2013

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Mardi 31 décembre 2013

Un an de cinéma...

Au cours de cette année cinématographique 2013, j'ai vu 51 films en salle (5 de plus qu'en 2012). Les notant de 0 à 20, la moyenne s'établit à 13.94 points par film (13.20 en 2012). Voici mon palmarès personnel de l'année écoulée, avec la liste des 21 longs métrages ayant obtenu 15 points ou plus :

01. La vie d'Adèle, d'Abellatif Kechiche - 18.5
02. A Late Quartet, de Yaron Zilberman - 18
02. RUSH, de Ron Howard - 18
0
4. Django unchained, de Quentin Tarantino - 17.5
03. Night Train to Lisbon, de Bille August - 17.5
03. Zero Dark Thirty, de Kathryn Bigelow - 17.5
07. Before Midnight, de Richard Linklater - 17
06. Inside Llewyn Davis, de Joel & Ethan Coen -17
06. Your Sister's Sister, de Lynn Shelton - 17
10. Jappeloup, de Christian Duguay - 16.5
09. Suzanne, de Katell Quillévéré - 16.5
12. Hannah Arendt, de Margarethe von Trotta - 16
11. Hôtel Normandy, de Charles Némès - 16
11. Pour une femme, Diane Kurys - 16
11. Song for Marion, de Paul Andrew Williams - 16
16. Jeune et jolie, de François Ozon - 15.5
15. Lore, de Cate Shortland - 15.5
15. Silver Linings Playbook (Happiness Therapy), de David O. Russell - 15.5
19. Amitiés sincères, de Stéphane Achinard et François Prévôt-Leygonie - 15
18. La fleur de l'âge, de Nick Quinn - 15
18. Michael Kohlhaas, de Arnaud des Pallières - 15

Meilleure réalisatrice: Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty)
Meilleur scénario: Seth Grossman / Yaron Zilberman (A Late Quartet)
Meilleure actrice: Adèle Exarchopoulos (La vie d'Adèle)
Meilleurs acteurs: Daniel Brühl (RUSH) & Philip Seymour Hoffman (A Late Quartet)


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Lundi 23 décembre 2013

Le film du jour : Suzanne

Nicolas, chauffeur routier, veuf, vit dans le sud de la France, seul avec ses deux petites filles, Suzanne et Maria. Pauvre et peu expansif, ce papa fait tout son possible pour élever celles-ci dans la dignité. Au volant de son camion et sur la route toute la semaine, il tente de mettre à profit le week-end pour s'occuper d'elles. Très régulièrement, on les voit tous trois s'en aller fleurir la tombe d'Isabelle, leur épouse et maman, décédée quelques années plus tôt. Le temps passe, les filles grandissent et, à part la dégarniture de son crâne, le père ne change pas beaucoup. Parvenues à l'âge adulte, Suzanne et Maria travaillent. L'aînée dans l'entreprise de transport de son père, Maria dans une filature textile. Un jour, son père apprend que Suzanne est enceinte. Drame, désillusion. Le père est inconnu, la mère garde l'enfant. Plus tard, celle-ci rencontre Julien, un gars du Nord, un peu bizarre et qui lui confie être interdit de séjour dans sa région. Suzanne tombe amoureuse. Et puis un beau matin, laissant son fils Charlie, à Maria, elle disparaît. Sa famille la retrouve quelques mois plus tard en prison, en attente d'être jugée (seule, son amant ayant échappé à l'arrestation) pour cambriolage. Pour Nicolas, c'en est trop. Suzanne n'est plus sa fille. Cela dure des mois et tout le temps que la jeune femme purge sa peine. Revenu de sa déception, son père tentera alors un rapprochement avec elle. Mais Suzanne s'enfuit à nouveau, toujours en compagnie de Julien, qu'elle vient de retrouver. Et avec lequel elle retombera dans les même travers…

Suzanne est le deuxième long métrage de Katell Quillévéré, une jeune réalisatrice de 33 ans. Je ne la connaissais pas et je suis bien content d'avoir comblé cette lacune. Parce que son film est magnifique. Du début à la fin, elle nous emmène dans une histoire qui tient parfaitement la route. Si, dans cette famille de taiseux, amputée de la mère, le quotidien n'est pas tous les jours très gai, à aucun moment la réalisatrice ne bascule dans le pathos. Par touches de grande sensibilité et avec une maîtrise saisissante dans la succession des plans, survolés lorsqu'il le faut, plus intenses aux bons moments, Katell Quillévéré nous offre une intrusion subtile dans l'univers de trois personnages parmi les plus attachants. Sara Forestier (Suzanne) est excellente, et ce ne fut pas une surprise. Adèle Haenel (Maria) se révèle être une découverte des plus prometteuses. Quant à François Damiens (Nicolas), dans un rôle dramatique, il est tout simplement prodigieux! Ce 51ème et dernier film de l'année (je ne pense pas qu'il y en aura d'autres à voir d'ici le 31 décembre) m'a donné l'occasion de confirmer une constatation que se fait de plus en plus évidente dans ma tête: plus je vieillis, plus je deviens sensible au cinéma féminin. Les cinéastes mettant en scène de belles histoires de femmes m'ont toujours touchés. Et il me semble que les femmes qui écrivent et filment de telles histoires ont quelque chose en plus. Que ce truc se nomme subtilité, finesse, sensibilité, ou magie, peu importe, c'est une réalité de laquelle il ne me viendrait pas une seule seconde l'idée de me plaindre. Filmez, Mesdames, filmez! Je suis le plus fervent de vos fans et le plus fidèle de tous vos spectateurs...

Note : 16/20

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Lundi 16 décembre 2013

Le film du jour : Pardonnez-moi (DVD)

... d'en remettre une couche, mais ce film m'a trop bouleversé pour que je demeure muet à son sujet. Comme indiqué dans l'article du 3 décembre, je l'ai découvert en DVD il y a quelques temps. Et je l'ai très vite revu une seconde fois. Dans la vie, Violette (Maïwenn) est une jeune femme enceinte de son premier enfant. Cette grossesse lui donne envie de réaliser un film sur ses proches, afin, prétend-elle, que son enfant découvre plus tard au sein de quelle famille il a vu le jour. Elle acquiert donc une petite caméra vidéo et commence à filmer celles et ceux qui la côtoient. Il y a là son compagnon Alex (Yannick Soulier), père de son enfant, sa mère Lola (Marie-France Pisier), ses soeurs Billy (Hélène de Fougerolles) et Nadia (Mélanie Thierry) et, surtout, son père Dominique (Pascal Greggory). Très vite, on se rend compte qu'il existe un problème relationnel entre ce dernier et Violette. Parce que la jeune femme suit une thérapie psychanalytique, en proie qu'elle se trouve, alors qu'elle va enfanter, à la grande difficulté de vivre avec les souvenirs de son enfance... Parce que Dominique a été un père violent. Et Violette, plus que ses soeurs, a été (et est toujours) traumatisée par les coups qu'elle a reçus. Caméra en main, elle pense que, peut-être, elle parviendra a obtenir les excuses de son papa. En présence de celui-ci, un jour elle met en scène la violence insupportable qu'elle a subie. Scène hallucinante dans laquelle on trouve tout ce qui devrait faire réagir même le plus dur des hommes. Mais le coupable demeure impassible, sans la moindre réaction. Il assume son passé et refuse d'exprimer le moindre regret, ne semblant même pas effleuré par l'idée de demander pardon à sa fille...

Bien sûr, il se passe bien d'autres choses dans cette quête de vérité que vit Violette. Mais l'essentiel est là. Comment vivre avec les souvenirs indélébiles d'une enfance ruinée? Et, surtout, comment devenir une mère responsable avec un tel poids sur le coeur? La réponse, Violette la trouvera par la bouche de sa psy (Marie-Sophie L.): tu dois te servir de ce traumatisme immense pour construire quelque chose de positif; ton père ne te demandera jamais pardon! Dénouement du film. Brutal, mais libérateur car débordant de bon sens et réponse évidente à cette incessante quête de vérité qui habite la jeune femme... "Pardonnez-moi" est le premier long métrage de Maïwenn. Elle l'a écrit, joué, mis en scène et produit (très difficilement) en 2006. Ce qui m'a d'emblée sidéré chez elle, c'est cette maturité, cette lucidité extraordinaire de la femme de 30 ans qu'elle était alors. Le film ne raconte pas l'histoire de sa vie, mais il en est largement inspiré. Sur son corps, Maïwenn porte encore les stigmates des mauvais traitements qu'elle a subis dans son enfance. Et elle ne s'en cache pas. Il lui est arrivé de finir à l'hôpital après que son père se soit déchaîné sur elle. Mais elle ne se plaignait pas, ne se rendait pas compte qu'elle était élevée de façon indigne. C'est à l'adolescence qu'elle en a pris conscience. Et c'est sans doute là que cela lui a fait le plus mal. Le film se révèle être un chemin douloureux pour Violette. Et quiconque a subi le même traumatisme de l'enfance ne peut être que conquis par la façon dont Maïwenn traite un si délicat sujet. Personnellement, cette violence lâche et gratuite d'un adulte sur une enfant en bas âge (et comme sur toute femme d'ailleurs), jamais je ne pourrai la comprendre...

Quand je dis que le film a été écrit par Maïwenn, c'est à moitié vrai. Parce qu'en fait elle a laissé à chacun et chacune des fabuleux acteurs et actrices qui l'interprètent, une liberté presque totale dans les dialogues. De quoi mesurer le talent de toutes celles et ceux qui se sont livrés à un exercice pas du tout évident. "Pardonnez-moi" est un chef-d'oeuvre! Le premier, mais pas le dernier de Maïwenn. Parce que les deux suivants, "Le bal des actrices" (2009) et "Polisse" (2011), sont de la même veine et mis en scène avec la même stupéfiante sensibilité d'une femme exceptionnelle. Et je peux maintenant affirmer que le dernier, le plus beau et le plus abouti jusqu'ici, est devenu pour moi, après l'avoir vu et revu, la plus belle, la plus bouleversante oeuvre cinématographique française que j'aie jamais vue...

Note : 17/20

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Dimanche 3 décembre 2013

Maïwenn

En octobre 2011, j'évoquais la découverte d'un film exceptionnel : "Polisse". Un coup de poing à l'estomac, conséquence bien connue de ce que produit souvent un chef d'œuvre du 7ème Art sur moi. Dès lors, intrigué et totalement admiratif de la jeune réalisatrice, je découvrais, par DVD interposés, ses deux autres longs métrages, réalisés en 2006 et 2009. Le premier a pour titre "Pardonnez-moi", le second s'appelle "Le bal des Actrices". Evidemment, vu mon (coupable) manque d'intérêt pour la metteuse en scène à l'époque, je suis passé totalement à côté de la sortie en salle de ces deux films. Les deux DVD visionnés, je suis tombé sur autant de fabuleuses découvertes, auxquelles j'adjoins le sentiment en moi que le vieux con bourré de préjugés que je suis serait bien inspiré d'aérer régulièrement son crâne afin de laisser l'air frais ventiler la masse difforme qui se fait outrageusement passer pour sa matière grise. Parce que Maïwenn, avant 2011, ne représentait rien pour l'ignare que j'étais. Mais bon, même à mon âge on peut encore rêver de progresser...

Dans cette optique débordante d'espoir, j'ai très vite commencé à étudier le cas "Maïwenn Le Besco". Née dans la banlieue parisienne le 17 avril 1976, la petite est poussée dès son plus jeune âge vers le cinéma. Par qui ? Par sa maman, Catherine Belkhodja, elle-même comédienne (franco-algérienne) peu connue. Dès l'âge de sept ans, Maïwenn est battue régulièrement par son père (franco-vietnamien), parfois très violemment. Plus tard, c'est sa mère qui prend le relais, voyant soudain en elle une possible rivale (eh oui!) dans le métier qu'elles exercent toutes les deux. Conséquences de tout cela: une enfance malheureuse et une adolescence des plus pénibles. Mais, comme elle le dit elle-même, elle n'en a pas vraiment conscience sur le moment, parce qu'elle pense que cela se passe de la même façon pour toutes les filles de son âge. Devenue adulte, et après la naissance de ses deux enfants (une fille avec Luc Besson – à moins de 17 ans – et un fils avec Jean-Yves Le Fur), elle se lance dans la réalisation…

"Pardonnez-moi" raconte l'histoire d'une jeune femme enceinte qui désire tourner un film sur sa famille, afin de le montrer plus tard à son enfant. Si la violence de sa mère est occultée, il n'en va pas de même de celle de son père. La fiction est donc partiellement d'inspiration autobiographique et le traitement qu'en fait Maïwenn est bouleversant. Ce thème de l'enfance maltraitée reviendra dans "Polisse", preuve peut-être que l'on ne se remet sans doute jamais de certaines blessures subies dans cette période si importante de la vie. Dans "Le bal des Actrices", la réalisatrice change de registre, souhaitant filmer, sous la forme prétendue de documentaire, la vie hors plateau de plusieurs comédiennes. Le film est tellement réussi que l'on se laisse prendre au jeu ; car tout est écrit, mis en scène, tourné et joué comme si le spectateur assistait à la projection d'un documentaire. Ces deux magnifiques longs métrages, ajoutés au dernier en date, ont deux points communs : premièrement, dans chacun d'eux Maïwenn tient, tout au long de l'intrigue, une caméra ou un appareil photo ; deuxièmement, si le premier et le dernier ont un thème plus ou moins commun, les trois sont pour moi de véritables chefs-d'œuvre, le second étant de plus constellé d'actrices toutes plus magnifiques les unes que les autres…

A la fin de "Pardonnez-moi", film dans lequel Maïwenn, qui tient le rôle principal, cherche le repentir de son papa, on voit et on entend sa psychothérapeute lui affirmer:

- "N'attendez pas que votre père vous demande pardon. Il ne le fera pas! Pardonnez-lui et servez-vous de ce traumatisme de l'enfance pour construire quelques chose de positif"...

Comme elle a raison ! Au point de croire peut-être que si elle avait vécu parfaitement heureuse dans ses jeunes années, cette femme admirable n'aurait jamais pondu deux des trois œuvres majeures citées dans cet hommage… A 37 ans, et avec trois films en l'espace de cinq ans, Maïwenn est venue bousculer toutes les valeurs du genre, maintenues bien au chaud et depuis trop longtemps dans mon cerveau ramolli. Cette femme est un miracle, cinématographique certes, mais avant tout humain, une révélation totalement inattendue pour le sombre idiot qui se manifeste parfois sous mes traits ! Elle représente et répète, à elle seule, l'émerveillement qu'avait constitué pour moi la découverte du 7ème Art. A l'époque de mes 11-16 ans, Bourvil et de Funès mettaient un peu de couleur dans la grisaille de mes jours. Aujourd'hui, en voyant ce que Maïwenn produit, je vis un enchantement tout aussi intense. La différence, c'est que ce n'est plus ma vie qui est triste, mais le monde qui m'entoure. Et puis, je suis presque quatre fois plus vieux…

Dès lors, ce qui me tient le plus à cœur, dans un domaine qui a bercé ma vie à coups répétés de cent minutes de bonheur vécus dans la salle obscure, c'est que Maïwenn n'en reste pas là (il n'y a d'ailleurs aucune raison qu'il en soit ainsi). Réalisatrice, scénariste et interprète, il faut qu'elle continue de tourner. Encore et encore et toujours. Car je suis persuadé que la santé morale de mes dernières années d'existence (depuis près de 50 ans fortement conditionnée par le cinéma), tiendra grandement à la pellicule que, telle cette femme exceptionnelle, les grands cinéastes voudront bien faire dérouler devant mes yeux, lesquels ne brillent jamais autant que lorsque certain(e)s se servent de ce moyen pour dévoiler toute la profondeur de leur humanité, l'éclatante richesse de leur âme et la grandeur insoupçonnable de leur cœur…



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Mercredi 13 novembre 2013

Le film du jour : Inside Llewyn Davis

Au début des années soixante, Llewyn Davis tente de relancer sa carrière musicale. Issu d’un trio dissous de Folk, il aspire à percer en solo. Mais voilà, sa détermination éprouvant quelque peine à passer pour telle, il bascule irrémédiablement vers l’image du parfait loser. Dans un pays comme le sien, pas de quoi être rassuré quant à un avenir prometteur sur scène et dans l'industrie du disque. Un jour pourtant, de New York où il survit péniblement, il tente un voyage (hallucinant) et une audition à Chicago. Le producteur l'écoute poliment interpréter un titre pourtant magnifique, mais lui jette une dure réalité à la face: rien de ce qu’il compose et chante ne se vendra jamais dans le pays ou ailleurs. N’ayant apparemment aucun avenir en soliste, il se sent peu enclin à retenter la carrière en groupe vers laquelle la froide et cruelle constatation du producteur tente de l’orienter En 1961, percer dans la musique folk, rock ou country n’était facile pour personne. Depuis cinq ou six ans, tous les grands du genre étaient en place et Llewyn n’avait pas la foi de Dylan… Conscient de ce handicap, le guitariste croyait cependant à son étoile. Mais les aléas de la vie et ses déboires sentimentaux étaient peut-être trop importants pour que la voie du succès s’ouvre devant lui...

Joel et Ethan Coen, dans un registre intimiste, réalisent une nouvelle œuvre majeure. Servis par des acteurs remarquables, qui interprétent parfaitement eux-mêmes les magnifiques chansons de la bande originale, les deux frères ont su recréer une ambiance de l’époque plus vraie que nature. Dans le rôle-titre, excellent guitariste et chanteur en plus de très bon comédien, Oscar Isaac délivre un récital remarquable, constitué de plusieurs titres tous plus beaux les uns que les autres. Avec cette oeuvre-là (Grand-Prix à Cannes ce printemps), la filmographie des Coen s’enrichit d’un petit bijou qui les dépose désormais sur le piédestal des plus grands. "Barton Fink", "Fargo", "The Hudsucker Proxy", "The Big Lebowski", "O’Brother", "No Country for Old Men", "Burn after reading", "True Grit", "Inside Llewyn Davis". Neuf films mémorables (mes préférés) en l’espace d’une vingtaine d’année. Qui dit mieux? Seul Woody Allen peut se targuer actuellement de faire aussi bien aux Etats-Unis et personne en France (les deux pays qui cinématographiquement m’inspirent le plus). Hommage vibrant et appuyé donc à ces deux frères génies du 7ème art. Leur mérite est d’autant plus grand qu’ils ont su révéler trois comédien(ne)s d'excellence et trop rares chez les autres metteurs en scène: Frances McDormand (épouse de Joel), Steve Buscemi et John Goodman, seul le dernier étant présent dans le film dont il est question ici. Ah, encore une chose : si vous aimez les chats, allez voir ce film! Parce que celui qui fait partie intégrante de l’intrigue est assez exceptionnel…

Note : 16/20

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Mardi 15 octobre 2013

Le film du jour : La vie d'Adèle

Adèle est une fille bien. Mais, au milieu de sa bande de copines du lycée, elle fait un peu tache. Le langage cru des premières détonne avec la douce réserve de cette demoiselle en quête d'une première expérience sexuelle. Si, sur ce plan-là, à seize ans tout le monde se cherche, Adèle le fait aussi mais avec, déjà, de gros doutes sur son hétérosexualité. Mais c'est d'abord avec un garçon qu'elle tente l'aventure. Parce que toutes ses camarades féminines de classe l'entourant sont portées vers ce choix. Si elle rassure celui qu'elle a élu pour ça, gars de son âge désirant savoir s'il a été à la hauteur, on se rend bien compte qu'elle n'en gardera jamais un souvenir impérissable… Un jour, par jeu, une élève de sa classe l'embrasse à pleine bouche. Péripétie innocente aux yeux de la provocatrice, mais révélatrice pour la jeune et jolie Adèle. Plus tard, elle fait alors la connaissance d'une jeune femme aux cheveux bleus, une artiste issue d'un milieu social très décalé par rapport au sien. La passion naît, grandit, la submerge, l'engloutit. Cinq ans plus tard et devenue institutrice (son rêve, car elle adore les enfants), la rupture la plonge dans une détresse et un désepoir tout aussi profonds et ravageurs...

Ce très long métrage (trois heures) d'Abdellatif Kechiche est une libre adaptation de la bande dessinée de Julie Maroh "Le bleu est une couleur chaude". Unanimement proclamé "Palme d'or" par le jury (et la critique aussi) du Festival de Cannes de cette année, j'étais impatient de le découvrir. Je n'ai pas été déçu. L'histoire tient la route de bout en bout. Admirablement filmée par un cinéaste d'exception et coutumier des récompenses, elle est un appel percutant et indispensable au refus sans réserve de l'intolérance, quelle qu'elle soit, qui mine le genre humain depuis trop longtemps. Seul bémol de 180 minutes d'émotion: les scènes de sexe, à l'extrême limite de la pornographie. Il y en a trois, dont l'une dure plusieurs minutes. Il n'y avait, à mes yeux (loin d'être ceux d'un coincé du c..), pas besoin d'un tel acharnement pour faire comprendre au spectateur que, dans cette histoire, le sexe tient une part prépondérante. Je dirais même que, dans le traitement du sujet, la nature du rapport entre ces deux jeunes femmes tient essentiellement à cela. Parce qu'à aucun moment (sauf après la rupture) on n'entend l'une dire "je t'aime" à l'autre…

Par l'affirmation de son homosexualité (peut-être pas définitive), Adèle devient l'objet de la vindicte, des sarcasmes, de la méchanceté, de l'intolérance et du rejet de ses camarades filles du lycée. Ses qualités propres de gentillesse, de douceur, de tolérance et d'altruisme, tout ce qui finalement fait d'elle une fille vraiment bien, sont balayées et oubliées, sans autre forme de procès. Résultat pas du tout caricatural à mes yeux, totalement navrant et désespérant, synonyme d'horreur absolue dans un comportement prétendu humain. Dans le déroulement de cette liaison passionnelle, Adèle (Adèle Exarchopoulos) et Emma (Léa Seydoux) tiennent un rôle primordial. Si la seconde, comme toujours, est superbe, la première est tout simplement prodigieuse. Et si j'ai aimé à ce point ce film c'est à elle que je le dois avant tout. Délivrer une telle performance d'actrice, à 19 ans, tiendrait du miracle si elle ne délivrait, tout au long de l'intrigue et sans le moindre répit, la preuve d'un talent que jamais, au grand jamais, je n'ai pu constater chez une autre comédienne à l'aube de sa carrière. Adèle Exarchopoulos est si naturelle et convaincante dans son jeu, si bouleversante dans ses larmes que (moi qui ne supporte pas de voir pleurer une femme), plusieurs fois, j'ai été contraint de détourner mon regard de l'écran…

Le coup de poing de ce chef-d'œuvre, je l'ai aussi ressenti avec les yeux d'un père qui possède deux filles d'un âge proche de celui d'Adèle. Même si n'ayant jamais été confronté à une situation telle que celle dans laquelle évolue l'héroïne du film, je n'ai pu m'empêcher de procéder à une profonde réflexion quant à mon comportement si cela avait été le cas. Et j'en suis ressorti complètement abattu quant à ce que j'aurais ressenti en imaginant l'une d'elles ayant à subir ce qu'endure la très attachante et bouleversante Adèle. D'un autre côté, je me suis senti rassuré quant à mes propres capacités de tolérance. Qu'elle soit avec la chair de ma chair ou envers le droit fondamental et irrépressible que chaque être humain possède pour mener la vie qu'il entend selon ses propres désirs et aspirations. Si vivre est le droit de tous, être tolérant est le devoir de chacun…

Note : 18/20

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Lundi 30 septembre 2013

Le film du jour : RUSH

Au cours de la saison 1973 de Formule 1, Clay Regazzoni court pour BRM, après trois belles années passées dans la Suderia Ferrari. A ses côtés dans le team anglais, on trouve l’expérimenté Jean-Pierre Beltoise, et un jeune débutant en F1 autrichien du nom de Niki Lauda. L’année suivante, Enzo Ferrari décide de réengager Regazzoni. Ce dernier accepte et conseille au Commandatore d’engager Lauda comme coéquipier, ce que le vieil Enzo accepte. Alors que durant la saison 74 Regazzoni devient vice-champion du monde, Lauda fait ses armes, remporte deux victoires et termine 4ème du championnat du monde. L’année suivante, l’Autrichien apparait comme le grand favori de la saison. Parmi ses concurrents émerge un jeune pilote anglais, cheval fou, playboy et fêtard, très rapide en course mais metteur au point assez médiocre. Son nom : James Hunt. Sa rivalité avec Lauda, qui est son contraire sur tous les points, excepté la rapidité au volant, devient dès lors de plus en plus acharnée de course en course. A la fin de la saison, Niki Lauda est sacré, alors que Hunt termine 4ème. L’anglais, qui courait dans l’écurie privée de Lord Hesketh, passe alors chez McLaren, en raison de la faillite de son employeur et ami. 1976 s’annonce alors très prometteuse pour ce qui est de la rivalité de deux pilotes qui se détestent cordialement. Alors que Lauda prend rapidement de l’avance au classement, il est alors victime d’un terrible accident sur le circuit du Nurburgring. Sa voiture prend feu, il est très gravement brûlé au visage et intoxiqué par les émanations gazeuses. Transporté en urgence dans un hôpital, un prêtre est appelé afin de lui administrer les derniers sacrements. C’était compter sans le courage et la volonté à toute épreuve de ce pilote exceptionnel. Six semaines plus tard, alors que Hunt a grignoté presque tout son retard au classement, Lauda reprend le volant à l’occasion du Grand-Prix d’Italie, dans lequel il termine en 4ème position. Très incrédule au départ, le monde de la F1 est stupéfait, béat d’admiration et très ému par la détermination d’un pilote unique en son genre. Même James Hunt est sous le choc. Et sa haine de l’Autrichien s’effrite lentement au profit du respect et de l’admiration. Survient le Grand-Prix du Japon, dernière course de l’année 1976. Au classement, Lauda est toujours premier et compte 3 points d’avance sur Hunt. Le circuit du Mont-Fuji est noyé sous des trombes d’eau. Lauda estime qu’il est trop dangereux de courir dans de telles conditions, mais il n’est pas entendu. Il prend le départ et, après deux tours, il abandonne. Le jeu n’en vaut pas la chandelle, estime-t-il. Hunt termine 3ème de la course, marquant ainsi les 4 points nécessaires à faire de lui le nouveau champion du monde, ceci avec 1 point d’avance sur son grand rival. Après cette saison démentielle, Hunt cesse la compétition. Lauda continue et remportera encore deux autres titres mondiaux…

A part "Le Mans", le long métrage de Lee Katzin sorti en 1971, dans lequel Steve McQueen incarnait un excellent pilote d’endurance au volant de la fabuleuse Porsche 917 K, aucun film de course automobile ne m’a jamais convaincu. Ni en 1966, avec le "Grand-Prix" de John Frankenheimer, dans lequel Montand était peu convaincant, encore moins "Michel Vaillant" (Louis-Pascal Couvelaire en 2003), adaptation sans intérêt d’une bande dessinée que j’adorais pourtant dans les années 60. RUSH, c’est autre chose. Et c’est une pure merveille du genre. Ayant vécu cette saison en direct (et toutes les autres lorsque ce sport me passionnait (1965-80), Ron Howard nous a concocté un chef-d’œuvre du genre. Avec deux acteurs époustouflants et tellement proches des personnages réels. L’Australien Chris Hemsworth est parfait dans le rôle du bouillonnant pilote anglais, alors que Daniel Brühl, physiquement assez proche de Niki Lauda, livre une performance qui mériterait un Oscar à Hollywood. Fabuleux acteur que cet Allemand d’origine espagnole (que j’ai personnellement découvert aux côtés de Mélanie Laurent dans Inglourious Basterds, de Tarantino en 2009), lequel est en train de se forger une réputation exceptionnelle partout dans le monde. A remarquer aussi, jouant l’épouse de Lauda, Alexandra Maria Lara, une comédienne que j’adore mais qui, hélas, ne décolle pas vraiment malgré un talent des plus évidents. RUSH, ce sont deux heures d’un spectacle total, avec des scènes et situations de course extraordinairement reconstituées. L’accident de Lauda, par exemple, est un modèle du genre (même si des images originales ont peut-être été utilisées (?). La rivalité des deux pilotes est évidente et parfaitement mise en valeur, une chose que peu de gens connaissaient à l’époque. Grand film d’automne que ce RUSH, mis en scène par un Ron Howard au sommet de son art. Et puis, j’ai aussi beaucoup aimé la belle présence de Clay Regazzoni, mon idole suisse (avec Jo Siffert) de cette époque, dont le personnage est incarné par Pierfrancesco Favino. Au pilote tessinois, qui était son véritable ami, Lauda doit beaucoup, et ce dernier en est parfaitement conscient. A eux deux, ils ont offert à la Scuderia Ferrari quelques-unes de ses plus belles courses et saisons, tout au long de son histoire (qui continue) au sein de la Formule 1. Malheureusement, aujourd’hui ce sport ne m’intéresse plus du tout, les pilotes étant devenus trop dépendants de leurs écuries et des consignes omniprésentes de course…

Note : 18/20

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Samedi 10 août 2013

Le film du jour : Lore

Début mai 45. Dans la Forêt-Noire, une mère et ses cinq enfants apprennent la mort de leur vénéré Führer. Le père est un SS, il revient chez lui pour brûler tous les documents compromettants qu’il a en sa possession. Pour lui, comme pour sa femme, la fin du régime nazi est une catastrophe. Très vite, il disparaît, afin d’éviter la traque… Madame, aussi fanatique que lui, en fait de même, confiant à sa fille aînée Lore (Saskia Rosendahl), 16 ans, ses quatre autres enfants, avec la recommandation de gagner la région de Hambourg, là où réside sa maman. Pour la fraterie commence alors un périple hallucinant dans une Allemagne à feu et à sang, partagée entre les troupes alliées. Pour Lore, élevé dans l’idéologie nazie et ex-membre des Jeunesses hitlériennes, la rencontre avec un jeune Juif rescapé des camps risque de se révéler hasardeuse. Malgré la haine de la jeune fille, celui-ci tente néanmoins de la soutenir dans ce voyage au bout de l’enfer…

Superbement filmée par l’Australienne Cate Shortland, cette histoire nous emmène dans les méandres de la conscience d’une jeune fille aryenne. On lui a inculqué cette intolérable notion de supériorité et cette volonté farouche d’atteindre son but, envers et contre tout. Et c’est sans doute pour cette dernière raison qu’elle mène à bien la mission que lui a confié sa mère. A l’âge où l’on commence à se poser des questions, elle zappe. Mais les épreuves subies, le rencontre avec ce "Jude" représentant pour elle le mal absolu, l’altruisme de celui-ci ne seront pas vains. Nul ne peut sortir indemne d’une telle aventure et Lore pas plus qu’un ou une autre, finalement. Mais pour ce qui la concerne, ce qu’elle en retire sera salutaire. Les dernières images du film sont très explicites à ce sujet… Dans le rôle-titre, l’inconnue pour moi qu’était Saskia Rosendahl livre une performance digne des plus grands éloges…

Note : 15/20

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Samedi 27 juillet 2013

Le film du jour : A Late Quartet (Le quatuor)

Quatre amis, trois hommes et une femme, deux violons, un alto et un violoncelle. Depuis 25 ans, le groupe virtuose vit en parfaite harmonie et parcourt toute la planète en concerts. Et puis un jour, le violoncelliste et plus âgé de tous (Christopher Walken) est diagnostiqué Parkinson. Sa décision de quitter l'ensemble fait l'effet d'une bombe. Au propre comme au figuré. Une remplaçante lui est trouvée, acceptée par tous. Mais avant cela, certaines choses doivent être mises au point pour la suite de la carrière du quatuor. Dès lors, la belle entente tombe en miettes, les rancoeurs, trop longtemps étouffées, surgissent de l'ombre. Les fausses notes se multiplient, les murs se lézardent, le bateau prend l'eau de toutes parts et le naufrage n'est qu'une question de jours. Un quart de siècle d'amitié et de solidarité peut-il voler en éclats si facilement?...

Ce film me fait penser au style qu'affectionnait Brel dans la construction de ses chansons. Ca part gentiment, allant crescendo jusqu'à l'apothéose. Puis, le calme revient pour le dénouement. "A Late Quartet" est une chanson de Brel. Et les interprètes sont les virtuoses qui la mettent en scène. Catherine Keener, Mark Ivanir, Philip Seymour Hoffman et Christopher Walken jouent en mode majeur. Et les deux derniers (Walken est stupéfiant!) sont les solistes d'une sublime partition, tant leur jeu (et non pas leur musique) est exceptionnel. Mis en scène très sobrement par Yaron Zilberman, le film et le scénario se regardent et se suivent dans un ravissement mêlé d'émotions et d'admiration. Le cinéma, pour moi et je l'ai souvent dit, c'est d'abord les actrices et les acteurs. Ce long métrage (le plus beau des 33 que j'ai visionnés cette année) en est la preuve formelle: la plus belle histoire filmée du monde ne peut être considérée comme telle que si elle est servie par des comédiens dotés d'un talent hors norme...

Note : 18/20

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Vendredi 26 juillet 2013

Pascale Arbillot…

Je l’ai découverte en 2008 dans "Parlez-moi de la pluie", d’Agnès Jaoui. Depuis, j’ai vu presque tous ses films. Comédienne innée, aussi à l’aise dans un drame que dans une comédie, elle possède tous les registres et donne à ses scènes de larmes, une illusion saisissante de vérité. C’est beaucoup à cela que je me fie pour évaluer le talent d’une actrice. Je l’ai vue mercredi soir dans un téléfilm, inédit pour moi, diffusé sur France 2; dans "Un soupçon d’innocence", et dans le rôle d’une mère ayant de gros problèmes avec sa fille de 11 ans, elle m’a sidéré. Cette femme, née en 1970, est une comédienne exceptionnelle avec, et ce n'est pas si courant, une présence à l'écran parmi les plus monopolisatrices. A cela, quelle plus belle preuve peut-elle avancer que le sourire ravageur affiché sur cette photo?... Pascale Arbillot. Souvenez-vous bien de ce nom, il sera une référence dans livre de l'excellence du cinéma français avant longtemps…



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Dimanche 7 juillet 2013

Le film du jour : Pour une femme

Nom d'un parfum et convoitise de deux frères rescapés de la barbarie nazie. Malgré leur parcours difficile, à la fin de la guerre tout les oppose. L'un vit heureux, marié à une très belle femme et père d'une adorable petite fille. Il s'en est tiré et il ne pense plus qu'à vivre son bonheur. Un mot qui n'intéresse pas vraiment son frère, lequel passe secrètement sa vie à traquer ceux qui ont fait périr ses parents. En 1947, ils se retrouvent à Lyon et tentent de s'adapter l'un à l'autre. Mais la femme du premier tombe amoureuse du second. Alors, comme dans toute histoire d'amour impliquant trois personnages, tout devient plus compliqué. ...

Diane Kurys, comme elle sait le faire avec l'immense talent qui est les sien, raconte une part de l'histoire de sa vie. Elle n'est pas l'héroïne du film, mais sa fille. Imperméable à ces histoires de grandes personnes, ce n'est que plus tard qu'elle comprendra. L'histoire, malgré quelques manquements, est très belle. Mélanie Thierry et Nicolas Duvauchelle sont excellents, Benoît Magimel (que je n'aime pas trop), moins bon. Mais la beauté et l'intérêt de ce long métrage résident dans le fait qu'il se déroule à une époque très intéressante. A ce niveau-là, il est une vraie réussite...

L'immédiat après-guerre est une époque dans laquelle j'aurais aimé être adulte. En ce temps-là, tout était possible. Le sens des vraies valeurs était une réalité. La reconstruction, le développement personnel, après plus de cinq ans de guerre, étaient de véritables challenges. Contrairement à cette époque-ci qui me navre sur (presque) tous les plans. Le cinéma est pour moi une vraie passion. Et plus je vieillis, plus je me sens proche d'une époque que je n'ai pourtant pas connue. Au point de privilégier de plus en plus un genre cinématographique tel que celui-ci. Une histoire intéressante, un film dans lequel les héros roulent en Peugeot 202, et me voilà parti pour cent minutes de bonheur intégral...

Note : 16/20

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Mercredi 3 juillet 2013

Damned! How that girl is beautiful...

De son passage chez Jimmy Choo, le photographe Mikael Jansson a tiré les clichés ci-dessous. Si le mot "beauté" devait être remplacé par le nom d'une femme, nulle autre que Nicole Kidman ne mériterait cet honneur. Le roux lui sied à merveille et, à 46 ans, elle n'a jamais été aussi belle...






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Mercredi 20 mars 2013

Le film du jour : Jappeloup

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Christian Duguay ne nous raconte pas l’histoire de l’un des chevaux de concours les plus célèbres du monde. Mais aurait-il pu intituler son film "Pierre Durand"? Parce que c’est en fait le parcours extraordinaire de cet homme qui nous est conté ici. L’histoire d’un enfant unique et gâté qui passe tous les week-ends de sa jeunesse en compagnie de son père à sillonner la France pour faire sauter ses chevaux en concours. Pas très talentueux au départ, lorsque l’âge adulte l’atteint, il laisse tomber ce qui pour lui n’était pas vraiment une vocation. Pour son père éleveur, c’est une triste nouvelle. Pourtant, avant de tout abandonner, il a l’occasion de monter un petit cheval sans origines fameuses. Jappeloup est un petit Selle français (1 mètre 58 au garrot) dénué de toute remarquable origine. Mais, et ceci malgré sa taille minuscule, ce hongre bai brun foncé possède des qualités de sauteur exceptionnelles…

Malheureusement, entre le cheval et son cavalier, le courant ne passe pas. Parce que Durand est un égoïste et qu’il veut considérer tout ce qu’il monte comme de la chair à gagner. Il cesse alors la compétition et ouvre un cabinet d’avocat à Bordeaux. Mais très vite, et ceci pour faire plaisir à son père, il revient et commence à s’occuper sérieusement de Jappeloup. Dès lors, les années passent et sont marquées par quelques belles victoires. Jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984. Là, dans l’épreuve pour le titre, il commet une faute de débutant et franchit tout seul le dernier obstacle… Ce n’est qu’après cet échec que Durand apprend à connaître et à écouter son cheval. En même temps que ceux, indispensables, qui gravitent autour de l’homme et de l’équidé. Son père étant décédé, une épouse extraordinaire et une jeune groom exceptionnelle vont alors l’aider à comprendre qu’il ne pourra rien obtenir de ce cheval unique au monde, s’il ne prend pas la peine de l’écouter, de le comprendre, de l’aimer, tout simplement. Je ne vous raconterai donc pas la fin de ce film absolument superbe…

En écrivant le scénario de Jappeloup, Guillaume Canet prouve qu’il est un immense auteur. Comme il l’avait fait pour "Petits mouchoirs", il met dans cette histoire l’accent sur les relations humaines. Et sur l’entente d’un cheval et de son cavalier. Au résultat, 140 minutes intenses, passionnantes, ponctuées par des performances d’acteurs et trices exceptionnelles (Guillaume Canet, Daniel Auteuil, Marina Hands, Lou de Laâge, Marie Bunel). Dans ce long métrage, le cheval est omniprésent. Et ceux qui aiment cet équidé, ce qui est mon cas, vont être comblés. Mais les autres ne seront jamais en reste. Parce que "Jappeloup" est avant tout une formidable histoire d’amour et de relations humaines. L’aventure s’arrête en 1988. Et le Pierre Durand de cette époque n’a plus rien à voir avec celui qui, quatre ans plus tôt, vexé et prétentieux, avait quasiment vendu sa monture à ses vainqueurs américains. Par son refus de Los Angeles, Jappeloup a contribué à faire comprendre à son cavalier et propriétaire que dans la relation entre un homme et un animal, ce n’est pas forcément le premier qui possède les plus belles "qualités humaines". Le film de Christian Duguay en fait la plus remarquable des démonstrations…

Note : 16/20

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Vendredi 8 février 2013

Le film du jour : Zero Dark Thirty

Minuit trente, dans le jargon militaire. L'histoire, une traque comme seuls les Américains savent en mener, était à mes yeux susceptible de se résumer à une longue apologie d'un système démocratique certes, mais néanmoins responsable d'avoir foutu, dans la seconde partie du 20ème siècle, la pagaille un peu partout dans le monde. Son titre prévu initialement devait être "For God and Country" (Pour Dieu et la Nation). De quoi craindre le pire, vous en conviendrez… Mais, si le sujet me rebutait quelque peu au départ, de savoir que Jessica Chastain en était la vedette, a assez vite gommé toutes mes réticences…

Zero Dark Thirty raconte la traque d'Oussama Ben Laden, entre 2003 et le 1er mai 2011, jour de son assassinat par les troupes spéciales américaines. Ce long métrage de Kathryn Bigelow est un thriller de la meilleure facture. Intense, haletant, stressant, intéressant, sans temps morts, en un mot: passionnant! Deux heures et quarante-cinq minutes d'un cinéma tout à fait remarquable. Si, au cours de l'action il est fait plusieurs fois allusion à ces 3'000 victimes innocentes du 11 septembre, il n'est évidemment pas fait mention qu'Al Qaïda a avant tout été constitué pour lutter contre l'impérialisme américain. Les agents de la CIA, traquant OBL (sic), n'ont pas d'états d'âmes. Il doivent retrouver et supprimer cette ordure (au dénouement, et représentatif de leur incorrigibilité, on apprend qu'ils l'avaient surnommée Geronimo). Et leur travail se révèle en tous points remarquable. Sauf que, pour arriver à leurs fins, il ont bien dû se livrer "un tantinet" à la torture, et c'est grâce à elle qu'ils ont réussi à localiser Ben Laden. Des méthodes à l'époque formellement démenties par Obama lui-même.

Au-delà du grand intérêt de l'histoire, et aussi de la trouille que peut inspirer la détermination de certains, et là je ne parle pas seulement du terrorisme islamiste, il y a le film lui-même, la mise en scène et les acteurs. Cinématographiquement parlant, j'ai assisté à un petit chef-d'œuvre. Et, en ce qui me concerne, on le doit principalement à trois éléments: 1. Mise en scène féminine, clairvoyante et sensible, évitant le macho-nationalisme qu'aurait pu y inclure un mec. 2. Les actrices et acteurs, sont tous exceptionnels et crédibles. 3. L'une d'entre-elles, Jessica Chastain, enfin tête d'affiche dans un long métrage, livre une performance exceptionnelle. Présence éblouissante, elle "fait" à mon avis 50 % du film (observez-là lorsqu'elle passe une bordée à son chef d'antenne CIA). Actrice phénoménale, d'un naturel époustouflant, même s'il y a plus jolie qu'elle, il n'y a désormais plus personne qui puisse l'égaler au niveau de son talent de comédienne…

Film exceptionnel donc, qui figurera sans aucun doute au palmarès des Oscar (et au mien aussi). S'il est bien une chose qu'il faut absolument laisser aux producteurs américains, c'est qu'ils savent réunir des équipes capables d'engendrer des chef-d'oeuvres comme personne d'autre sur le globe. Et avec Zero Dark Thirty, on dispose là de l'exemple parfait...

Note : 17/20

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