans "Fúsi", ou "L’histoire du géant timide", un long métrage bouleversant du metteur en scène islandais Dagur Kári.

Note : 17/20

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Vendredi 6 mai 2016

Le film du jour : La saison des femmes

Rani, Lajjo, Bijli et Janaki sont quatre jeunes femmes vivant dans un petit village de l'Inde "moderne". La dernière, à peine âgée de 15 ans, se voit proposée par ses parents à Gulab, fils de la première. Mariage arrangé, dans la plus pure tradition séculaire du pays, et future épouse, réticente mais silencieuse, n'ayant pas le droit à la parole sur un sujet qui rapportera 300'000 roupies (4'000 euros) de dot à ses géniteurs. Rani (Tannishtha Chatterjee), déjà veuve mais rêvant de refaire sa vie, et Lajjo (Radhika Apte), épouse d'un alcolo qui la bat sans raison, si ce n'est qu'il la prétend stérile, sont très amies et rêvent d'un avenir meilleur et dépendant de leur propre aspiration. Dans le village, elles retrouvent Bijli (Surveen Chawla), femme émancipée et vedette d'un petit cabaret itinérant dans lequel elle danse, assez dénudée, pour la plus grande excitation des hommes, mariés ou pas. Alors que Janaki (Lehar Khan) subit sa nuit de noces avec Gulab (Riddhi Sen), petit con prétentieux, voleur et membre d'une bande de voyous fainéants et alcooliques, les trois autres, admiratives et envieuses de Bijli, se voient de plus en plus souvent. Ensemble, elles rêvent tout éveillées d'un monde dans lequel elles seraient seules aux commandes de leur existence...

Plongée dans un monde tout droit surgi d'un autre siècle. Où les femmes survivent, asservies à des traditions justes destinées à les ravaler au rang de simple objet de consommation. Où les hommes, servis par leur seule force physique, règnent sur une communauté ouverte sur le monde moderne par la seule possession, pour certains, d'un téléphone mobile. Machiste et misogyne, d'un manque total de respect, le clan des couillus peine et rechigne à faire les concessions nécessaires à l'épanouissement de celles qui pourtant leur donnent la vie. A leur maigre décharge, force est de constater que les plus anciennes du village ne les blâment même pas, habituées qu'elles sont à n'être que des esclaves, tout juste bonnes à écarter les cuisses pour satisfaire les bas instincts de leurs brutes trop souvent avinées de maris. Dans cette immobilité silencieuse de ces femmes, assumée par elles ou non, le vent que sèment les quatre jeunes frondeuses soulève plus que la poussière recouvrant les rues du hameau. Vent ou simple petite brise, peu importe, le mouvement est en marche et, bien avant que se termine le film, on a pris fait et cause pour elles...

Dans ce film de contrastes, baignant dans la chaleur veloutée de ses couleurs (plusieurs des femmes du village travaillent les étoffes et la soie), Leena Yadav dépeint avec talent le monde cruel mis en place par l'homme à son seul profit. Si les quatre héroïnes sont encore loin de mener une révolution, elles fomentent une petite révolte qui fait plaisir à voir. Toutes les comédiennes (et comédiens aussi) sont parfaitement crédibles dans leur rôle et la réalisatrice sait les mettre parfaitement en valeur. Un grand film indien, l'un des premiers, avec "Slumdog millionnaire", que je vois et qui m'enthousiasme vraiment. Sans doute est-ce dû, une fois encore, au fait qu'il conte une histoire de femmes, sujet et cause auquels je me sens de plus sensible. D'ailleurs, sur les 25 films déjà vus cette année, 13 d'entre eux, soit la majorité, racontent le destin de personnages faisant partie du beau sexe. C'est une chose dont je me sens très fier et qui n'est pas près de s'arrêter...

Note : 16/20

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Samedi 30 avril 2016

Le film du jour : Trumbo

Maccarthysme et chasse aux sorcières, ou la grande frousse américaine dans toute son absurdité. Les débuts de la "guerre froide" se distinguent, dès 1947, par l'acharnement du gouvernement à dénoncer, fustiger et stigmatiser les 100'000 communistes du pays, accusés de tous les maux, considérés comme traitres et ravalés au rang de parias par simple paranoïa. A ce Grand Guignol pour adultes, Hollywood n'échappe pas. Producteurs, metteurs en scène, acteurs, scénaristes, nul n'est épargné. Parmi les suspects figure un scénariste brillant, Dalton Trumbo. Auditionné par la Commission sur les activités anti-américaines, il refuse de répondre à ses questions. Inculpé et jugé, il est condamné à un an de prison. Après sa libération, sous interdiction d'écrire, il se réfugie au Mexique et continue son travail de scénariste, produisant d'excellents scripts signés par des noms d'emprunt. En 1954 et 1957, l'Oscar du meilleur scénario est attribué à "Roman Holiday" (Vacances romaines) et "The Brave One" (Les clameurs se sont tues), deux films dont il est le scénariste, ce qu'il ne peut revendiquer. Il lui faudra encore patienter quelques années pour sortir de l'ombre. Otto Preminger, avec "Exodus", puis Stanley Kubrick et Kirk Douglas pour Spartacus, y contribueront largement par l'exigence qu'ils émettent à ce que Trumbo soit crédité sous son nom au générique de leur film...

Plongée dans l'univers pitoyable de ceux qui, peu de temps après être sortis vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, furent saisis d'une peur bleue que le communisme ne fonde sur leur beau pays. Un gouvernement et des magistrats qui bafouent ouvertement le 1er amendement de leur propre constitution, qui jugent et condamnent sans preuve aucune, tel a été l'idéal d'une nation prétendue démocratique. Et, comme le nazisme en Allemagne, cette période a marqué son histoire sur une bonne douzaine d'années (en gros 1947-60, même si la Commission sur les activités anti-américaines n'a été dissoute qu'en 1975). Si les époux Rosenberg en furent les victimes les plus connues (exécutés en 1953), personne, dans le monde du cinéma, n'a jamais été reconnu coupable d'avoir servi le parti communiste soviétique. Pourtant l'acharnement de la Commission n'en fut pas moins odieux. Plus grave, des acteurs tels que John Wayne, Ronald Reagan ou Hedda Hopper, en ont été de grands partisans, au détriment de certains de leurs pairs comme, par exemple, les immenses Charlie Chaplin et Orson Welles...

Le film, réalisé par Jay Roach, met en scène un brillant Bryan Cranston, rôle-titre, mais aussi quelques "seconds couteaux" qui méritent bien des éloges : le génial John Goodman d'abord, jouant un ancien vendeur de juke-boxes reconverti en producteur, lequel donne sa chance à Trumbo après sa condamnation ; Diane Lane, excellente en épouse attendrie toujours aux côtés de son homme ; enfin Helen Mirren, qui campe ici la garce de service que fut Hedda Hopper, actrice ratée reconvertie en rapporteuse de ragots hollywoodiens qui, comme le bullshit que constitue aujourd'hui la rubrique "people" de tout bon torchon qui se respecte, vit de sa langue de vipère léchant le cul des pro-McCarthy, à l'image de ce grand con de macho qu'était en fait John Wayne, héros de toute une nation trop souvent à côté de ses pompes. A part cela, "Trumbo" est un excellent long métrage, captivant, sans temps morts et diffusant parfaitement, dans son atmosphère reconstituée, ce que devait être le monde passionnant (mais souvent cruel pour ne pas dire assassin) de Hollywood en ce temps-là ; et d’une Amérique étatsunienne qui, avec le maccarthysme et la ségrégation raciale (entre autres), a tout de même réussi à aveugler une grosse partie de la planète, dite civilisée, qui a trop longtemps vu en elle le "Gendarme du monde". Assez ahurissant...

Note : 16/20

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Vendredi 15 avril 2016

Le film du jour : Sunset Song

Le chant d'un coucher de soleil. Rarement œuvre cinématographique n'aura si bien porté son nom. Quelques années de la vie de Chris (Agyness Deyn), jeune fille qui devient femme et mère, comme si elles se résumaient à une seule journée. L'aube d’abord, avec les premières aurores matinales, entièrement noyées dans la violence d'un père régnant en tyran sur sa famille. Une mère soumise mais qui, lassée des assauts charnels de son mari, se révolte en mettant un terme à sa propre vie. Un frère adoré, sur le dos duquel elle soigne et panse les blessures infligées par le père haï de tous...

A l'aube succède le jour, offrant à Chris, après la fin rapide et libératrice du père, la rencontre d'Ewan (Kevin Guthrie), l'amour, le mariage et le bonheur d'être mère. Tout cela au cœur de la beauté sauvage des landes écossaises et dans un début de 20ème siècle qui ne lui offrira que quelques années de répit. Pour une jeune fermière œuvrant à la tête du domaine laissé par son père, la vie est rude, harassante et terriblement en décalage avec celle que vivent les mêmes jeunes femmes un siècle plus tard. Mais elle ne s'en plaint pas, trop heureuse de goûter au bonheur que lui offre sa petite famille. Mais déjà 1914 se profile à l’horizon...

En fin d'après-midi, la guerre arrive, galopant en tête de son misérable et triste cortège. Fatalité insupportable s'abattant sur les épaules fragiles de Chrissie, et qui s'approprie le rôle laissé vacant par un père indigne. Appelé sous les drapeaux, Ewan quitte la ferme, sa femme, son fils portant le même prénom que lui. Elle ne le reverra qu'une fois : une petite visite qu'il lui fait et au cours de laquelle il se révèle n'être déjà plus que l'ombre de lui-même. Puis il s'en va, pour de bon, combattre et faire front aux côtés des soldats français...

Arrive enfin le coucher de soleil. Crépuscule bardé d'une lumière intense, peuplé de chants et mélodies du folklore local, langoureux et poignants, annonçant une nuit très proche dans laquelle Chris se verra plongée sans qu'elle n'y puisse rien faire. Moments intenses et performance d'une actrice qui, dans son premier rôle, bouleverse le spectateur. Mais Ewan, au cœur de l'enfer, refuse soudain de se battre. Il veut rentrer chez lui, retrouver les champs de blé et le cri des cailles jaillissant des fourrés, il veut revoir sa femme et son enfant, vivre auprès d'eux dans le simple bonheur d’un amour finalement très sincère. Légitime aspiration, qu'une armée en guerre ne saurait tolérer...

Terence Davies, dont j'avais adoré "The Deep Blue Sea", signe un très beau long métrage, sur un rythme peut-être un peu lent. Mais le crépuscule, la dernière demi-heure, gomment totalement cette apparente léthargie. Agyness Deyn, sobre mais parfaitement crédible dans tout le film, se dévoile réellement en fin d'histoire. Dans le coucher de soleil ultime, son talent explose, tel un feu d'artifice, bouquet final à la suite duquel, on le sait déjà, la nuit va irrémédiablement l'engloutir. Mais le film, magnifique, heureusement en restera là...

Note : 15/20

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Samedi 9 avril 2016

Le film du jour : Truth

En 2004, quelques semaines avant la réélection de George W. Bush, CBS présente le reportage d’une équipe de journalistes mettant en cause la motivation militaire du président américain dans les années 70. L’affaire, qui évoque une vraisemblable désertion temporaire du lieutenant-pilote Bush, fait grand bruit dans le pays. Mais elle est très vite remise en cause, principalement par des Internautes qui contestent l’authenticité d’un document, lequel n’est pour eux qu’un faux des plus grossiers. Toute l’équipe à l’origine du reportage est ainsi mise sur la sellette. Au point que le président de CBS lui-même exige qu’une commission indépendante procède à une enquête interne sur la façon dont le dossier a été monté. Dan Rather (Robert Redford), présentateur vedette de la chaîne, Mary Mapes (Cate Blanchett), productrice de l’émission, ainsi que tous les journalistes impliqués, sont auditionnés. Pour Mary, intègre et véritable âme du groupe, le choc est terrible et les conséquences totalement inattendues…

Après "Spotlight", film le plus passionnant que j’aie jamais vu, je ne pensais pas qu’une telle intensité dramatique pourrait se reproduire aussi vite. C’est pourtant le cas, même si le problème d’un Bush refusant d’aller au Vietnam est moins intéressant que la traque d’un amas de curés pédophiles sévissant dans la ville de Boston à la même époque. Cependant, l’enquête que James Vanderbilt met en scène ne souffre d’aucun temps mort et tient en haleine de la première à l’ultime image. Bob Redford (80 ans cette année) est parfait dans le rôle de Dan Rather, véritable icône télévisuelle américaine. Dennis Quaid (incarnant Roger Charles, colonel à la retraite), comédien sous-employé de Hollywood, tient un petit rôle mettant parfaitement en lumière le jeu de l'immense acteur qu'il est. Quant à Cate Blanchett, la véritable héroïne de ce thriller politique, elle n’a jamais été aussi belle et si haut dans la courbe de son talent. Dans ce rôle, elle est tout simplement divine !...

Même si je ne veux évidemment pas évoquer dans le détail le dénouement de cette histoire vraie, il faut bien parler de ce que qui constitue, à mes yeux, la principale morale à en tirer, ceci avec le recul indispensable que constituent les douze années nous séparant de l’enquête controversée de CBS. En 2004, au cœur d’une Amérique encore totalement sous le choc d’un certain 11 septembre, et dans un pays gouverné par le pire et le plus menteur des 44 présidents s’étant succédés à la Maison Blanche, force est de constater que Mary Mapes et son équipe n’ont vraiment pas eu de chance. Car bien que l’enquête ait souffert d’une lacune au niveau de l’authentification formelle d’un seul et unique document, tout le reste (papiers et témoins) plaidait en faveur d’une culpabilité évidente du fils Bush...

Seulement voilà, battu par Al Gore au soir du 7 novembre 2000, puis déclaré vainqueur après un nouveau décompte des voix dans un Etat gouverné par son frangin, après son odieux mensonge concernant des armes de destruction massive irakiennes n’ayant jamais existé, neutraliser un minuscule groupe de reporters fut pour lui un simple détail dans son règne écœurant de chef de la nation la plus puissante de la planète. Mais, et ne l'oublions pas, si toute vérité n'est pas bonne à entendre, il est toujours nécessaire qu’elle soit dite. Dans ce contexte, le film de James Vanderbilt et le travail de journalistes intègres sont heureusement là pour nous mettre un peu de baume sur le coeur...

Note : 18/20

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Mercredi 6 avril 2016

Le film du jour : Diary (Our little Sister - Notre petite sœur)

Au pays du soleil levant, de nos jours, Sachi (Haruka Arase), Yoshino (Masami Nagasawa), Kaho (Chika Koda) sont trois jeunes sœurs qui vivent ensemble, seules et séparées de leurs parents. Au décès de leur père, qu'elles n'ont plus vu depuis très longtemps, elles décident de se rendre malgré tout à ses obsèques. Là-bas, très loin de chez elle, elles font la connaissance de Suzu (Suzu Asano), née de l'union de leur père et d'une autre femme. Touchées par le désarroi visible de leur demi-sœur, au moment de reprendre le train pour rentrer chez elles, elles lui demandent de venir les rejoindre dans la grande maison que leur a laissé leur grand-mère. Suzu accepte avec enthousiasme. Commence alors pour les quatre jeunes femmes, âgées entre 29 et 14 ans, le temps de la découverte et du partage des souvenirs douloureux d'un homme, leur père, ayant abandonné trois d'entre elles et dont la cadette s'est beaucoup occupée au cours des derniers mois de son existence, sa propre mère étant apparemment incapable d'assumer cette lourde tâche...

Je crois que c'est Jean Gabin qui disait : "Pour réussir un bon film, il faut trois choses : une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire"... "Diary" dément de façon cinglante cette affirmation. Parce que l'histoire, elle précède la réunion des quatre sœurs, et on n'y assiste pas. Dans le quotidien que vivent nos héroïnes, la banalité est très présente et les rebondissements inexistants. Si bien que, pour maintenir l'intérêt du spectateur, le metteur en scène Horokazu Koreeda a dû trouver autre chose. Et cette autre chose, loin des ficelles emberlificotées d'un thriller à couper le souffle, c'est la douce et touchante tendresse (allant jusqu'à sa façon éblouissante de filmer) qui enveloppe tous les personnages de son magnifique long métrage. Nous sommes au Japon et, tout là-bas, les sentiments ne s'expriment pas de la même manière que dans nos contrées. La pudeur est bien présente et les grandes effusions, embrassades et autres roulages de pelles sont rares, pour ne pas dire totalement inexistants...

La tendresse entre les quatre soeurs, elle se manifeste d'abord dans les yeux, dans cet éclat qui approfondit et magnifie leur regard ; elle est aussi sur les lèvres, affichée dans un sourire qui, en parfaite harmonie, délivre le message muet d'un amour qui illumine non seulement leurs visages, mais l'écran de cinéma tout entier ; la tendresse, elle est enfin présente dans les gestes, dans l'attention et le respect portés à l'autre, et dans la sagesse visible et apaisante des plus âgés, parmi les autre personnages, tous intéressants. Pas la moindre violence, dans ce film ! Rien qu'une ivresse de vivre en harmonie et dans l'amour partagé. Par les temps qui courent, c'est appréciable, et il faudrait être fou pour ne pas en profiter durant les deux toutes petites heures que dure le film (à voir en VO, c'est indispensable!). Les quatre comédiennes, inconnues en Europe, évoluent dans une exceptionnelle justesse de jeu, avec une mention spéciale à Haruka Arase, l'aînée et cheffe de famille, bouleversante de talent, de sobriété et de beauté, au cœur de ce petit trésor de film nippon, dans lequel les célèbres cerisiers en fleurs tiennent une place non négligeable...

Note : 17/20

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Samedi 2 avril 2016

Le film du jour : Miss you already

Milly (Toni Collette) et Jess (Drew Barrymore) sont amies depuis l’enfance. Vivant en couple chacune de leur côté, la première a deux enfants, alors que la seconde tente désespérément d’en avoir un. Femmes mûres et épanouies, leur amitié, vieille de trente ans, ne s’est jamais démentie. Elles s’adorent, continuent de se voir très régulièrement et leur vie sentimentale n’en souffre pas le moins du monde, tant leurs hommes sont conscients du besoin qu’elles ont l’une de l’autre. Et puis un jour, une grave maladie s’empare de Milly alors que, peu de temps après, Jess se retrouve enceinte. A ces coups du sort, leur amitié, jusqu’alors indéfectible, résistera-t-elle ?...

Mes films se suivent et se ressemblent. Film de femme (Catherine Hardwicke), histoire de femmes. Sensibilité féminine à laquelle je suis très sensible. Si cela représente mon côté féminin (que possède chaque homme, quoi qu’il en dise), alors je l’assume parfaitement. Parce que ce film m’a bouleversé. Parce que la metteuse en scène n’a rien caché de ce que vit une femme atteinte d’une saloperie qui remet en cause l’une des deux parties les plus féminines de son anatomie. Parce que sans ces doux atouts, comment susciter le désir de mecs qui y attachent une si (ou trop) grande importance ? Parce que le dénouement, si triste dans les faits, est rempli d'espoir, d’un espoir que je trouve très féminin…

Dans cette oeuvre émouvante, Drew Barrymore tient le beau rôle. L’autre a été réservé à une comédienne exceptionnelle, que j’aime beaucoup et qui donne ici un aperçu de son phénoménal talent. Toni Collette est sublime, exemplaire quant à ce que peut donner une actrice dans l'interprétation d'un personnage, impressionnante, géniale, tant lorsque tout va bien pour elle que dans la déchéance physique dans laquelle, impuissante, elle se voit entraînée. Rôle exceptionnel pour une comédienne qui l’est tout autant et qui hisse, comme Nicole Kidman, les couleurs de l’Australie à des hauteurs stratosphériques. Dans cet univers féminin, les hommes ne sont pourtant pas en reste. Mais que faire, comment se mettre en valeur dans cette hégémonie sans concession du beau sexe sur ce film ?...

D’autant qu’il est une autre comédienne qui s’en vient compléter ce divin tableau, une star que je n’avais plus vue tourner depuis longtemps et que j’ai mis la moitié du film à reconnaître : Jacqueline Bisset (photo ci-dessous). En Miranda, mère de Milly et femme libérée bien avant l’heure, elle porte la minijupe et arbore le décolleté avec plus de classe que n’importe quelle pinup de cette époque. A 71 ans, en blonde platine, elle crève l’écran et affiche une beauté resplendissante, qu’aucune de ses nombreuses et magnifiques rides ne saurait remettre en question. Eblouissante actrice, une de plus et parfaitement à sa place, surtout dans la seconde partie du film, lorsque, malgré cette légèreté qu'elle assume et revendique, elle se révèle être une mère exemplaire…

"Miss you already" ("Tu me manques déjà" et "Ma meilleure amie" comme titre français) est un drame débordant d’humanité. S’il risque peut-être de rebuter certaines spectatrices par cette réalité non voilée de ce que peut subir une femme atteinte d’un cancer du sein, j’inciterais alors les hommes à aller le voir. Parce que la leçon que délivre ce petit chef-d’œuvre ne peut que les conforter dans l’idée que, comme le chantait si bien Ferrat, la femme est vraiment l’avenir de l’homme. Depuis le début de l’année, et après son premier quart, j’ai vu 16 longs métrages en salle. La moitié d’entre eux sont des histoires purement féminines. Les notant toujours sur une échelle de 0 à 20, la moyenne s’établit aujourd’hui à 15,62 points (17 pour ce film-ci). 15,62, c’est-à-dire deux points de plus que la moyenne de 2015. Merci les filles !...

Note : 17/20

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Vendredi 1er avril 2016

Le film du jour : La passion d’Augustine

Québec, années soixante. Dans le sud de l’Etat, au bord de la rivière Richelieu, Mère Augustine (Céline Bonnier) dirige un couvent dédié à l’instruction scolaire privée d’adolescentes catholiques. Particularité de l’établissement, la musique tient une grande part dans le cœur de toutes celles qui y vivent, et particulièrement dans celui d’Augustine, qui enseigne le piano à beaucoup de ses élèves. Mais, dans ces années-là, l’enseignement public et laïc gagne du terrain et, par conséquent, l’avenir du couvent est loin d’être assuré, d’autant plus que la Mère générale de la congrégation ne voue pas le même amour pour la musique. Un jour, la sœur d’Augustine lui confie sa fille Alice (Lysandre Ménard), pianiste surdouée mais quelque peu désinvolte et élève peu encline à louer l’éducation stricte prônées par les religieuses. Mère Augustine, luttant de toutes ses forces pour assurer la pérennité de son école, tend parallèlement à un autre challenge : reprendre en main Alice et l’amener à gagner le concours annuel des jeunes pianistes, ce qui, dans son esprit, ne pourrait que servir sa cause et celle de son couvent…

M’immerger pendant près de deux heures dans un univers religieux, voilà qui ne m’est pas habituel. Mais la bande-annonce du film ne m’a pas fait longtemps hésiter. Dans ce film de femme, cet univers de femmes, dont les plus âgées arborent en pendentif une croix qui m'indiffère, l’atmosphère baigne dans le respect des valeurs et les sentiments vrais. Loin des coins sombres d’une vile sacristie servant de décor à l’assouvissement des pulsions pédophiles de trop de curés de cette époque, les femmes dispensent leur savoir sans la moindre arrière-pensée. Stricte mais sans contrainte excessive, l’éducation des jeunes filles se passe en parfaite harmonie et dans le respect de chacune (à l'exception d'une soeur, qui la joue plutôt vache...). Dehors, les rigueurs éprouvés de l’hiver québécois, tranchent avec la douceur dans laquelle baigne tout ce petit monde. On est loin de Tarantino et de ses litres de jus de tomate qu’expulsent les corps traversés par les balles de parts en parts. Les deux genres ont leur attrait et j’ai particulièrement aimé me plonger dans le ravissement qu’exprime ici la réalisatrice helvético-canadienne Léa Pool…

Voilà un film qui fait du bien dans cette époque allant à vau-l’eau. Bien des scènes m’ont ému, notamment celles où Augustine, sur la mélodie d’un célèbre air russe que dispense un vibrant chœur d’hommes, se remémore son amoureux slave évaporé, raison unique à laquelle elle doit d'avoir un jour revêtu le voile. Et puis, les pianistes sont actrices ou les actrices sont pianistes, parce qu'elles interprètent réellement les oeuvres qui sont jouées ; et ça, c'est un plus indéniable ajouté à cet adorable petit film prétendu sans ambition. "La passion d’Augustine" sonne juste, tel un piano aux cordes parfaitement tendues et vibrant à l’unisson de nos sentiments, avides comme jamais de douceur, d’amour et d’espoir, dans un monde qui ne connaîtra jamais plus la sérénité qui était la sienne dans ces années soixante, que j’ai connues et qu’il m’arrive trop souvent de regretter…


Note : 17/20

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Samedi 26 mars 2016

Le film du jour : Remember

Dans un établissement médico-social américain, Zev Guttman (Christopher Plummer), 90 ans, vient de perdre sa femme Ruth. Cette immense douleur marque pour lui le début d'une épopée qui sera la dernière de sa vie : se mettre à la recherche du SS Otto Wallisch, ex-Blockführer du camp d'Auschwitz, responsable de la mort de sa famille juive, vivant sous une fausse identité sur le continent américain depuis près de 70 ans et, le moment enfin venu, l'abattre sans autre forme de procès. Commence alors pour Zev, qui souffre de démence sénile (affection voisine d'Alzheimer), un voyage hallucinant pour un homme de cet âge, entre Etats-Unis et Canada. S’enfuyant de son home, avec l'aide à distance de Max Rosenbaum (Martin Landau), lui parfaitement lucide mais incapable de se déplacer seul, Zev poursuit avec détermination sa recherche improbable et trop souvent sujette à l'oubli dans sa mémoire trouée de partout. Tâche d’autant plus ardue qu’il doit trouver sa cible parmi quatre hommes portant le nom d’emprunt du SS Wallisch. Après un voyage parsemé d’embûches et de fausses pistes, au moment du dénouement le spectateur prend alors connaissance d'une révélation stupéfiante concernant le héros, pour lequel il a bien entendu pris fait et cause...

Thriller très original, par le fait qu'il se déroule avec la lenteur qu'impose l'âge des personnages, "Remember" nous rappelle que le crime génocidaire nazi ne sera jamais pardonné par ceux qui l'ont vécu et y ont survécu. C'est donc avec une foi sans faille que l'on suit la quête extrêmement touchante d'un vieillard qui a décidé de ne pas mourir avant d'avoir rendu justice à la presque totalité de sa famille. Atom Egoyan, le réalisateur égypto-canadien, met en scène avec talent un scénario solide et bien structuré, malgré quelques petites invraisemblances vite oubliées... Christopher Plummer (qui n'a que cinq ans de moins que le personnage qu'il joue) est assez exceptionnel dans le rôle de cet homme qui, à chaque fois qu'il se réveille, réclame Ruth, sa femme disparue, et se voit contraint de relire le texte de sa mission, mise au point et rédigée par son ami Max, demeuré dans l'établissement médicalisé qui leur était commun. La pirouette finale, extraordinaire et totalement inattendue, ajoute à ce magnifique long métrage un double questionnement : pourquoi la mémoire se vide-t-elle presque totalement de sa substance chez certains d'entre-nous avec l'âge ? Et, en conséquence, ce grave trouble peut-il aller jusqu'à nous faire perdre conscience de notre propre identité ?...

Note : 16/20

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Lundi 29 février 2016

Oscars 2016 - Six fois bravo !

1. "Spotlight", de Tom McCarthy, meilleur film.
2. Leonardo DiCaprio, meilleur acteur (enfin!) pour "The Revenant".
3. Alejandro G. Iñárritu, meilleur réalisateur pour "The Revenant".
4. "Spotlight", meilleur scénario original.
5. Alicia Vikander (photo), meilleur second rôle féminin pour "The Danish Girl".
6. "Le fils de Saul", de László Nemes, meilleur film en langue étrangère.

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Samedi 27 février 2016

Les César 2016

41ème du nom, la cérémonie de remise des César s’est déroulée hier soir à Paris. Après la déception de l’année dernière (bla-bla interminables de certains lauréats) j’attendais celle-ci avec anxiété. Mais globalement, cela ne s’est pas trop mal passé, même si les nominations laissaient présager, à mon goût, quelques surprises qui ne manquent jamais dans ce genre de choses. Donc, pour faire le plus court possible, je diviserai ce résumé en six parties :

1. N’importe quoi !

César d’honneur décerné à Michael Douglas. Très grand acteur s’il en est, l’Américain ne méritait en rien cette récompense, pour la simple et bonne raison qu’il a déjà été honoré de la même manière en 1998. A croire que les membres du Conseil de l’Académie des César n’ont trouvé personne d’autre à honorer. Ils ne manquent pourtant pas, ceux qui l’auraient mérité. Mais cela ne m’étonne pas outre mesure lorsque que l’on constate qu’un jeune (et bon) acteur comme Will Smith l’a eu en 2005 (à l’âge de 36 ans), alors qu’un comédien comme Serge Reggiani, qui a tant donné au cinéma français, ne l’a jamais obtenu. Juste de quoi se poser des questions sur la crédébilité (non, non, y’ pas de faute d’orthographe) de ce Conseil…

2. Incompréhension.

"Marguerite". Film de Xavier Gianoli, onze fois nominé et quatre César hier soir (dont celui, très discutable, de la meilleure actrice pour Catherine Frot). Je n’en dirai pas de mal parce que ce n’est pas mon habitude de critiquer négativement. Je l’ai vu en salle et, sur les 60 films visionnés en 2015, je l’ai classé bon dernier. Il raconte l’histoire d’une cantatrice chantant horriblement faux et ce supplice, régulièrement asséné aux spectateurs durant toute la projection, s’est révélé pour moi insupportable. Ce jour-là, j’ai dû faire un effort surhumain pour ne pas partir avant la fin. Mais bon, le film a été un assez grand succès et j’ai certainement dû passer à côté de quelque chose… Mais quoi ?

3. Injustices.

"Un + Une", le magnifique long métrage de Claude Lelouch, n’a récolté aucun César, pour la simple et abominable raison qu’il n’a pas connu la moindre nomination (le Conseil, toujours le Conseil). Idem pour le génial "La dame dans l’auto, avec des lunettes et un fusil", de Joann Sfar. Aucune nomination. Pourtant, Freya Mavor aurait mille fois mérité d’être nommée dans la catégorie Meilleur espoir féminin. Fabrice Luchini, génial dans "L'Hermine", et lui non-plus, même pas nominé. "Mon Roi", huit nominations et aucune récompense ! Ca, c’est une insulte à Maïwen (et c’est dégueulasse !), la plus talentueuse et la plus sensible metteuse en scène du cinéma hexago-bleu-blanc-rouge…

4. Bof !

Christophe Lambert, toujours plus à l'ouest, égaré sur le plateau juste pour venir raconter de quelle façon il a fait, il y a très longtemps, la connaissance de Michael Douglas. Audrey Lamy, aussi insupportable en chanteuse qu’en la Marion de "Scènes de ménage". Emmanuelle Béart, remettant le César du meilleur acteur à Vincent Lindon. Si belle avant de se faire botoxer de partout, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Gros-plans sur son visage à éviter. Triste…

5. Bien, voire très bien.

Soirée menée par Florence Foresti, la meilleure humoriste actuelle de France (tous sexes confondus) a été à la hauteur de son talent, malgré une entrée en matière beaucoup trop longue. Mais elle s’est parfaitement rattrapée, parce qu’elle a du talent et qu’elle peut être très, très drôle. Claude Lelouch, encore lui, président de la soirée et qui, au cours d’un speech très émouvant, a rappelé avec raison, à quel point il aimait le cinéma. Zabou Breitman et Pierre Deladonchamps, pour leur excellent sketch lors de la remise du César de la meilleur adaptation cinématographique. La très danoise Sidse Babett Knudsen, meilleure actrice dans un second rôle ("L’Hermine"). Drôle et magnifiquement enveloppée dans sa robe rouge, très belle, lumineuse, image parfaite de l’actrice qui fait rêver…

6. Génial !

Quatre César pour "Mustang", dont ceux du meilleur premier film et meilleur scénario attribués à Deniz Gamze Ergüven. Réponse réconfortante au talent de cette jeune cinéaste et à la défense de la cause des femmes partout dans le monde. Ah, ces deux César-là, qu’est-ce qu’ils m’ont fait plaisir ! Idem pour Cyril Dion et Mélanie Laurent, récompensés pour le meilleur film documentaire. Leur "Demain" est un doc exemplaire et j’invite tous ceux et toutes celles qui se sentent concernés par le sort en sursis de notre planète, à aller le voir. Vous devez y aller ! Rod Paradot, 19 ans, meilleur espoir masculin ("La tête haute"), totale surprise pour ce petit gars hyper sympa, et speech de remerciement à faire chialer toute la salle ; très émouvant. "Christine and the Queens", dans une interprétation exceptionnelle de "It’s a Mistery", chanson culte puisée dans le mythique "Subway", de Luc Besson en 1985. Enfin, Juliette Binoche, dont le portrait a été choisi pour illustrer l’affiche de la cérémonie. Assise à côté de Douglas, les nombreux gros plans sur elle l’ont toujours montrée souriante et très classe. L’une des deux meilleures actrices et le plus beau rire du cinéma français, elle remettait le César du meilleur film ("Fatima", de Philippe Faucon). Petite intervention constellée de mots justes et d’un charme époustouflant. A 52 ans, elle n’a jamais été aussi belle. Là, le Conseil s’est un peu rattrapé, car il ne pouvait choisir meilleure représentante du très bon goût français pour conclure une soirée qui, globalement, a été plutôt agréable au fan inconditionnel du 7ème Art que je suis...

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Mercredi 24 février 2016

Le film du jour : Mustang

Cinq sœurs, cinq jeunes filles dans le vent… Dans le vent, mais à contre-courant (ou coran) des traditions séculaires, pour ne pas dire archaïques, d’une Turquie campagnarde qui aurait oublié d’évoluer. A la fin de l’année scolaire, elles fêtent l’arrivée des vacances en compagnie de garçons de leur âge, dans la mer, montées sur leurs épaules et jouant à qui demeurera en selle le plus longtemps. Jeux innocents ? Ca dépend pour qui… Le langage parfois crû des filles montre qu’elles ne sont plus si innocentes que cela. Alors, quand cette information parvient aux oreilles de leur grand-mère, qui les élève en compagnie de leur oncle depuis que leurs parents sont décédés, pas question d’y voir un quelconque jeu, mais rien d’autre que cinq croupes offertes aux épaules des garçons. Réaction violente, plus encore de l’oncle que de sa mère. Et la reprise en main ne se fait pas attendre : plus de tenues sexy et place à ces longues robes « couleur de merde » dissimulant tout de leur anatomie. Place aux cours de cuisine, place à la préparation au mariage, de préférence arrangé. Cependant que l’oncle érige tout autour d’elles des barricades infranchissable destinées à éloigner les soupirants, tous indésirables s’ils n’ont été choisis par lui et par sa mère. Les deux aînées sont ainsi très vite mariées, la première ayant la chance de pouvoir choisir son époux. La troisième se rebelle un peu, puis, victime du comportement abject de son oncle au cours des nuits où ses pulsions sexuelles le rabaissent au niveau d’une parfaite ordure, elle met fin à ses jours… Plus tard, la quatrième, jugée mûre pour se voir attribuer un mâle, et la plus jeune (mais la plus révoltée) décident alors, l’une de refuser le mariage et l’autre de ne pas attendre son tour. Nanties d’une audace peu commune, au dépit et à la rage folle de leur salopard d’oncle, elles réussissent alors à s’enfuir, à déserter cette prison que constitue leur maison, pour s’en aller voir ailleurs si le printemps de leur vie aurait une chance de fleurir sous le soleil…

Histoire du 21ème siècle ramenée, par un tour de passe-passe digne des Visiteurs, au cœur du Moyen-Age. Adultes possédant montre, téléphone portable, télévision à écran plat et voiture, mais aux idées puisées dans l’ère de l’Inquisition, lorsque hérétiques et autres sorcières étaient brûlés sur la place publique. Non-évolution propice à faire ravaler sa thèse à Charles Darwin, lui qui avait pourtant tout compris. Synthèse de la bêtise, de l’aveuglement et de la misogynie, jouée et parfaitement exécutée sur le rythme à trois temps d’une insupportable valse. Le pouvoir par la force du muscle, hélas adoubé par des femmes jadis victimes mais ralliées à l’ignoble cause. A leurs yeux, la virginité des femmes n’est pas un sujet de plaisanterie, mais une obligation inviolable sous peine de violentes représailles pouvant entraîner la mort. Tradition, principes, religion (elle encore !) pour justifier un règne baignant dans le rance et bardé d’odeurs pestilentielles. Voilà pour ce qui est des uns, les « méchants ». Les autres, les filles, les « gentilles », évoluées et marchant dans l’air du temps, leur virginité, elles s’en tapent, s’en branlent et n’en ont rien à cirer. Montant fièrement leur Mustang, cheval sauvage, indompté et indomptable, elles galopent avec fierté et audace sur le chemin de la Liberté. Elles sont vivantes et source de vie, fières de leur statut de femme et immensément touchantes dans leur combat. Et si, finalement, deux d’entre-elles consentent, les trois autres osent dire non. La majorité ne plie pas, immense respect pour elle. Nur, Ece, Dilek, Selma et Lale, cinq sœurs qui résistent à la bêtise, dans le monde rétrograde d’une Turquie musulmane et intransigeante, pour ne pas dire radicale. Deniz Gamze Ergüven, réalisatrice franco-turque de 37 ans, les met en scène sobrement mais avec un talent évident et indispensable pour que le spectateur prenne fait et cause pour ces cinq jeunes filles luttant avec bec, ongles et cœur contre une oppression de la femme indigne et révoltante…

Note : 15/20

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VIVENT TOUTES LES FEMMES QUI LUTTENT POUR LEUR LIBERTE DANS LE MONDE !



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Dimanche 21 février 2016

Debra Winger...



Qu’est-ce que j’ai pu admirer cette actrice, si proche physiquement de mon idéal féminin. Entre 1980 et 1990, je me rappelle avoir vu huit des dix films qu’elle a tournés. Son talent évident de comédienne, son immense beauté, éclatante dans des œuvres telles que "Urban Cowboy", "Cannery Row" (Rue de la sardine), "An Officer and a Gentleman" (Officier et Gentleman), "Terms of Endearment" (Tendres passions) "Legal Eagles" (L’affaire Chelsea Deardon), "Black Widow" (La veuve noire), "Betrayed" (La main droite du diable), ou "The Sheltering Sky" (Un thé au Sahara) ont fait que, durant cette décennie, aucune autre actrice ne m’a passionné à ce point. Partenaire de John Travolta, Nick Nolte, Richard Gere, Jack Nicholson, Shirley McLaine, Robert Redford, Sami Frey, Daryl Hannah, Tom Berenger, ou encore de John Malkovich, elle donnait toujours à ses rôles une présence très monopolisatrice, quel que soit le personnage qu’elle interprétait. Je crois qu’elle fut, avec Isabelle Adjani et Meryl Streep, la première actrice capable de détourner (un peu) mon regard de mon idole des années 60-70, la très belle et très rousse Marlène Jobert…



Malheureusement, la suite de sa carrière s’est déroulée de façon beaucoup moins heureuse pour elle, le succès de ses films n’étant plus au rendez-vous. Et, aujourd’hui, après avoir tourné, dans les années 2000, quelques séries télévisées même pas reprises en France, elle est rentrée dans un anonymat que beaucoup de comédiennes connaissent à l’approche de la soixantaine (elle est née le 16 mai 1955, soit très exactement 13 mois après moi). Debra Winger, au travers de ses rôles dans tous les films cités ci-dessus, mais particulièrement dans celui de Paula, "la Polack" courtisée par "le Macaroni" Zack Mayo (Richard Gere), dans "Officier et Gentleman" (et sur "Up where we belong", le tube planétaire, et Oscar 1983 de la meilleure chanson dans un film, de Joe Cocker et Jennifer Warnes) m’a fait rêver comme peu d’autres comédiennes dans ma vie de cinéphile. Ce film, dans lequel elle resplendissait, a d’ailleurs failli lui rapporter un Oscar, puisqu’elle fut nominée en 1983 dans la catégorie "Meilleure actrice". Hélas pour elle, c’est Meryl Streep qui l’a obtenu, grâce au bouleversant "Choix de Sophie". L’année suivante, elle fut à nouveau nominée pour "Tendres passions" mais là aussi la politesse lui a été brûlée (assez injustement, je trouve) par Shirley McLaine, qui tenait le rôle de sa mère dans le même film. Aujourd’hui, à soixante ans passés, elle est toujours aussi belle, possède toujours autant de charme et les quelques jolies rides sur son beau visage, ne peuvent qu’émouvoir les hommes de mon âge…

Photo ci-dessous : Debra Winger, avec Richard Gere en 2011, trente ans après le tournage de "Officier et Gentleman". Tous deux ont particulièrement bien vieilli...



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Samedi 20 février 2016

Le film du jour : Hail, Caesar !

Hollywood, 1951. Eddie Mannix (Josh Brolin), producteur et, accessoirement, en charge de régler tous les petits problèmes de tournage, principalement émanant de ses acteurs et actrices, mène une vie professionnelle épuisante. Lors du tournage de "Hail, Caesar!" (Avé, César! titre français du film), le héros et rôle-titre Baird Whitlock (George Clooney) est enlevé par un groupe de communistes et doit être échangé contre une substantielle rançon. Dans la villa qui lui sert de prison, en compagnie de ses ravisseurs, Baird jouit d'une relative liberté, mais ne cherche pas à s'enfuir. Au contraire, très intéressé par leur discours (débile, un peu comme lui) et la propagande communiste qu’ils déversent, il y prend un tel intérêt qu'il se retrouve soudain à deux doigts d'être converti. Au grand dam de Mannix qui, après que son comédien ait été libéré contre rançon, tente, non sans mal, de remettre sa vedette sur les plateaux du film en cours de finition... Sur un autre long métrage, Hobie Doyle (Alden Ehrenreich), célèbre vedette de western, as du lasso, du maniement du colt et d'acrobatie équestre, a été engagé sur sa réputation pour jouer dans un film grave et intimiste. Laurence Lorentz (Ralph Fiennes), le metteur en scène, découvre alors que, hors du contexte western, son héros est d'une nullité absolue...

A l'instar de Tarantino, j'irai toujours voir avec enthousiasme tout ce que les frères Coen écrivent et mettent en scène. Dans cette comédie un peu loufoque, ils sont fidèles à leur réputation et à ce que j'attendais d'eux. Histoire un peu déjantée, acteurs qui le sont tout autant, le film est drôle et, parfois, il exprime au mieux l'enchantement que je recherche toujours dans une salle de cinéma. Exemple: DeeAnna Moran (Scarlett Johansson) joue le rôle d'une sirène, vedette d'un ballet de natation synchronisée digne des meilleurs films d'Esther Williams. Clin d'œil appuyé et émouvant à cette grande actrice, et chorégraphie aquatique exécutée à la perfection. C'est d'une beauté absolue mais, hélas, beaucoup trop court. Autre exemple: après avoir touché la rançon, le groupe de communistes monte dans une barque et, au large de Malibu, son chef rejoint un sous-marin russe faisant surface pour le recueillir. Scène hallucinante et, là aussi, référence évidente à "1941", pour moi le meilleur film de Spielberg, et à la scène dans laquelle le très déjanté commandant (Toshiro Mifune) d'un sous-marin japonais croisant dans la baie de Santa Monica, projette de détruire Hollywood...

Très bonne comédie donc, parfaitement mise en scène, ou tous et chacun des acteurs et actrices (sauf Brolin, qui joue, à la perfection, le seul rôle sérieux) pratiquent, avec talent, l'auto-dérision, "Hail, Caesar!" constitue une très bon moment de divertissement, au cours duquel l’atmosphère des fifties est parfaitement rendue. Si les théories du groupe communistes sont à mon goût un peu longuettes et ennuyeuses (mais n'est-ce pas là le propre du communisme?), tout le reste respire la bonne humeur. Avec une découverte étonnante, celle du jeune Alden Ehrenreich, comédien qui, dans quelques scènes western époustouflantes et drôlissimes, donne un aperçu (trop court, là aussi) de son exceptionnel talent. Tout comme Tilda Swinton, interprétant un personnage étonnant (et celui de sa sœur jumelle) et très haut en couleurs. Et puis, cerise sur le gâteau, il y a cette courte scène où l'irrésistible Frances McDormand (dans la vie, épouse de Joel Coen) joue le rôle d'une projectionniste qui subit un incident à mourir de rire... Bref, voilà encore un film anglo-saxon digne d'éloges. Un de plus, le huitième depuis le début de l'année, Alors que, parmi les trois autres films visionnés, tous français, seul "Les Innocentes" (et "Chocolat" dans une moindre mesure) sort vraiment du lot...

Note : 15/20

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Vendredi 19 février 2016

Le film du jour : Les Innocentes

Pologne, décembre 1945. Au sortir de la guerre, une équipe médicale de la Croix-Rouge française soigne les blessés qu’ont engendré les derniers combats. Mathilde, jeune assistante opératoire, est un jour interpellée par une sœur bénédictine. La jeune novice la supplie de la suivre au couvent dans lequel elle vit, retranchée du monde, en compagnie d’une trentaine de ses consœurs. D’abord réticente, Mathilde finit par obtempérer et, arrivée au cloître, l’horreur se dresse devant elle : victimes du comportement abject de certains soldats russes qui, neuf mois plus tôt, ont libéré le pays et la région, plusieurs religieuses se sont retrouvées enceintes, dont quelques-unes sont sur le point d’accoucher. Touchée par la détresse de ces femmes, mais aussi mal acceptée par les plus anciennes, Mathilde tente tout ce qui est possible pour leur venir en aide…

Plongée au cœur d’une Pologne meurtrie par six années d’occupation nazie, mais aussi dans un monde où la religion et la foi catholique figurent parmi les plus ardentes du monde. Soudées hermétiquement aux règles strictes de leur vocation, des femmes vivent leur calvaire en silence, dans la honte et le repli sur elles-mêmes. Parce que, désormais impures par le sort horrible qu’elles sont subi, elles sont devenues des parias aux yeux d’une société polonaise aveuglée par son attachement à la toute-puissante communauté chrétienne. Dans ce contexte, le travail de Mathilde n’est pas facile. Elle peine à se faufiler entre le mépris et la reconnaissance de ce qu’elle fait pour aider ces malheureuses. En résulte un parcours en vase clos, décourageant, mortifiant parfois, mais aussi extrêmement valorisant par le regard que posent sur elle les plus jeunes nonnes…

Lou de Laâge, jeune et grande comédienne, campe une Mathilde absolument parfaite et Anne Fontaine réalise un long métrage original, magnifique et très touchant. N’en demeure pas moins qu’en quittant la salle obscure, cette histoire vraie pèse sur la conscience de l’athée que je suis. Encore une fois, les préceptes de la foi en dieu ont été à l’origine des pires comportements humains qui soient. La mère supérieure du couvent, déposant un nouveau-né dans un panier, au pied d’une croix, en pleine campagne, par un froid de canard, et l’abandonnant ainsi au destin que dieu aura choisi pour lui, a quelque chose de parfaitement abject, de révoltant et d’ignoble. Les horreurs qu’a commis le catholicisme en deux mille ans d’histoire sont à ce point révoltantes que je demeurerai à jamais consterné qu’elle puisse être, aujourd’hui encore, l’une des deux religions les plus pratiquées dans le monde. Consternant et profondément désespérant quant à consistance de l’âme humaine, et surtout chrétienne…

Note : 15/20

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Mercredi 17 février 2016

Le film du jour : Freeheld

Dans les Etats-Unis du début des années 2000, Laurel Hester (Julianne Moore), brillante officier de police, tombe amoureuse de Stacie Andree (Ellen Page). Les deux femmes achètent une maison, dans laquelle, elles vivent quelques années d'un bonheur total. Enfin, total, pas tout à fait. Parce que leur relation amoureuse ne passe pas ou très mal auprès de la police et aux yeux des élus du comté d'Ocean City, New Jersey. Alors, le jour ou Laurel apprend qu'elle est atteinte d'un cancer en phase terminale, elle entend naturellement tout mettre en oeuvre pour que celle qui, légalement, n'est que sa "partenaire domestique", obtienne après son décès, la totalité de ses biens. Parallèlement à sa lutte contre la maladie, s'engage alors pour elle et sa compagne, un combat de tous les instants pour faire triompher leur droit...

Histoire vraie, ayant pour cadre cette Amérique puritaine et froide, bourrée de principes moraux et religieux, écoeurante et inhumaine, attachée à des lois préhistoriques et rejetant l'être au profit du paraître. Nous sommes pourtant en 2005... L'obstination des politiciens en place est à l'image d'une grande partie de l'opinion publique : intolérante et calée sur ce droit chemin que leur a inculqué l'Eglise et qui, apparemment, guide leurs pas. Dans un pays qui, et de loin, est le plus grand producteur de films pornographiques du monde, une simple, belle et touchante relation entre deux êtres du même sexe est intolérable. Paradoxe insupportable, imbécile, et attitude parfaitement dans l'air d'un temps où George W. Bush était aux manettes du pays...

Julianne Moore, une fois encore, est bouleversante dans ce rôle d'une femme qui se bat contre la maladie et contre l'Etat. Ellen Page est excellente aussi, tout comme l'est la mise en scène de Peter Sollett. Avec une telle histoire, difficile de ne pas tomber dans le pathos. Ce qui arrive malheureusement une fois ou l'autre. Seul bémol attaché à un film qui, et c'est là le principal, provoque en ceux qui sont épris de totale liberté, une révolte saine envers l'injustice que peut dérouler parfois l'humain dans sa façon de se comporter et de diriger. Heureusement, les deux compagnes verront leur bon droit triompher et, à l'image d'un pays qui, trois ans après les faits, placera un Noir à la Maison-Blanche, Washington décrétera, en 2015, le mariage accessible à tous les citoyens de ce pays, quelques soient leurs préférences sexuelles. Seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis...

Note : 16/20

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NB : En France, le titre de ce film a été changé en "Free Love", preuve manifeste que ceux qui se sont en charge de cette besogne sont vraiment payés pour ne rien foutre!...



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Vendredi 5 février 2016

Dominique Besnehard & "Dix pour cent"...

Faire de son amour pour le cinéma sa profession, tel a été le destin d’un homme auquel je voue une admiration sans bornes. Dominique Besnehard naît à Bois-Colombes le 5 février 1954. Au cours de son enfance, passée à Houlgate, sur la côte normande, naîtra la passion du spectacle, de la comédie de théâtre et de cinéma. De la chanson aussi, son idole de toujours étant, sur ce plan-là, Sylvie Vartan. Cette vocation, car c’en est une, lui permettra très tôt de s’immiscer dans un monde qui le fascine au-delà de tout. Il prend des cours de comédie, devient assistant de metteurs en scène, responsable de casting, puis agent artistique, ceci dès 1986. "Entre ses mains" défilent alors une multitude de comédiens. Des femmes surtout, parmi lesquelles beaucoup deviendront ses amies. Parmi elles : Marlène Jobert, Nathalie Baye, Béatrice Dalle, Sophie Marceau ou encore Sandrine Bonnaire et Cécile de France. Chez "Artmédia", première agence artistique européenne, il jouit d’une aura toute particulière, son amour pour le monde du 7ème art étant unique, total et parfaitement sincère. Grâce à lui et à son indéfectible soutien, ses actrices et ses acteurs mènent une carrière qui, pour certains, leur feront atteindre le firmament. Aimé, voire adoré, par la totalité de celles et ceux pour lesquels il s’est dépensé sans compter, après vingt années passées à leur service, en 2006 Dominique Besnehard abandonne pourtant un métier qui lui a donné les plus belles années de sa vie. Avec Michel Feller, il se lance alors dans la production cinématographique et fonde une agence nommée "Mon Voisin Productions", aux commandes de laquelle il se trouve toujours aujourd’hui…

De son autobiographie "Casino d’hiver", parue en 2014, ressort à chaque page cet amour passionnel pour le cinéma. Les nombreuses anecdotes de son quotidien en sont empreintes et jamais il ne verse dans l’amertume ou la délation qu’aurait pu lui occasionner un milieu pas toujours rose et facile. Besnehard adore le cinéma. Il est pour lui vital et cet amour qu’il lui voue, et qui transpire dans chaque ligne qu’il écrit, fait de la lecture des 474 pages de son livre, autant de moments de plaisir et d’émotion. Ce destin, magnifique et idéal à mes yeux, a de quoi m’interpeller, puisque lui et moi sommes de parfaits contemporains (il a 70 jours de plus que moi). Nous avons grandi dans le même monde télévisuel, ses parents ont acheté leur première télévision en 66 (les miens en 65), il adorait les feuilletons de l’époque, notamment et tout comme moi, "Vive la vie" ; et puis, lui aussi a puisé dans "Ciné Revue" ses premières lectures cinématographiques, et ses premiers émois amoureux au fil des diverses couvertures du journal, lesquelles souvent la part belle à des starlettes légèrement vêtues. La comparaison s’arrête là, car lui a su donner vie à son rêve, alors que je n’en ai fait qu’un simple loisir, même s’il est tout aussi essentiel…

En marge de ce destin exceptionnl, Dominique Besnehard est à l’origine d’une mini-série diffusée en octobre 2015. "Dix pour cent" (la somme que verse, sur ses gains, chaque comédien(ne) à son agent) raconte la vie d’une agence artistique parisienne au travers du quotidien de ses quatre agents : Mathias (Thibault de Montalembert), Andrea (Camille Cotin), Gabriel (Grégory Montel) et Arlette (Liliane Rovère). Six épisodes (diffusés à raison de deux par soirée), réalisés par trois metteurs en scène différents (Cédric Klapisch, Lola Doillon et Antoine Garceau) et dans lesquels apparaissent, sous leur vrai nom, Cécile de France, Françoise Fabian, Line Renaud, Natahlie Baye, Laura Smet, Audrey Fleurot, Julie Gayet, JoeyStarr et François Berléand. Pour moi qui ai perdu tout intérêt pour les séries depuis que la daube amerloque a débarqué sur nos chaînes francophones, et depuis que ces derniers ne produisent plus que la même chienlit, "Dix pour cent" fut une révélation. Scénarii (souvent inspirés de la propre expérience de Besnehard) tenant parfaitement la route, dialogues truculents, incisifs et souvent drôles, acteurs et actrices au top de leur art, réalisation et musique magnifiques, tout a contribué à faire de ces 6 fois 52 minutes, trois heures d’un ravissement total. Au point que j’ai ajouté récemment (et déjà entièrement revu) la série à ma vidéothèque. Cerise sur le gâteau, la performance sublime d’une actrice exceptionnelle : Camille Cottin. Cette fille (photo ci-dessous) navigue à un niveau stratosphérique dans tout ce qu’elle joue (et que j’ai vu) : "Connasse" (sketches sur Canal +), "Connasse, Princesse des cœurs" (le film) et cette éblouissante série que représente "Dix pour cent". Et puis, cette saga géniale a un peu contribué à me réconcilier avec cette boîte à inepties télévisuelles qui me désespére depuis trop longtemps. Dominique Besnehard, au moment de son lancement, affirmait que si la série était un succès (ce qui fut le cas, puisque 13 millions de téléspectateurs l’ont vue), il envisagerait sans doute de signer pour six nouveaux épisodes. En voilà une nouvelle qu’elle est bonne...





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Jeudi 28 janvier 2016

Le film du jour : Spotlight

Attention, chef-d'oeuvre absolu ! Histoire vraie. A Boston, en 2001, le Globe, premier quotidien de la ville, accueille Marty Baron, son nouveau rédacteur en chef, étranger à la ville et donc au journal. Très vite, celui-ci apprend qu’une petite équipe de journalistes, nommée Spotlight, travaille très discrètement et en marge de la rédaction. Constituée de cinq investigateurs (une femme et quatre hommes) qui choisissent eux-mêmes un sujet, grave à leurs yeux, ils entendent le traiter au maximum sur une année, avant de le publier. Le nouveau patron, favorable au groupe et à cette manière de travailler, leur fournit lui-même un sujet qui lui tient à cœur, un scandale datant de plusieurs années et jamais vraiment traité à fond : les abus sexuels pratiqués par le clergé sur des mineurs, tous habitant dans la ville de Boston et dans ses environs. Adhérant fortement à cette cause, les journalistes de Spotlight se mettent immédiatement au travail, investiguant sans relâche. S’ils parviennent à rencontrer plusieurs victimes, ils buttent cependant sur la toute-puissante Eglise catholique et ses dirigeants, parfaitement au courant de la pratique mais qui, lors de plusieurs affaires dévoilées par le passé, ont toujours trouvé un arrangement financier avec les victimes, ceci avant de devoir faire face à éventuel procès… Après six mois de travail acharné, allant de succès en déboires, d’hallucinantes révélations en silences insupportables du clergé, les membres du team Spotlight sont prêts à publier les résultats de leur enquête. Nous sommes en janvier 2002, alors que le pays est encore traumatisé par la tragédie du 11 septembre. Les révélations débouchent sur un scandale qui prend des dimensions planétaires…

Dans la longue histoire de ma passion pour le cinéma, il y aura désormais l’avant 27 janvier, le 27 janvier et l’après 27 janvier 2016. Car ce que Spotlight a provoqué en moi est unique. Le film idéal, une note de 20 sur 20, la mise en lumière, parfait synonyme de son titre, l’éblouissement total quant à la manière de faire du cinéma, de passionner le spectateur, de le tenir en haleine sans une minute de répit, de l’émouvoir et, parfois, de parvenir à lui faire lâcher des larmes trop longtemps retenues. Ce film m’a parlé comme aucun autre n’a jamais réussi à le faire. Tom McCarthy, metteur en scène et scénariste, Josh Singer, coscénariste, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Michael Keaton et beaucoup d’autres comédiens, se sont unis pour créer un long métrage d’anthologie. Quatre journalistes, tous catholiques sans être trop pratiquants, mènent une enquête sulfureuse afin de révéler les insupportables pratiques pédophiles de 70 prêtres dans l’archidiocèse de Boston, la ville la plus catholique des Etats-Unis. Agissements odieux, infâmes, tous connus et couverts par Mgr Bernard Law, l’archevêque lui-même. Durant 128 minutes, le spectateur est plongé dans les intrigues obscures et sournoises d’une religion ravalée au rang de la plus abjecte des sectes. Clergé et fidèles les plus ardents dans le même panier de crabes ! Insupportable ramassis de chrétiens dégénérés, les premiers parvenant sans trop de peine à convaincre les seconds que ce que leurs enfants ont dû subir de la part de curetons dépravés était la volonté de Dieu. A cet égard est cité l’exemple d’une femme qui apprend, par le coupable lui-même, que son fils en a été la victime. La maman, indécrottable bigote et vile grenouille de bénitier, comme persuadée que l’imposteur est lui-même la victime de ses coupables pulsions, lui offre alors quelques biscuits à tremper dans son café… A gerber !

Dans l’équipe des investigateurs, Mike Rezendes (Mark Ruffalo) se démarque clairement par sa volonté farouche de connaître la vérité. L’acteur livre dans ce rôle une prestation absolument extraordinaire et brillante. Sacha Pfeiffer (Rachel McAdams) est exceptionnelle aussi, tout comme Walter Robby Robinson (Michael Keaton). Preuve de sa qualité, le film totalise six nominations aux Oscars (film, réalisateur, scénario, second rôle masculin et féminin, montage). Dans le générique de fin, on apprend qu’au cours de l’année 2002, le Boston globe publiera 600 pages supplémentaires consacrées à cette lamentable affaire, et que, pour son remarquable travail d’investigation, le team Spotlight recevra le prix Pulitzer 2003. Au total, près de 250 enfoirés de curés auront à répondre de leurs actes ! On y apprend aussi que l’archevêque Law, niant toute responsabilité dans cette affaire, démissionnera de son poste à la fin de cette année-là. Une recherche sur le web à son propos, montre qu’en 2004 il est nommé, par Jean-Paul II, archiprêtre de la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome. Puis, un an plus tard et par le même pape (canonisé en 2014, je le rappelle), il est élevé au rang de cardinal. A gerber, une fois encore…

Si cette histoire m’a à ce point touché, c’est parce que j’y ai découvert, surtout au travers du bouleversant témoignage des quelques victimes qui se confient aux journalistes dans le film, des relents de ma propre histoire. Je suis hélas né catho et, au contact de mes géniteurs à la foi sans faille, j’ai moi aussi aimé les rites de cette religion, devenant très tôt un servant de messe des plus assidus (tous les matins avant l’école, j’officiais ainsi). A l’âge de 9 ans, un peu avant d’effectuer ma première communion, le curé attitré de la paroisse part quelques jours en voyage et son remplaçant prend le relais. Très vite, je me sens mal à l’aise en sa présence. Sa gentillesse, ses petits cadeaux (bonbons, chocolat), font place à une tendresse vite matérialisée par des attouchements qui me laissent dans un total désarroi. Et puis, un matin, après l’office qui, je crois, devait être le dernier avant le retour du prêtre qu’il remplace, il tente l’irréparable : il m’assoit sur ses genoux et tente d’ouvrir la braguette de mon pantalon. Mu par je ne sais quel sursaut d’orgueil, de peur ou de dégoût, je parviens à l’en empêcher, m’extrait de ma minable posture et cours me réfugier chez moi, dans notre maison voisine de l’église… Traumatisé, couvert d’une honte qui, je ne m’en suis rendu compte que bien plus tard, n’avait pas lieu d’être, je n’en parle à personne. Pas même à mes parents, à mon père violent, ni à ma mère qui, j’en étais persuadé, ne m’aurait jamais cru. Et je vis avec ça pendant 40 ans… Conséquemment, je suis donc toujours contraint, pendant les onze années qui me séparent de ma majorité, de continuer à pratiquer ce catholicisme qui, dès le lendemain de ce jour horrible, j’exècre viscéralement. A cet égard, je garde des séances de confession des souvenirs extrêmement douloureux, par l’obligation qui m’était faite d’aller raconter à un misérable ensoutané, les secrets les plus intimes de mon existence. J’ai échappé au viol physique de l’un d’entre eux, oui, mais ces dizaines de séances en confessionnal ont constitué pour moi autant de petits viols psychologiques par la suite. En 2003, suite à un article publié dans le courrier des lecteurs d’un quotidien, et dans lequel je mettais en cause Dieu pour de toutes autres raisons, ma mère m’a écrit une lettre, longue lamentation parsemée d’incompréhensions quant à ma visible renonciation à la foi chrétienne. C’est par courrier, et en guise de réponse et d’explication que je lui ai fait l’aveu de ce traumatisant épisode de 1963. Nous en avons parlé une fois, une seule, par la suite et, à la question que je lui posais, à savoir : "Ne t’es-tu jamais demandée pourquoi, pour moi qui adorait aller servir la messe, cette passion s’est éteinte du jour au lendemain ?" Sa réponse ne fut rien d’autre qu’un long silence, un mutisme mille fois plus explicite (et douloureux) que n’importe quoi d’autre pouvant expliquer ce que constitue la foi chez certains êtres, totalement éblouis par la lumière inexistante qui leur tombe du ciel. Aujourd'hui encore, je me demande si elle m'a vraiment cru; si, au titre de fervente catholique plus que de mère, un doute ne subsisterait pas dans son esprit...

Un jour avant la sortie de Spotlight, en Suisse a été publié un rapport accablant concernant les mêmes agissements du clergé dans l’Institut Marini de Montet: la maltraitance, les viols de dizaines d’enfants et d’adolescents entre 1929 et 1955. Ce rapport a été voulu par l’évêque actuel du diocèse de Genève, Lausanne et Fribourg. C’est une bonne chose. Mais, sachant à quel point l’homme (au sens général) peut être vil et faux dans toutes ses démarches, je me demande si cette requête, plutôt qu’émaner d’un besoin sincère de demander pardon au nom de l’Eglise, ne serait pas en fait une façon bien commode de redonner crédit à une religion coupable, par des milliers de ses représentants à travers le monde, d’agissements en totale opposition aux valeurs morales qu’elle prétend défendre. Spotlight n’a pas été pour moi un révélateur, mais une confirmation : je hais définitivement toute forme de religion et d’adoration d’un dieu, quel qu’il soit !...

Note : 20/20

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Mardi 26 janvier 2016

Le film du jour : Brooklyn

Eilis Lacey (Saoirse Ronan) est une jeune fille irlandaise qui vit avec sa mère et sa soeur. Attirée par l'Amérique, au début des années 50, elle quitte sa petite famille et débarque à Brooklyn, quartier est de New York. Le contraste auquel elle doit faire face n'est pas évident et l'ennui du pays prend beaucoup de temps à se dissiper. Un soir, au cours d'un bal organisé d'abord pour les nombreux Irlandais du quartier, elle fait la connaissance de Tony Fiorello (Emory Cohen), un jeune, timide et très gentil petit immigré italien. Entre ces deux jeunes exilés, peu à peu, l'amitié fait place à l'amour et Eilis commence à émerger de la nostalgie étouffante qu'elle éprouve pour son pays. Mais un jour, elle apprend que sa soeur vient de mourir. Le retour au pays s'impose donc, mais Tony, très épris de sa belle et craignant qu'elle ne revienne jamais, la persuade de l'épouser. En Irlande, dans une ville qu'elle a quittée parce qu'elle ne lui correspondait plus, beaucoup de choses ont changé. Alors pour Eilis, qui n'a rien dit à personne de son mariage, le temps du doute commence et elle a peu de temps pour se décider: rester dans son pays natal, près de sa mère et du jeune homme qui lui fait la cour, ou rentrer à New York, là où l'attend impatiemment son mari...

L'histoire d'une femme, au coeur des fifties, voilà qui avait de quoi me plaire, j'en étais certain. "Brooklyn" est un long métrage fait de douceur, de teintes pastel, de grâce et d'images, certes un peu clichés parfois, constituant le rêve américain que se sont approprié des millions de migrants. Les innombrables possibilités de carrière et de vie, plus que décente, qu'offrait ce pays sont flagrantes. Il flotte dans cette histoire un parfum de nostalgie pour cette époque, qu'on l'ait connue ou pas. Tout paraissait facile en ce temps-là et la vie s'écoulait au gré d'une époque aujourd'hui totalement révolue. En héroïne idéale de cette production sans violence aucune, Saoirse (prononcer Siiersheu) Ronan est plus que convaincante, elle est magnifique. Du haut de ses 21 ans, voilà une actrice irlandaise promise au plus bel avenir. Quant à John Crowley, irlandais lui aussi et quasiment inconnu, il exprime un talent assez exceptionnel dans sa mise en scène. "Brooklyn" est un très beau film et, surtout, un moment de douceur et de ravissement qui font un bien fou dans ce monde actuel qui ne l'est pas moins...

"Brooklyn" est le 5ème film vu cette année et le 4ème à m'avoir enthousiasmé. Cinq films visionnés pour autant de productions anglo-saxonnes. Le cinéma français semble un peu à la traine en ce début d'année. J'espère que cela ne durera pas, parce qu'il est lui aussi parfaitement capable, malgré ce que beaucoup prétendent, de donner dans la qualité...

Note : 16/20

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Mercredi 13 janvier 2016

Le film du jour : The Revenant

En 1823, dans le Dakota du Sud, Hugh Glass (Leonardo diCaprio) est un trappeur renommé. En compagnie de son fils, né de ses amours avec une femme indienne, il participe à une grosse récolte de peaux. Un jour, lui et toute son équipe sont attaqués par un groupe d’Indiens Arikaras, lesquels tuent 23 hommes présents sur 32. Les survivants parviennent à rejoindre leur bateau, sur lequel ils prennent la fuite en descendant le cours de la rivière Missouri. Et puis ils abandonnent alors leur embarcation, jugée trop visible sur le cours d’eau, et continuent à pied. Un peu plus tard, seul en chasse afin de ravitailler la troupe, Glass est attaqué par une ourse en balade avec ses deux rejetons. Très grièvement blessé, il parvient cependant à tuer l’animal. Récupéré par ses compagnons, le chef de l’expédition demande, contre promesse d’une prime substantielle, à trois volontaires de demeurer aux côtés du blessé et de son jeune fils, les autres continuant leur chemin pour regagner Fort Kiowa, leur base située 300 kilomètres plus au sud. Persuadé que Hugh ne s’en tirera pas, il entend ainsi réserver au mourant une sépulture digne de ce nom. Parmi les trois hommes, il y a John Fitzgerald (Tom Hardy), un aventurier ouvertement hostile à Glass. Très vite, il abat l’un de ses deux compagnons, ainsi que le fils du trappeur. Alors, en compagnie de Jim Bridger, un jeune de 19 ans, très naïf et sans expérience, il abandonne Hugh à son pauvre sort et se met en route pour aller toucher la prime. Mais Hugh Glass, à moitié enterré vivant par John, ne l’entend pas ainsi. Malgré son état, et nanti d'une volonté à toute épreuve, il trouve la force de se remettre lui aussi sur la route de Fort Kiowa. Commence alors pour lui, une aventure hallucinante et une lutte de tous les instants pour sa survie et pour que son désir de vengeance se concrétise au plus vite…

Dans les paysages magnifiques des Rocheuses canadiennes (là où a été tourné l’adaptation de cette histoire vraie), ce début de 19ème siècle fait la part belle à une violence coutumière opposant les envahisseurs blancs aux Amérindiens. Arcs, flèches, fusils et pistolets à coup unique, couteaux, haches et machettes massacrent à cœur vaillant. Le tout "brillamment" mis en scène par le Mexicain Alejandro Gonzalez Iñàrritu. Entièrement filmé en lumière naturelle, le résultat est époustouflant de réalisme et d'authenticité. Epoustouflant! Un terme que l’on peut et doit aussi utiliser pour qualifier le combat dantesque, plus vrai que nature, opposant le trappeur à la femelle grizzly. Epoustouflant! Adjectif parfaitement à sa place pour mettre en exergue la chute du même trappeur, monté sur un cheval lancé à plein galop, lequel, avec son cavalier, bascule soudain dans le précipice qui leur fait face; scène hallucinante et continue à laquelle on assiste, médusé par une telle maîtrise de la mise en scène. Epoustouflant enfin que le récital offert par ce phénoménal comédien qu’est Leonardo diCaprio (magnifiquement épaulé par Tom Hardy). Jamais, au grand jamais, je n’ai assisté à une telle performance d’acteur. Deux heures et demie passées à partager la magie d’un cinéma méritant tous les superlatifs, et l’ahurissante, la sublime performance d’un acteur, pourtant encore très injustement privé d’un Oscar. Lacune qui, j'en suis certain, sera réparée dans un mois et demi… "The Revenant" est un pur chef-d’œuvre! "The Revenant" est un modèle de ce que peut et devrait toujours être le Cinéma, nommé presque injustement 7ème Art et qui, pour moi, devant la Littérature, la Musique et la Peinture, tient bien la 1ère et la plus imposante place dans mon cœur…

Note : 17/20


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Lundi 11 janvier 2016

Le film du jour : The Danish Girl

Dans les années vingt, Einar (Eddie Redmayne) et Gerda (Alicia Vikander) forment couple de peintres danois. Lui est très prisé dans le monde artistique, alors qu'elle, malgré son grand talent, galère. Un jour, par jeu, elle demande à son homme de passer des bas et une robe, ceci afin qu'elle puisse travailler sur le tombé du vêtement sur la jambe de l''un de ses modèles féminins alors absent. Le trouble qu'éprouve Einar est tout à fait révélateur. Très vite, la personnalité féminine de l'artiste émerge et, avec elle, la certitude que la nature, en lui donnant la vie, s'est trompée de genre. Gerda, d'abord furieuse de lui avoir inconsciemment révélé la chose, comprend peu à peu que son désir d'assumer sa féminité est irrévocable et, surtout, absolument vital pour lui. Parallèlement à cela, la jeune femme se met à peindre son homme travesti et le succès de ses toiles, immédiatement prend son essor. Commence alors pour ces deux êtres, initialement très épris l'un de l'autre, un long et hasardeux chemin vers la libération finale d'Einar, l'opération. Mais dans ces années-là, les chirurgiens balbutient encore leur technique. Conscient des risques encourus, Einar franchit cependant le pas. A son réveil, et toujours soutenu par Gerda, le peintre devient donc Lili Elbe...

J'avoue être avant tout allé voir ce film afin d'admirer le travail de ce fabuleux comédien qu'est Eddie Redmayne. Aucune surprise: je l'ai vu! Une performance digne d'un Oscar, même si Di Caprio, parait-il prodigieux dans "The Revenant", sera l'immense favori (et qui mériterait mille fois d'enfin en accrocher un à son palmarès). Mais, et c'est là la bonne surprise de cette très belle et émouvante histoire (vraie), j'ai surtout admiré la superbe Alicia Vikander, une jeune actrice suédoise de 27 ans, que j'avais découverte en 2012, donnant la réplique à Mads Mikkelsen dans l'excellent "Royal Affair", de Nikolaj Arcel. Dans un rôle loin d'être évident aux côtés du phénomène Redmayne, elle se révèle absolument remarquable et convaincante, donnant à son personnage crédibilité et humanité, gages on ne peut plus évidents de son immense talent. Une jeune femme à suivre donc, car à l'aube d'une carrière qui s'annonce exceptionnelle si elle persiste dans le bien fondé du choix de ses futurs rôles. Quand à Tom Hooper, après le fabuleux succès de son "King's Speech", (quatre Oscar, dont meilleur film et meilleur réalisateur en 2011), je parie qu'il ne s'arrêtera pas en si bon chemin, tant sa mise en scène est ici digne d'éloges...

Note : 15/20

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Vendredi 8 janvier 2016

Le film du jour : The Hateful Eight

Une diligence, tirée par six chevaux très comme il faut, progresse avec peine dans la neige et le blizzard. A l'intérieur, deux salopards (dont une femme), puis trois, puis quatre. Tous font halte dans un relais pour manger et y passer la nuit, en attendant que la tempête se calme. Là, les accueillent quatre autres vermines. Après que ce petit monde, très fréquentable, ait fait connaissance et bu le café ensemble, le poison s'insère dans les discussions. Pendant une heure et demie, la tempête interne couve. Puis, Tarantino oblige, le carnage commence. Au bilan final, une quinzaine de cadavres (d'autres personnages ont fait leur apparition), cervelles explosées, baignent dans leur sang et dans celui des autres, alors que deux blessés, en sursis, dissertent sur la lettre qu'Abraham Lincoln aurait écrite à l'un d'eux...

Tarantino ne se refait pas. Et ce n'est pas moi qui m'en plaindrai. Histoire divisée en chapitres, le premier est le plus intéressant et le plus drôle. Après, ça baisse d'un ton jusqu'à l'apothéose. Les dialogues sont incisifs mais parfois un peu longuets. Les acteurs et actrices (quatre rôles féminins, quand même) sont tous excellents. Et Maître Quentin filme comme un dieu. Visionné dans une salle équipée pour, le Panavision 70 fait merveille. Reste le feu d'artifice final, entièrement à base d'hémoglobine. Là aussi, le carnage et l'explosion des têtes sont tellement exagérés et irréels que le second degré aide immensément à faire passer la pilule...

Premier film de l'année, première très bonne note (16/20). Ce n'est pas pour moi le meilleur Tarantino car Pulp Fiction, Django Unchained et, surtout, Inglourious Basterds (le meilleur de ses huit longs métrages) lui sont supérieurs. L'année cinématographique commence bien et elle devrait se poursuivre ainsi, avec le second film à voir : "The Danish Girl", dans lequel Eddie Redmayne ("Theory of Everything") joue le rôle d'un transsexuel plus vrai que nature. Les extraits que j'en ai vus annoncent peut-être un second Oscar pour ce comédien exceptionnel...

Note : 16/20

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