2012

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Lundi 31 décembre 2012

Un an de cinéma...

Au cours de cette année cinématographique 2012, j'ai vu 46 films (même nombre que l'an dernier). Les notant de 0 à 20, la moyenne s'établit à 13.20 points par film (14.05 en 2011). Voici mon palmarès personnel de l'année écoulée:

Les seize longs métrages ayant obtenu 15 points ou plus:

01. L'enfance volée, de Markus Imboden - 19
02. Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau - 18.5
03. Barbara, de Christian Petzold - 18
03. Cherchez Hortense, de Pascal Bonitzer - 18
03. Lawless, de John Hillcoat - 18
06. Parlez-moi de vous, de Pierre Pinaud - 17.5
07. The deep blue sea, de Terence Davies - 17
07. To Rome with love, de Woody Allen - 17
09. Mince alors, de Charlotte de Turckheim - 16.5
10. 360, de Fernando Meirelles - 16
10. Paris-Manhattan, de Sophie Lellouche - 16
12. A coeur ouvert, de Marion Laine - 15
12. L'amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder - 15
12. Les saveurs du palais, de Christian Vincent - 15
12. The Angel's share, de Ken Loach - 15
12. Un plan parfait, de Pascal Chaumeil - 15

Meilleur réalisateur: John Hillcoat (Lawless)
Meilleur scénario: Jasmine Hoch / Plinio Bachmann (L'enfance volée)
Meilleure actrice: Karin Viard (Parlez-moi de vous)
Meilleur acteur: Jean-Pierre Bacri (Cherchez Hortense)


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Samedi 24 novembre 2012

Il est bien mort le temps de "La Porteuse de pain"…

Années soixante, soixante-dix. En ce temps-là, la télévision occupait une grande partie de mes loisirs. Le sport dans la journée des week-ends, les feuilletons dans la plupart de mes soirées. Je me souviens de toutes les séries françaises diffusées à cette époque. Du "Temps des copains" à "L'homme du Picardie", de "Allo police" aux "Saintes chéries", de "Belphégor à "Vive la vie", en passant par "Vidocq" et "Janique aimée". Elle me passionnaient toutes et, en tant que fictions, ont sans aucun doute débouché sur ma passion pour le cinéma. En 1973, Marcel Camus réalisait une série de treize épisodes ayant pour titre "La Porteuse de pain". Jeanne Fortier, plus tard surnommée "Maman Lison", vous vous souvenez? Injustement condamnée pour un meurtre qu'elle n'avait pas commis, devenue folle puis évadée de prison et retrouvant le véritable assassin de son ancien patron. Dans le rôle titre, Martine Sarcey me fascinait. Je n'avais que dix-neuf ans. Mais j'étais complètement tombé amoureux de cette très belle femme ayant, à une semaine près, le même âge que ma mère. Celle qui, auparavant, prêta sa magnifique voix à "Ma sorcière bien-aimée" (Elizabeth Montgomery), apparaissait en chair et en os sur le petit écran. Et, pour toujours, elle est restée mon personnage préféré parmi toutes les séries télévisées de cette époque (aujourd'hui je n'en regarde plus aucune)...

L'Institut National de l'Audiovisuel (INA) a eu la riche idée de rééditer plusieurs de ces feuilletons sur DVD. Parmi eux figure "La Porteuse de pain". Je l'ai commandé et reçu il y a trois jours. Et j'ai déja revu tous les épisodes. La première émotion vint dès l'audition de la musique du générique. Quarante ans après, je l'ai immédiatement reconnue. Puis, au cours des deux ou trois premiers épisodes (après, la folie et la prison la rendent moins attirante), la beauté de Martine Sarcey m'est apparue aussi frappante que jadis. Cette femme (disparue il y a un an et demi), alors âgée de 45 ans, possédait un charme plus que ravageur et, dans l'intrigue, il apparaît naturel que Jacques, l'ami de son mari décédé accidentellement, en tombe amoureux et tue leur patron à tous les deux par dépit de non réciprocité... Mais, après les cinq heures de pellicule numérisée, et un dénouement que j'avais un peu oublié, force m'a été de constater combien cette série avait été bâclée. La faute, en premier lieu, au réalisateur médiocre qu'était Marcel Camus, mais aussi à une intrigue (oeuvre de Xavier de Montépin) invraisemblable, pour ne pas dire totalement farfelue. Au point de me demander, aujourd'hui, comment ai-je pu jadis apprécier une telle histoire. Il fallait vraiment que je sois très naïf. Mais bon, je n'étais pas le seul car cette série demeure l'un des plus grands succès télévisés du genre en France...

Reste Martine Sarcey, l'héroïne. Deux et quatre ans après ce rôle qui l'a rendue célèbre dans tous les pays francophones, elle tournait, sous la direction de Michel Lang, "A nous les petites Anglaises" et "L'hôtel de la plage". Dans le second, elle était la proie (d'abord farouche, puis consentante) de la flamme ardente et passionnée d'un adolescent qui aurait pu être son fils. Cela m'avait beaucoup troublé et sans doute est-ce l'une des raisons pour lesquelles j'aime énormément ce film, dans lequel cette femme au regard si doux tenait l'un de ses plus beaux rôles. Quant à "La Porteuse de pain" et les 39 ans qui m'en séparent, j'ai pu constater combien il est dangereux de tenter de se replonger avec nostalgie dans une époque définitivement révolue. Ni le bon temps passé, ni l'enthousiasme de le vivre alors, jamais ne reviennent. Le feuilleton est obsolète, la belle Martine s'en est allée, poussant son chariot à pain sur les pavés aplanis de l'éternité et moi, passant désabusé cherchant à tout prix à effectuer un demi-tour que je voulais salutaire, je continue à vivre dans une époque moderne qui vient de me priver d'un souvenir que je croyais à tort empreint d'un goût de miel. Combien cruelle est parfois la vie envers ceux qui ne savent pas (ou qui refusent de) s'en accommoder…



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Mardi 6 novembre 2012

Le film du jour : Amour

Huis-clos déroutant… Deux heures à osciller entre compassion et incrédulité. Haneke montre des choses que l'on ne voudrait pas voir. La réalité d'un amour de vieux, d'une femme à l'agonie et d'un homme qui l'aide et la soutient. L'amour de ces deux-là n'en n'est plus vraiment un, ayant glissé vers la tendresse issue d'une interminable vie commune. Dur pour le spectateur de lutter contre cette espèce d'imperméabilité à leurs sentiments. Pas facile de comprendre pourquoi il la couve pour qu'elle n'ait pas froid. Parce qu'eux deux seuls connaissent la profondeur de leur affection et la solidité du lien qui les unit. La dignité est le maître mot de cette histoire. Et c'est au seuil de la mort qu'elle se fait la plus oppressante, toujours en équilibre instable sur le fil du rasoir de la décence. Alors qu'elle n'est déjà presque plus là, lui demeure seul à connaître la motivation de sa dévotion, indifférent à l'incompréhension même de sa propre fille...

Quelques grands moments de cinéma ponctuent une intrigue lente comme le mouvement des deux amants vieillis. Telle la surprise finale. Car le dénouement est imprévu et débouche sur le seul instant où l'homme ne se retient pas. Son geste alors, est peut-être la plus belle preuve de son amour pour cette femme qui ne parvient même plus à lui sourire… En assistant à ces deux heures résumant une fin de vie plus vraie que nature, j'en ai retiré la conviction que, et même si elle est peu évoquée, l'euthanasie souhaitée par celle (ou celui) qui n'en peut plus, est un droit fondamental. Et qu'une loi soit seule légitime à en décider est la plus grande des injustices. Ce très beau et très interpellateur long métrage, joué par deux comédiens exceptionnels, devrait faire réfléchir ceux qui ont l'outrecuidance de vouloir décider à la place des seuls concernés…

Note : 14/20

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Mardi 18 septembre 2012

Le film du jour : Lawless

Sous la prohibition, les frères Bondurant, bootleggers (producteurs clandestins d'alcool) de leur état, tentent de demeurer indépendants. Contre la pègre et la police corrompue, ils mènent une lutte de tous les instants. Il y a là l'aîné Forrest, taciturne et secret, son frère Howard, un peu fou, et le petit dernier Jack, naïf et sans expérience. La légende dit qu'ils sont immortels. Et on a quelques raisons de la croire, tant l'acharnement de leurs ennemis demeure sans effet sur eux. Basée sur une histoire vraie, l'intrigue nous mène au coeur des magnifiques paysages d'automne de Virginie, au tout début des années trente. Quelques scènes de violences sont bien nécessaires pour donner un minimum de crédibilité à une époque qui n'était rien d'autre, finalement, que le Far West du 20ème siècle. Mais, ceci vite digéré, il reste la magie du cinéma, le travail d'acteur exceptionnel de Tom Hardy (Forrest), de Shia LaBeouf (Jack) et, non des moindres, l'affirmation de cette comédienne fabuleuse qu'est Jessica Chastain...

Que de bien ai-je pu écrire sur Nicole Kidman. Ayant vu (et voyant toujours) en elle la plus grande actrice de son époque. Jessica Chastain est plus jeune de quatorze ans. Elle est donc d'une autre génération. Mais elle possède le même talent! Peut-être encore plus phénoménal que la belle Australienne. J'ai vu ses quatre derniers films depuis deux ans. Et après chaque séance, c'est le ravissement qui succède à la stupéfaction. Mais, dans "The Tree of Life", "The Debt", "The Help", aussi bien que dans "Lawless", les personnages qu'elle interprète sont et demeurent secondaires. A quand un grand rôle de femme pour ce phénomène? Dans ce film-ci, sa présence est réduite à la portion congrue. Mais quelle présence! Une comédienne de génie, bouleversante et qui me laisse bouche bée à chaque seconde de ses (trop courtes) apparitions à l'écran. Je m'arrête là en ce qui la concerne, parce que je ne trouve plus les mots...

Lawless, mis à part mon dithyrambe pas vraiment poétique pour la belle et rousse Américaine, est une oeuvre magnifique. Signée John Hillcoat, elle est passionnante de bout en bout. Eblouissante tant par la photo que par la mise en scène et au travers de son scénario sans temps morts. Un grand "film de gangsters". Le meilleur long métrage, et de loin, que j'aie vu jusqu'ici pour ce qui est de la production américaine de cette année 2012...

Note : 18/20

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Jeudi 6 septembre 2012

Le film du jour : Cherchez Hortense

Dans l'univers de Damien, expert et professeur en civilisation chinoise, tout est gris. Au point qu'il ne remarque même plus les belles couleurs de l'automne. Sa femme Iva se détache de lui et, plus grave, de cela non plus il ne se rend pas compte. Sébastien, son père distant, occupe un poste élevé dans les sphères de l'Etat et lorsque Damien lui demande un petit service, le paternel regimbe et se dérobe. Le vieux n'a de temps pour personne, à part pour le jeune éphèbe qui lui sert sa soupe quotidienne. Un jour, contre toute attente, Iva s'en va. Son homme n'esquisse aucun geste pour la retenir. Cynique et résigné, las et statique, presque immobile, il assiste sans réagir à l'amorce inéluctable de sa déchéance. Pourtant il a bon fond. Généreux et attentif à l'autre, ces qualités ne lui servent à rien dans son couple. Alors, lorsqu'Aurore, jeune femme pauvre et désemparée, lui adresse un sourire admiratif et sincère, Damien tente enfin de remuer son quotidien…

De Pascal Bonitzer, on ne peut pas dire qu'il soit un metteur en scène prolifique. Huit longs métrages, c'est bien peu pour un réalisateur de 66 ans. Et c'est bien dommage. Parce que ce qu'il vient de tourner est en tous points remarquable. J'avais été enthousiasmé par "Petites coupures" (2003), j'ai adoré "Cherchez Hortense". Pour moi, le cinéma d'auteur, c'est ce que fait cet homme. Histoire peu élaborée certes, mais un quotidien que chacun vit ou va vivre un jour dans son existence. Simple mais d'une grande richesse de sentiments et admirablement bien filmée. Et pour donner encore plus de poids à un scénario passionnant, nuls autres que Jean-Pierre Bacri, Kristin Scott Thomas, Claude Rich et Isabelle Carré, n'auraient à ce point donné vie et émotion aux personnages plus vrais que nature qu'ils interprètent avec si grand talent...

"Cherchez Hortense" est le film de la rentrée! Le plus beau depuis "Monsieur Lazhar" et "L'enfance volée". A l'heure où les distributeurs deviennent de plus en plus réticents à acheter des films tels que celui-ci, on ne peut que craindre que le mercantilisme et la rentabilité à tout prix finissent un jour par clore définitivement les petites salles obscures. Et ce ne sont pas les DVD et homes cinémas qui risquent de surseoir à leur trépas...

Note : 18/20

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Dimanche 5 août 2012

C'était un dimanche...

... tôt le matin, en Californie. Le monde s'éveillait dans l'ignorance. Ignorance de ce qu'elle était, de ce que fut sa vie. Sur le papier glacé des magazines, on ne lui autorisait que le sourire, alors que son quotidien se nourrissait de peine, de désillusions, de longs soupirs. Etoile de Hollywood. Star d'un système ne permettant que le paraître. Réduisant l'être à la portion congrue, l'âme au superflu. Marilyn faisait semblant de vivre, et Norma Jeane ne pouvait plus suivre. Alors, un samedi soir, dans sa villa de Brentwood, seule, abandonnée, à la dérive, elle avala quelques cachets de trop. L'a-t-elle voulu? Ou ne fut-ce qu'un bête accident? Peut importe. Ce qui compte, c'est que son désespoir fut la seule cause de sa mort. La seule cause? Mais alors qui est responsable? Ceux qui l'ont créée. Ceux qui l'ont trompée. Ceux qui ont profité d'elle. Ceux qui ont délibérément fermé les yeux sur sa souffrance, ceux qui ont bouché leurs oreilles, qui ont détourné leur regard. Ceux qui ont fermé leur coeur. Ceux qui ont refusé de lui tendre ce bras salvateur qu'elle espérait tant. Alors oui, elle est morte. Et tous les autres ont continué de vivre. En faisant semblant de la pleurer...

C'était un dimanche. Il y a un demi-siècle tout juste. Et le monde, un peu plus tard dans la journée, a appris. Norma Jeane venait de mourir. Mais Marilyn est encore vivante. Son sourire se vend toujours aussi bien. Son aura de déesse n'est pas près de péricliter. Aucune femme, autre qu'elle dans le monde, n'a atteint ce degré de célébrité. Rien n'a changé! Elle est toujours aussi belle (1ère photo)! Et ce jubilé va faire vendre et rapporter comme jamais...

Où es-tu, Norma Jeane? Qu'es-tu devenue? Si tu le peux, ferme les yeux, détourne ton regard de ce commerce qui va t'assassiner pour de bon, et pas comme certaines rumeurs l'ont prétendu en 1962. Moi je sais que tu t'en es allée par désespoir. Morte broyée par un système. Morte de pas avoir pu donner naissance à un de ces enfants que tu adorais. Morte de n'avoir pas trouvé l'homme de ta vie. Morte d'avoir été trop souvent quittée. Morte pour avoir été forcée de faire briller ton étoile. Morte d'avoir si mal supporté la célébrité. Tu n'étais qu'une petite fille normale, Norma. Naïve et pure. Puis abusée, exploitée, violée. Tout en toi n'était que candeur, douceur et bonté. Tu était la femme idéale. L'épouse d'un seul homme. La mère de famille heureuse, émouvante au coeur de sa marmaille. Tout cela te serait allé à merveille. Et tout cela, tu ne l'as pas eu. Tu es morte à trente-six ans. En plein désarroi (2ème photo). Et moi qui suis allé deux fois m'incliner devant ta dernière demeure, dans ce champ de Westwood, constellé de hauts palmiers effleurant les nuages comme s'ils caressaient ta chevelure légère, il m'arrive de me demander parfois: comment as-tu fait, Norma Jeane, pour tenir aussi longtemps?...



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Jeudi 26 juillet 2012

Deux pour le prix d'un...

1. Paris-Manhattan

Une histoire simple. Essentielle, pourtant, à certains égards. Parce que ce conte juif remet certaines choses à leur place, bouscule quelques relents d'idées imbéciles et primaires que les antisémites manient avec délectation. Dans nos vies, nos espoirs, nos craintes, nos réussites et nos échecs, nous sommes tous pareils. Face à l'amour, nous sommes tous pareils. Nous sommes tous pareils! Alice Taglioni se pare doucement de l'étoffe d'une grande, Bruel est excellent, Aumont aussi et Marine Delterme sublime. Sublime, mais tellement trop rare sur grand écran. Sophie Lellouche réalise un très beau premier long métrage, tout en nuances, subtilités, finesse et touches pastel. Et la présence, même furtive, de Woody Allen est une idée très originale...

Note : 16/20

2. 360

Tranches de vies. Entre l'Europe et les Etats-Unis, entre des hommes et des femmes qui se rencontrent. Des jeunes, des vieux, des riches, des pauvres, prostituées ou hommes d'affaires, à la dérive ou se persuadant d'être heureux. Point commun? Nul n'est vraiment bien dans sa peau. Melting pot de sentiments tendant vers un but unique: aller mieux dans un monde à la mesure de personne. Quelques magnifiques séquences. Dans lesquelles Maria Flor et Rachel Weisz éblouissent, Ben Foster en impose et Anthony Hopkins démontre, une fois encore, un talent gigantesque. De petites histoires débridées, reliées entre elles par le fil écarlate d'un amour qui, surgissant de chaque coin d'image, vous éclate dans le coeur. Un film original et beau comme un jour d'été pas vraiment propice à squatter la salle obscure. Et pourtant…

Note : 16/20

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Mardi 10 juillet 2012

Le film du jour : To Rome with love

Woody Allen poursuit sa tournée des villes qui le fascinent. Après Paris, vient le tour de Rome. On n'en fait pas le tour, mais on voit les grands classiques, sur une musique entraînante qui lui sied bien. Et puis, on y découvre surtout quelques petits quartiers, de magnifiques ruelles qui donnent envie de découvrir la ville, pour ceux qui ne l'ont jamais vue. Ce qui est mon cas. Décor en place, l'action peut commencer. Je ne vous la raconterai pas. Parce qu'il y a trop à en dire. Parce qu'elle est trop variée. Parce qu'elle est inénarrable. Cette balade de l'amour, sur fonds de vieux murs et de personnages célèbres, ou qui vont le devenir, il faut aller la voir. Oh, bien sûr, si vous aimez le fantastique, le suspens intense, les bagarres, la violence ou la science fiction, abstenez-vous! Dans ce film, tout n'est que douceur et volupté. Cent dix minutes de ravissement. Ponctuées par la fougue joyeuse de Roberto Benigni, le décalage très à côté de la plaque de Woody Allen, la lucide nostalgie de l'imposant Alec Baldwin. Et puis et non des moindres, il y a la spontanéité rayonnante d'une Penélope Cruz au sommet de son art et dont le physique post-grossesse lui a laissé quelques formes peu descriptibles, tant elles sont divines. Les autres, les moins connus, sont tous excellents, jusques et y compris le vrai agent de police faisant la circulation au début du film...

Les images sont belles, chaudes, souvent tournées au crépuscule. La mise en scène est parfaite, le scénario d'une originalité ne pouvant émaner que du cerveau de ce génie cinématographique qu'est Woody Allen. Sans temps morts, drôle, décalé, farfelu (l'histoire du ténor qui devient célèbre en chantant sous la douche en est le parfait exemple), "To Rome with love" représente le film de divertissement, la comédie dans sa perfection absolue. Ne lui manque que cette part d'émotion(s) intense(s) que je recherche de plus en plus avec l'âge. Mais ici, elle n'a pas vraiment sa place, parce qu'on est là avant tout pour s'amuser. Et par les temps qui courent, c'est un luxe dont on aurait grand tort de vouloir se préserver...

Note : 17/20

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Jeudi 21 juin 2012

Le film du jour : The Deep Blue Sea

Londres, dans l'immédiat après-guerre. Hester (Rachel Weisz), jeune femme mariée à un avocat de trente ans plus âgé qu'elle, rencontre Freddie (Tom Hiddelston), pilote anonyme de la Bataille d'Angleterre. L'histoire d'une passion entre deux êtres qui, de prime abord, semblent faits l'un pour l'autre. Mais les prémices de l'amour sont souvent trompeurs... Freddie est à la dérive, largué, comme tant de ses compagnons d'arme après la guerre, dans une monde dans lequel il n'est plus héros. Sa bataille est désormais celle qu'il livre contre l'alcool qui le submerge, emportant tout sur son passage, y compris sa passion pour Hester. La jeune femme, elle, livre aussi son combat. Dans les ruines encore visibles de la capitale et contre le destin qui semble, entre tous ces murs détruits, vouloir engloutir aussi son rêve et l'amour gigantesque qu'elle voue à son amant. Mais rien n'y fait. L'adversaire est trop fort, trop lourd pour ses frêles épaules. Alors, le jour de son anniversaire, elle décide d'en finir avec la vie. Heureusement, cette passe d'arme-là, elle va la perdre…

Dès les premières images, j'ai senti que ce film allait me faire vibrer. L'époque était propice. L'atmosphère, brouillard et nuits humides londoniennes, en un défilement d'images au rythme feutré de l'amour initial qui vous fait tourner la tête. Courte tranche de la vie d'une femme dont on ne sait rien, ni de ce qu'elle a vécu, ni pourquoi elle vit avec cet homme âgé qui jure dans son paysage. L'histoire, son histoire d'amour avec Freddie, est le seul sujet du scénario. Et il suffit amplement, tant Rachel Weisz donne à son personnage, attrait et crédibilité. Performance à l'écran digne de tous les éloges. L'actrice britannique, d'origine austro-hongroise, éclate enfin avec un rôle qui fera date dans sa filmographie. Miraculeusement mise en scène par Terence Davies, la comédienne tient ce film à bout de bras et sa lutte intense pour que l'amour ne meure pas se révèle bouleversante. Jusqu'au bout des ses forces, elle va se battre, épaulée par le spectateur qui ne peut et ne veut pas qu'elle sorte vaincue d'un si noble combat…

Dans la salle obscure, j'ai lutté avec elle. Parce que son quête est universelle et que comme cela arrive très souvent, paraissant perdue d'avance. Perdu, il l'a été, comme englouti dans les flots bleus et profonds de la mer, mais dans un dénouement subtil et rempli d'espoir. L'espoir, le mien, il revient à chaque fois que je sors d'un telle séance. Parce que le cinéma, les histoires et les actrices qui les défendent font (et celles-ci en sont le plus bel exemple), comme rien d'autre dans ce monde, que je puisse continuer à me sentir vivant sans que cela ne me semble plus servir à rien…

Note : 17/20

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Mardi 22 mai 2012

Le film du jour : Barbara

RDA, 1980. Le docteur Barbara Wolff (Nina Hoss), exerçant dans une grande clinique de Berlin, est un jour muté dans un obscur hôpital de la région de Rostock, au nord du pays, très proche de la mer Baltique. Ceci uniquement pour avoir formulé une demande de quitter le territoire national. A son nouveau poste, Barbara tente de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Epiée et harcelée par la STASI, elle reste cependant très froide à son entourage, se méfiant de tout le monde, y compris d'André (Ronald Zehrfeld), le médecin chef qui tombe rapidement amoureux d'elle. Mais Barbara n'a pas oublié son but. Elle prépare secrètement son passage à l'ouest, projetant de rejoindre le Danemark par la mer. Mais juste avant que son rêve ne se concrétise, des événements inattendus semblent soudain vouloir contrarier sa quête de liberté…

"Barbara" est un film superbe. Le plus beau de l'année après "L'enfance volée" et "Monsieur Lazhar". Du cinéma comme je l'aime, sans violence inutile, chargé d'émotion et traité sobrement. Une étude psychologique passionnante de personnages qui ne le sont pas moins, au cœur d'un pays satellite de Moscou baignant dans la suspicion et où le mot liberté avait été banni des dictionnaires. Cette apparente froideur de Barbara prend une place énorme dans le film. Et même si l'on peut la comprendre, on aimerait bien qu'elle s'en défasse un peu. Il faudra attendre le dénouement (génial!) pour se rendre compte que le cœur de cette belle jeune femme est immense et très peu commun. Christian Petzold, le metteur en scène, réalise une performance digne de tous les éloges, justement récompensée au Festival de Berlin. Les acteurs, Nina Hoss en tête, sont exceptionnels de justesse et les décors parfaitement révélateurs (paraît-il) de ce que fut ce pays pendant quarante-cinq ans…

Note : 18/20

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Mercredi 25 avril 2012

Le film du jour : L'Enfance Volée

Quel coup de poing dans l'estomac! Une histoire extraordinaire. Représentative de tant d'autres, vraies et incroyables au coeur du 20ème siècle. Des enfants orphelins, ou arrachés à leur famille sous prétexte qu'elle ne pouvait subvenir à leur besoin. Placés arbitrairement, à gauche ou à droite. Sans examen préalable, sans que l'enfant puisse émettre ne serait-ce qu'un souhait. On les donnait comme on donne des petits chats… 100'000 enfants ainsi voués au plus sombre des destins, dès la fin de la guerre (et même avant pour certains) et jusqu'à la fin des années soixante. Battus, exploités, certains même abusés. Froidement, ignoblement, inhumainement. Ca se passait en Suisse, pas ailleurs, chez nous, dans ce pays sans histoires qui, aujourd'hui seulement, commence à ouvrir les yeux. Lentement, douloureusement, parce qu'un tel passé est difficilement assumable…

Scénario magnifique, lumière et paysages éblouissants (il fallait bien cela pour atténuer quelque peu la noirceur du sujet), réalisation très classique (terme non péjoratif) et pleine de maîtrise, Markus Imboden met en scène un chef-d'œuvre! Qui sera bientôt reconnu comme le plus beau long métrage de toute l'histoire du cinéma helvète. Similaire à bien des égards, cette bouleversante histoire, admirablement interprétée par tous les acteurs, rivalise de grandeur avec "Le ruban blanc", l'œuvre la plus aboutie de Michael Haneke. Aller voir ce film est une nécessité. Ne serait-ce que pour rendre hommage à ces enfants déracinés qui ont tant souffert...

En prétendant, il y a quelques semaines, que "Monsieur Lazhar" ne serait pas égalé, je concluais un peu vite une année cinématographique dont "L'enfance volée" culminera au sommet. Là, aucune doute à ce sujet. Sorti l'an dernier en Suisse alémanique (immense succès), malheureusement ce bijou de film n'est visible qu'en Suisse romande. Il n'est hélas pas prévu qu'il sorte en France, du moins pour l'instant…

Pour plus d'informations sur le sujet :
A télécharger - français - format PDF

Note : 19/20

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L'histoire :

A même le sol, un linceul est déroulé, dans lequel le corps sans vie d'un enfant est déposé, puis emmené. Tout cela sous le regard apparemment triste du reste de la famille. Dans un paysage enneigé de Suisse, un cheval tire une charrette sur laquelle est posé un petit cercueil. Escorté par deux hommes en noir, le convoi remonte la pente menant à une ferme isolée. Nous sommes dans le canton de Berne, dans les années cinquante et les Bösiger viennent ainsi de "perdre" le premier enfant que l'assistance publique leur avait confié…

Max, un adolescent de seize ans, alors placé dans un orphelinat, prend bientôt la relève. Déplacé là, contre son gré, et amené chez les Bösiger par le très complice pasteur du village. Mais l'Etat l'a décidé et paie à ses nouveaux "parents" une pension mensuelle qui n'est pas de trop pour faire vivre la famille de paysans. Il y a là le père, colérique, alcolique et dépressif, la mère, parfois douce et caressante mais d'un fond mauvais, cruel et manipulateur, et le fils d'une vingtaine d'années, qui s'accommode de cette hérédité avant de voler de ses propres ailes dans le parfaitement odieux… Max devient l'esclave de ses "bienfaiteurs". Battu et privé de droits, il survit grâce à l'accordéon que sa mère lui a laissé, son seul bien matériel, duquel, extrêmement doué, il tire la quintessence. Dans la ferme, il est bientôt rejoint par Berteli, une jeune fille un peu plus jeune que lui, arrachée, comme ses deux sœurs, à sa mère qui vit seule et ne peut plus subvenir à ses besoins. D'abord, Max refuse cette "concurrente", mais la dureté de la vie et les sévices subis par les deux jeunes gens, finit par les rapprocher l'un de l'autre…

Dans cet environnement hostile, Max et Berteli ne bénéficient que d'un soutien véritable, celui d'Esther, la jeune institutrice qui vient d'arriver dans la commune. Celle-ci remarque que le garçon porte des traces de coups. Elle tente de le faire parler, mais sans succès. Max se tait, conscient que ses confidences pourraient lui valoir le pire. Alors Esther tente de remuer une république au sein de laquelle l'immobilisme est une tradition séculaire. Très vite, son entêtement lui coûte sa place… Jakob, le fils de la ferme, entre alors en scène. Haï par son père mais adoré par sa petite maman, habité de pulsions qu'il refoule depuis trop longtemps, il voit en Berteli le jouet parfait destiné à assouvir ses fantasmes. Sa bestialité devient vite une habitude et le jour où sa mère apprend la chose par la bouche même de Berteli, sa haine pour la petite ira au-delà de tout ce qui est imaginable. Max, révolté, met alors à exécution le projet de fuite qu'avec Berteli, tous deux avaient mis au point. Mais hélas, il part seul…

Le dénouement se joue à des milliers de kilomètres de là, où l'on retrouve Max, aujourd'hui, en train de donner un concert de bandonéon…

BANDE ANNONCE     PHOTOS DU FILM (Crédit des clichés ci-dessous)



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Dimanche 8 avril 2012

Claude Miller...

"La meilleure façon de marcher", "Dites-lui que je l'aime", "Garde à vue", "Mortelle randonnée", "L'effrontée", "La petite Lili", "Voyez comme ils dansent"... Sept films que j'ai adorés. Claude Miller, comme Alain Corneau et Bertrand Blier, a été le cinéaste de ma jeunesse. Après les comédies de Bourvil et de Funès, après Marlène Jobert, tous trois idoles de mon adolescence, l'âge adulte m'a fait découvrir ces trois metteurs en scène exceptionnels. Entre 1974 et 1986, tout ce qu'ont tourné ces trois-là représente une somme de pellicule qui a marqué l'histoire du cinéma français. Pour s'en convaincre, ajoutons à la liste ci-dessus "Les valseuses", "Préparez vos mouchoirs", "Buffet froid", "Beau-père", "La femme de mon pote" "Notre histoire" "Tenue de soirée" pour Blier; "Police python 357", "La menace", "Série noire", "Le choix des armes", "Fort Saganne" pour Corneau. Ce dernier, disparu il y a un an et demi, vient d'être rejoint par Miller. Ne reste plus que Blier, hélas un peu au creux de la vague depuis quelques temps. Et puis, comme j'en parlais dans le sujet précédent, tous ont fait tourner Patrick Dewaere... De Claude Miller, si je devais retenir un seul de ses films, ce serait "Dites-lui que je l'aime". Une histoire d'amour bouleversante et la révélation pour moi d'une actrice qui, je trouve, manque terriblement au cinéma français: Dominique Laffin, morte à trente-trois ans et qui n'a jamais été remplacée...


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Samedi 7 avril 2012

Lola Dewaere, le sourire de son père...

Elle avait deux ans et demi lorsque son père décida que la comédie avait assez duré. C'était l'été 1982. Sa mère avait quitté Paris, l'avait emmenée avec elle, pour aller rejoindre, sous le soleil des Antilles, celui qui avait offert à son papa, la funeste carabine. Née le 4 décembre 1979, il y a peu de chances qu'elle se souvienne de lui, de Patrick Dewaere, le plus grand comédien français de sa génération. Lui qui, fou de douleur à l'idée de ne plus revoir sa fille, aurait ainsi décidé d'en finir avec la vie... La suite, son enfance, son adolescence, ont été difficiles. Elles l'auraient été à moins. Mais, les gènes de son père ne se sont pas perdus. Le physique, le talent, la présence à l'écran sont bien là. Elle vient de tourner son premier long métrage. Un rôle principal révélateur et mérité. Mise en scène par Charlotte de Turckheim dans "Mince alors!", Lola Dewaere éclate. Magnifique jeune femme de trente-trois ans. Rayonnante, resplendissante, sublime, portant divinement ses dix kilos superflus (thème du film). Pour moi, un choc, une révélation. Car, en plus de toutes ses qualités, il y a ce visage, ce sourire, ces mimiques, intimement liés à ceux de son père et omniprésents durant les cent minutes qu'elle passe à illuminer l'écran. Quelle tristesse lorsque j'ai appris que son père s'en était allé. Quelle joie de retrouver, un tiers de siècle après, un peu de tout ce qui m'avait fait aimer ce comédien exceptionnel. Merci Lola...



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Jeudi 9 février 2012

Le film du jour : Monsieur Lazhar

Un hiver québécois, neigeux, glacial. Une classe d'enfants de onze ans. Comme tant d'autres… Sauf qu'un élève tombe sur une vision d'horreur, au sein même de sa classe, qu'il n'aurait pas dû voir. Lui et ses petits camarades sont sous le choc. Proviseur, enseignants et psychologues tentent de gommer le traumatisme, de faire oublier ce drame qui concerne tous les enfants. Au milieu de cela, débarque Bachir Lazhar. Immigrant algérien, à la recherche d'un poste d'instituteur, l'homme tente sa chance dans ce collège amputé d'une de ses enseignantes. Sceptique, la directrice l'engage néanmoins. Grâce à cet emploi inespéré, Bachir tente de survivre à sa propre tragédie. Sa sensibilité et sa vision très personnelle de l'humanité font merveille. Très vite, les enfants reprennent confiance. Mais, dans sa prospection d'une vérité que le corps enseignant tente maladroitement de lui dissimuler, Monsieur Lazhar se tourne vers l'univers théoriquement rempli d'innocence de sa classe. Ne se doutant certainement pas que deux de ses élèves lui réservent quelques surprises…

Dans un voyage au cœur de l'humanité, Philippe Falardeau, metteur en scène québécois, réalise une œuvre digne de tous les éloges. Bouleversant et d'une justesse exceptionnelle, tout dans son film tend à la perfection. Sa perception de la psychologie chez les enfants approchant de l'adolescence confine au miracle et ce qu'il leur fait dire et faire cloue le spectateur à son siège, souffle court et cœur au bord de l'implosion. Jouées par deux des héros de cette histoire (Sophie Nélisse et Emilien Néron), quelques scènes, ahurissantes de sincérité pour des enfants de onze ans, m'ont littéralement anéanti par leur impact. Jamais je n'ai vu cela dans le jeu d'acteurs si jeunes! Et puis, au milieu de ce drame, il y a Monsieur Lazhar... Magistralement interprété par Fellag, un comédien inconnu pour moi mais au talent exceptionnel, cet homme brisé par un traumatisme bien plus violent que celui vécu par les enfants, traverse le film avec une sagesse, un bon sens et une humanité immensément réconfortants…

Nous ne sommes qu'à mi-février et déjà je sais que le plus beau film de l'année sera celui-ci. Je le sais tellement que je vais aller le voir et le revoir. Parce que magnifique et si touchante, une histoire pareille (alors même que je me demande si elle eût été possible ailleurs qu'au cinéma) me réconcilie un peu avec l'âme humaine (si belle chez tous ceux qui ont conçu ce chef-d'oeuvre, peut-être qu'elle existe ailleurs aussi) et qu'elle contribue, pendant la centaine de minutes que dure le film, à me faire trouver belle la vie…

Note : 18/20

VIVE LE CINEMA EN SALLE OBSCURE !



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Mardi 17 janvier 2012

Le film du jour : Parlez-moi de vous

Un automne à Paris. Comme tous les soirs, Melina écoute les confidences de son auditoire. Son émission radiophonique est un immense succès. Belle et riche, l'animatrice refuse pourtant qu'on diffuse son image. Après deux heures passées sur les ondes, elle rentre chez elle, retrouve et parle à son chien, allume une cigarette et, sur son balcon, profite un peu de la douceur de la nuit. Après quoi, elle regagne sa tanière et s'enferme dans un placard pour y passer la nuit...

Drame de l'existence, perte de ses repères, refus d'affronter l'autre en dehors du confort feutré de son émission, Melina est, à la ville, tout le contraire de ce qu'elle paraît sur les ondes. Femme seule, petite fille abandonnée dès sa naissance, le traumatisme, quarante ans plus tard, est toujours là. Mais l'espoir fou de retrouver sa mère, de l'entendre lui dire qu'elle n'a jamais cessé de l'aimer, la pousse à sortir de sa coquille, à faire une approche extrêmement difficile, de laquelle elle espère peut-être un peu trop...

Une Karin Viard (Melina) sublime, dans un film qui ne l'est pas moins. La quarantaine affirmée et d'une beauté, d'un charme, d'un talent et d'une classe ébouriffants, elle évolue pendant 90 minutes dans un registre dramatique exceptionnel. Ce film magnifique semble avoir été écrit pour elle. Et personne, mieux qu'elle, n'aurait réussi à me tenir scotché à son aura, suspendu au rayonnement unique que diffuse cette femme surdouée qui, aujourd'hui, confirme qu'elle est bien la meilleure comédienne française de son époque...

Note : 17/20

VIVE LE CINEMA EN SALLE OBSCURE !



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