2009

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Jeudi 31 décembre 2009

Un an de cinéma...

Comme l'an dernier et en 2007, j'ai vu 37 films cette année. Les notant de 0 à 20, la moyenne s'établit à 13,15 points par film (13,03 en 2008). Voici donc mon palmarès personnel de l'année écoulée...

Les dix meilleurs films :

1. Le ruban blanc, de Michael Haneke - 19 points
2. Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino - 18
2. Le hérisson, de Mona Achache - 18
2. The Reader, de Stephen Daldry - 18
5. Whatever works, de Woody Allen - 17
6. Che - l'Argentin, de Steven Soderbergh - 16
6. L'enfer de Henri-Georges Clouzot, de Serge Bromberg - 16
8. Le concert, de Radu Mihaileanu - 15
8. Revolutionary Road, de Sam Mendes - 15
8. The curious case of Benjamin Button, de David Fincher - 15

Meilleur réalisateur: Quentin Tarantino (Inglorious Basterds)
Meilleur scénario: Michael Haneke (Le ruban blanc)
Meilleur acteur: Christoph Waltz (Inglourious Basterds)
Meilleure actrice: Penélope Cruz (Etreintes brisées)


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Jeudi 10 décembre 2009

Le film du jour : Le ruban blanc

Dans le nord de l'Allemagne, il y a près d'un siècle, une petite bourgade protestante, sans doute pareille à mille autres, vit paisiblement, jusqu'au jour où des événements très graves perturbent le cours fluide de la vie. Le médecin du village, montant son cheval, est victime d'une chute. Il est assez gravement blessé, alors que son cheval doit être abattu. Constatation évidente, les deux ne sont pas tombés sans raison. Ils ont été victimes d'un attentat. Dans le bourg austère, on commence à découvrir les personnages. Le baron donne du travail à tout le monde. Le pasteur élève sa progéniture dans une stricte rigueur, sans doute la même dont faisait preuve son propre père... Le docteur, après un séjour à l'hôpital, rentre chez lui et montre son vrai visage. Quant aux enfants, omniprésents et comme beaucoup, ils ne sont que des enfants subissant le comportement des adultes. Quoique…

Michael Haneke construit son film comme un thriller. Mais un thriller qui n'ira pas jusqu'au dénouement. Chaque spectateur devra construire le sien dans son esprit. Déroutant. Déroutant mais juste et immensément interpellateur… Le scénario est parfaitement ficelé, telle la meilleure des intrigues. En noir et blanc, le cinéaste fait une intrusion admirablement réussie dans le cercle des familles et au coeur de leurs conflits. Dans cette Allemagne de 1913, le rigorisme des adultes est ahurissant. Surtout celui des hommes! Car celui des femmes, si elles en sont atteintes, demeure étouffé par le poids de l'oppression maritale. Peu de sourires dans cette œuvre majeure du cinéaste autrichien, si ce n'est celui de l'instituteur craquant pour une gentille et timide jeune fille que son père tient en laisse. Les pasteur, intransigeant et rigide comme la colonne Vendôme, exige que ses enfants l'appellent "Herr Vater" et lui baisent la main, ceci sous le regard attendri de la Muter… L'aîné dort avec les mains liées au sommier de son lit, ceci pour réfréner les aspirations naturelles, manuelles et légitimes d'un garçon de quatorze ans. Le toubib est un pervers qui, veuf, soulage ses pulsions sexuelles sur une gouvernante parfaitement soumise. Pire et abject, sa propre fille, adorable adolescente s'occupant avec amour de son petit frère, est contrainte également d'en subir les conséquences…

Dans le village, les saisons avancent et les incidents se multiplient. Deux autres enfants sont victimes de traitements odieux. La police débarque et tente de mener l'enquête. Une jeune fille est emmenée. Elle sait visiblement quelque chose. Mais quoi? Le spectateur construit sa propre théorie, cependant que l'instituteur arrive à ses propres conclusions. Il en parle au pasteur qui, outré, lui promet les pires déboires dans sa profession. Mais 1914 arrive. L'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, déclenche la Première Guerre Mondiale. Et le film s'arrête là… Déroutant? Pas tant que cela. Car ce qui s'annonce pour les années à venir est tellement plus grave que ces "péripéties" sans doute présentes dans bon nombre d'autres villages du pays. La guerre deviendra le leitmotiv servant à faire oublier toute ces saletés, ces comportement abjects, tout ce manque flagrant d'humanité. Les enfants, victimes ou bourreaux? Allez savoir… Ce qui est sûr, c'est que leurs parents ne les ont pas préservés d'un comportement qui, un quart de siècle plus tard, allait peut-être inciter certains d'entre eux à s'engager activement dans la Seconde Guerre Mondiale…

Le ruban blanc, que doivent porter les enfants du pasteur, est là pour leur rappeler la distance qui les sépare de la pureté qu'exige la religion chrétienne. Ceux qui ne le portent plus sont donc conformes à l'esprit chrétien et les adultes méprisables du film en font partie. Belle leçon, belle morale, belle preuve que la foi est purificatrice. Ca se passait en 1913, il y a près d'un siècle. Mais aujourd'hui, qu'est-ce qui, sur ce plan-là, a radicalement changé?…

Voyage exemplaire et, ô combien, instructif dans ce labyrinthe qu'est le nid de l'âme humaine, film magnifique, scénario hors du commun, actrices et acteurs (pour la plupart inconnus) éblouissants, image parfaitement traitée pour marquer le poids des ans nous séparant de cette intrigue, réalisation exemplaire, "Le Ruban Blanc" mérite mille fois la Palme d'or qui lui a été décernée à Cannes cette année. Une œuvre bouleversante dans laquelle Michael Haneke ne vous sert pas tout sur un plateau. La violence est souvent suggérée, les preuves sujettes à caution, la conclusion aléatoire. Le manque de certitudes concernant cette dernière, s'il est quelque peu déroutant sur le moment, force la réflexion. Et c'est bien connu, de celle-ci jaillit souvent la lumière…

Note : 19/20

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Vendredi 4 décembre 2009

L'enfer, d'Henri-Georges Clouzot...

Cantal, été 1964. Romy Schneider émerge d'une grosse peine de coeur. Quelques semaines plus tôt, Delon la quitte pour se jeter dans les bras de Nathalie et pour lui faire un enfant. Romy fait front et mise tout sur sa carrière. Elle a 26 ans et le grand Clouzot lui fait signe. "L'Enfer" est l'histoire de Marcel, un homme banal, marié à Odette, une très belle femme, beaucoup plus jeune que lui. D'une jalousie maladive, Marcel va, dans un lent processus, sombrer dans la folie. Serge Reggiani et Romy Schneider se croisent ainsi pour la première fois sur un plateau de cinéma. L'action se déroule au pied du superbe viaduc de Garabit, au sud de Saint-Flour, dans le Cantal. Après plusieurs mois d'essais divers tournés dans les studios de Billancourt, l'équipe prend possession du Garabit Hôtel, rebaptisé pour la circonstance, Hôtel du Lac. Même si le titre du film est évocateur, personne ne se doute encore que le tournage se résumera à cela… Le très exigeant Clouzot, metteur en scène génial, veut entreprendre le chef d'œuvre de sa vie. Mais son perfectionnisme se retourne contre lui. Il décourage toute l'équipe et, après quinze jours de tournage, Reggiani claque la porte et s'en va. Clouzot accuse le coup et engage Trintignant, qui se déplace mais repart presque aussitôt. Après une semaine de galère et d'errements, le réalisateur est victime d'un infarctus. Il survit mais le film est mort-né… Plus de 40 ans après, Serge Bromberg parvient à décider Inès Clouzot, la seconde femme et veuve du metteur en scène, de lui céder les droits des 185 bobines ayant été tournées par son défunt époux, décédé en 1977. Dans ce lot, la grande majorité ne se résume qu'à des essais. Plus de son, que des images. Mais quelles images…

Romy Schneider y est magnifique. Totalement sous l'emprise de son metteur en scène (comme toujours), elle va jusqu'au bout de son (court) délire. Certaines scènes sont osées (pour l'époque) mais Clouzot filme sa muse à la perfection. En noir-blanc ou en couleur, la délicieuse actrice révèle une beauté époustouflante et fait ainsi un pied de nez gigantesque (si, si!) à l'image façonnée par les mièvreries cul-cul la praline d'une impératrice austro-hongroise. Romy est sublime et nous incite presque à comprendre la jalousie de son mari. Pas en reste quant à son image, à 42 ans et au faîte de sa gloire cinématographique (juste avant de basculer dans la chanson avec le succès que l'on sait), Reggiani impose le respect et donne un aperçu (hélas muet) de son phénoménal talent d'acteur. Ces deux-là, j'en suis certain, auraient eu tout à gagner d'inscrire leurs noms au générique d'un film constellé de belles promesses. Les quelques bobines du tournage proprement dit sont peu nombreuses mais le peu qu'on en voit ne peut que nous faire regretter que ce film ne soit pas allé à son terme… Pour la petite histoire (non contenue dans le film), Serge et Romy noueront une courte idylle lors de cet été de 1964. Mais cela ne durera pas et Serge retournera auprès de sa femme Annie Noël, alors que Romy rencontrera et épousera Harry Meyen.

En quittant la salle, j'éprouve un sentiment bizarre. Ce viaduc de Garabit, construit par les ateliers Eiffel, je le connais. L'hôtel dans lequel l'action a été tournée, j'y ai séjourné (sans le savoir) en 2006, lorsque j'étais parti sur les traces de "La Grande Vadrouille". Ce lac artificiel, sur lequel Romy fait du ski nautique, se prolonge jusqu'au château d'Alleuze et jusqu'au barrage de Grandval, hauts lieux du tournage de ce classique de Gérard Oury, deux ans après "L'Enfer". Reggiani, Romy Schneider, Clouzot, Bourvil, Oury, tous ont quitté ce monde et tous font partie de mon panthéon personnel du 7ème Art. Alors que des images les réunissent tous dans mon esprit, par une séance de cinéma des plus émouvantes, ne fait que raviver en moi la constatation que le temps où tout ce petit monde vivait encore, s'éloigne de plus en plus. Raison de plus pour inscrire ce film parmi les plus beaux de l'année…

Note : 16/20

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Vendredi 6 novembre 2009

Le film du jour :  Le concert

Non, ce n'est pas de celui du Nouvel An que j'aimerais vous parler. Mais plutôt de celui de Radu Mihaileanu. Dernier film vu en 2009, j'en attendais beaucoup... Grâce à un magistral coup de bluff, Andrei Filipov (Aleksei Guskov) un ex-grand chef d'orchestre russe, démis de sa fonction sur un coup de tête de Brejnev, parvient à se faire engager par le Théâtre du Châtelet pour donner un concert à Paris. Mieux, c'est en qualité de chef (usurpateur) du grand orchestre du Bolchoï qu'il doit se déplacer dans la capitale française. Et ceci avec tous ses anciens musiciens, ayant jadis subi le même sort que lui. Même dans la Russie d'aujourd'hui, organiser un tel voyage n'est pas une sinécure. Mais l'entreprise réussit et tout ce petit monde débarque à Paris. Andrei désire, à l'occasion de ce concert, interpréter des œuvres de Tchaïkovksi et, comme soliste, il exige et obtient Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent), une violoniste française, orpheline et élevée pas son agente (Miou-Miou). Et ce choix n'est apparemment pas forcément lié au seul talent de la jeune prodige...

Sur un sujet original et un fond d'intrigue prometteur, Radu Mihaileanu met en scène un joli film, même si celui-ci m'a laisé un peu désabusé. L'arrivée de la troupe à Paris est grand-guignolesque et l'immaturité des musiciens assez incroyable. Andrei, le chef de la meute, a des souvenirs douloureux qu'il désire raviver en présence d'Anne-Marie. Mais il le fait de façon si maladroite qu'il en devient presque pathétique. Mais, dès l'enrtrée en scène de la violoniste, la lumière jaillit, tout comme l'intérêt du film. Mélanie Laurent, en actrice au talent gigantesque, remet le navire pleinement à flots. De son regard tendre et de son époustouflante beauté, elle donne tout son sens à cette histoire si déroutante dans son début. Elle et Andreï ont des choses à se dire, lui surtout. Mais, par sa maladresse et ramant sans grande raison dans sa confession, l'incompréhension s'installe entre eux. Et cela m'a beaucoup perturbé...

A ses côtés les acteurs sont tous bons, et Aleksei Guskov excellent. Quant à l'héroïne de ce long métrage un peu déroutant, de film en film, Mélanie laurent s'affirme et c'est un bonheur que de le constater! Elle est à l'aube d'une carrière phénoménale et possède dans ses mains, dans son regard et par son talent, tout ce qu'il importe d'avoir pour devenir la prochaine plus grande actrice française, voire internationale. Quentin Tarantino, dans son dernier film (Inglourious Basterds), ne s'y est pas trompé, lui qui, dans ce domaine, en connaît un sacré rayon...

Note : 14/20

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Vendredi 21 août 2009

Le film du jour : Inglourious Basterds

Voilà un titre à propos duquel même les anglophones ont dû se poser des questions… "The Inglorious Bastards" ("Quel maledetto treno blindato") était le titre anglais d'un film italien sorti sur les écrans en 1978. Sans doute influencé par l'histoire, qui se déroulait pendant la 2ème guerre mondiale, Tarantino a repris le titre mais en changeant quelques lettres, ce qui le rend incongru sans lui enlever pleinement son sens. Ça, c'est tout Tarantino… "Inglourious Basterds" ("Salopards peu glorieux") est scindé en cinq actes (ayant plus ou moins une relation entre eux). Certains des épisodes sont réellement des moments extraordinaires de cinéma. L'histoire: Hans Landa, colonel SS (Christoph Waltz), spécialiste de la traque des Juifs, débarque dans une petite maison dans la campagne française, habitée par un homme et ses trois filles. D'une habileté diabolique, il parvient à faire avouer à ce dernier qu'une famille juive se cache dans son sous-sol. Vous imaginez la suite… Seule Shosanna Dreyfus (Mélanie Laurent) échappe au massacre et parvient à s'enfuir…

Trois ans plus tard, on retrouve la jeune femme à Paris, propriétaire d'un cinéma (hérité de sa tante) que Goebbels lui-même veut réquisitionner pour y présenter un film de propagande nazie. Un complot est alors organisé par les Anglais pour exterminer tout le gratin du IIIème Reich (Adolf y compris) présent lors de la projection du film. Mais ce que les Anglais ne savent pas, c'est que Shosanna, devenue Emmanuelle Mimieux, met au point avec son ami projectionniste, par un plan différent, le même complot. Au milieu de tout cela, il y a Aldo Raine (Brad Pitt), un obscur lieutenant américain affublé d'un accent du Tennessee à couper au couteau, qui est à la tête d'une petite équipe dont la mission consiste à scalper du nazi…

"Inglourious Basterds" est le film le plus déconcertant que j'aie jamais vu ! Le scénario est excellent et d'une originalité rarement vue. Les acteurs sont tous excellents. Christoph Waltz, que je ne connaissais pas, est prodigieux et démontre que son Prix d'interprétation à Cannes cette année pour ce rôle est parfaitement mérité. Diane Kruger est parfaite (et d'une beauté époustouflante) dans le rôle d'une actrice allemande au service des Anglais, et Brad Pitt, drôlissime dans son rôle de lieutenant de l'US Army d'origine italienne, s'en sort magnifiquement. Quant à Mélanie Laurent, elle est sublime elle aussi elle démontre, une fois encore, qu'elle est sans doute le talent féminin le plus prometteur issu du cinéma français…

Reste le film, lui-même. Si les scène de scalp sont assez pénibles à supporter, elles sont, comme tout le reste de la violence contenue dans l'histoire, à considérer au second degré. Et les deux dernières minutes du film, au travers d'un dénouement grandiose et surréaliste, sont à l'avenant. Parallèlement à cela, l'acte initial de l'intrigue, d'une durée de vingt minutes, est un moment de cinéma tout bonnement exceptionnel. La façon dont le colonel SS parvient à faire avouer au paysan français qu'il abrite une famille juive est un chef-d'œuvre à lui tout seul ! Il y a de tout dans ce film : suspens, horreur, tristesse, humour (beaucoup), amour (un peu), rebondissements. Mais il y a surtout le talent de Quentin Tarantino! Il nous offre ici, et pour moi, son meilleur film. Meilleur que "Pulp Fiction". Un long métrage dans lequel le mot "cinéma" prend tout son sens. Ce chef-d'oeuvre représente 150 minutes d'une intensité rarement vue dans une salle obscure. Une des raisons pour lesquelles il mérite mille fois d'être vu...

Note : 18/20

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Vendredi 14 août 2009

Le film du jour : Whatever Works

Boris est un vieil excentrique qui professe sa science à qui veut bien lui prêter oreille. Q.I. de 200, à deux doigts de s'être vu décerner le Nobel de physique (ou autre, peu importe), prétentieux, cynique, hypocondriaque, ce misanthrope vêtu d'un éternel short, passe son temps à fustiger les valeurs morales actuelles. Entre deux leçons d'échecs, dispensées à des "mioches stupides qui ne foutront jamais rien de leur vie", il passe de mariage raté à tentative de suicide en se jetant par la fenêtre. Mais un jour, Mélodie, une jeune femme qui pourrait presque être sa petite fille, entre dans sa vie. Et la belle assurance du mâle, sa supériorité s'effilochent peu à peu. Mais, rassurez-vous, jamais complètement, ce qui nuirait à l'intérêt du personnage (et du film)…

Woody Allen a écrit ce scénario il y plus de trente ans. Adapté aux mœurs actuelles, il n'est en rien démodé. Les quatre-vingt-dix minutes de pellicule passent à toute vitesse! Les dialogues sont incisifs, les monologues de Boris ahurissants, les scènes qui se succèdent, souvent cocasses. Et au moment où une longueur fait mine d'apparaître, voilà que le génie new-yorkais nous balance un petit rebondissement dont il a lui seul le secret. Bon sang que des films pareils font du bien ! Pas besoin de trucages, d'images de synthèse, de violence, de sang. La magie du cinéma, c'est aussi cela : conter une histoire à priori simple. Mais lorsque certains surdoués, de plus en plus rares, s'y attellent de tout leur cœur et leur talent, cela peut donner un bijou de film comme celui-ci…

Dans les rôles principaux, Larry David et Evan Rachel Wood (deux inconnus pour moi) sont épatants. Et Woody Allen ajoute, à une chaîne de chefs-d'œuvre déjà longue, un nouveau maillon, et non des moindres. "Whatever works" (qu'ont peut traduire par "tant que ça fonctionne") est une comédie satyrique, certes parfois cynique par les propos de son héros, mais où l'humour est omniprésent, ce qui aide grandement à faire passer une pilule que les spectateurs (comme moi) sont de toutes façons, parfaitement disposés à avaler. Un grand, grand film, vraiment !...

Note : 17/20

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Mercredi 5 août 2009

Poor little Girl...

Dans le monde de l'esbroufe et de la parade, elle n'avait vraiment pas sa place. Sur quoi peut déboucher une enfance si triste, un père illusoire et une mère inapte à élever son enfant ? Sur un être en recherche constante d'identité, sur un besoin vital de plaire, sur une quête perpétuelle d'amour. La malchance de Norma Jeane (le "e" final figure sur son certificat de naissance) est d'être née à Los Angeles. Dans une ville si gigantesque, l'anonymat est encore plus grand, plus difficile à supporter qu'ailleurs. Pour qui veut en sortir, s'en sortir, Hollywood est le phare qui guide les âmes en errance. La reconnaissance ne peut venir que de là. Et pour l'obtenir, on ferait n'importe quoi… Les luxueuses villas de Berverley Hills regorgent de requins, de loups aux dents acérées. Ils se jettent sur n'importe quelle proie à fort potentiel sexuel. Et Marilyn est la victime idéale. Au-delà de sa réelle beauté, de son charme et de sa sensualité incomparable, ils ne voient en elle que le fric qu'elle pourrait leur rapporter. Et ils l'entraînent, la manipulent, la trompent et la broient. En quinze petites années, ils accomplissent un travail exemplaire d'abjection…

Dans sa villa de Brentwood, au dernier soir de sa vie, Norma Jeane est méconnaissable. Détruite par les médicaments ? Pas sûr… Plutôt par les espoirs déçus, par une maternité jamais concrétisée, par les promesses non tenues. Bouffée par les rats d'un système hollywoodien qui vous plonge dans l'ombre plus vite encore qu'il ne vous porte dans la lumière. Sa beauté est toujours là, pourtant. Quelques kilos de moins, une petite cure de jouvence auraient fait d'elle ce que chaque femme peut rêver d'être à 36 ans: magnifique ! Mis à part le triste et irréversible résultat final, son agonie n'est pas due à l'absorption de quelques cachets de Nembutal en trop, ni même à ces coupes de champagne qu'elle n'aurait pas dû ingurgiter cette nuit-là. Non. Elle s'en va parce qu'elle n'a plus envie de vivre, parce que ses rêves de petite fille ne se sont jamais réalisés, parce qu'elle a trop aimé sans être payée en retour, parce qu'elle à crû en la sincérité de ses amis qui, presque tous, l'ont lamentablement trahie. Avec un tel bilan, comment croire encore à la vie ?...

De cette Norma Jeane qui m'émeut toujours autant, je garde en moi les plus belles images. Pas celles de la star Marilyn qui rayonne sur l'écran de ses films les plus célèbres. Pas celles que les requins de Hollywood ont habilement su mettre en exergue pour bâtir une fortune sur son seul nom. Je garde au plus près de mon cœur ces photos, ces extraits de reportages en dehors de la scène. Cette séquence dans laquelle elle se love contre Henri Miller, son troisième mari, l'enserrant tendrement, comme une petite fille ayant (re)trouvé en lui l'image floue de son propre père. Ou celle qui la montre sans fards, radieuse à la fenêtre de son appartement de New York. Et s'il fallait quand même retenir un de ses films, ce serait "Bus Stop", de Joshua Logan, tourné en 1956. C'est ici qu'elle tient le rôle le plus émouvant de sa carrière et qu'elle donne la preuve la plus magistrale de son talent d'actrice, un métier pour lequel elle n'était pourtant pas faite…

Au petit matin du 5 août 1962, il y a quarante-sept ans aujourd'hui, Norma Jeane Mortensen est découverte sans vie dans le salon de sa villa du 12'305, West 5th Helena Drive, à Brentwood. Quel gâchis ! Quelle honte pour ceux qui se sont ainis joués d'elle. Trois jours plus tard, celle qui a été Marilyn pour son plus grand malheur, est incinérée et ses cendres sont déposées derrière une plaque de béton du Westwood Memorial Cemetery (photo ci-dessous), non loin de son dernier domicile. En 1988 et 1989, je suis allé fleurir sa sépulture. Je l'ai fait parce que cette femme me touche infiniment et qu'elle est le parfait exemple du gouffre qu'il peut y avoir entre une vie rêvée et une vie vécue. Mais dans ce monde où, plus encore en 2009 qu'en 1962, le paraître éclipse l'être, combien sommes-nous toujours à l'aimer et à l'admirer pour ces seules raisons ?...

"Hollywood is a place where they pay you a thousand dollars for a kiss, and fifty cents for your soul"... Hollywood est un endroit où l'on vous paie mille dollars pour un baiser et cinquant cents pour votre âme...
Marilyn Monroe



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Mardi 14 juillet 2009

Le film du jour : Le hérisson

Paloma (Garance le Guillermic) est une enfant de onze ans, fille d'un père ministre et d'une mère en permanence sous anxiolitiques et n'exprimant sa tendresse qu'au travers de son amour pour ses plantes vertes. Paloma a une sœur, Colombe (tiens, tiens, c'est original), son aînée de quelques années, parfait reflet de ce qu'un tel couple est sensé produire… La cadette, elle, est différente. Consternée par le comportement ahurissant de ce petit monde gravitant autour d'elle, elle refuse d'en faire partie et décide, le jour de ses douze ans, de se donner la mort. En attendant, avec la vieille caméra vidéo de son père, elle entreprend de tourner un film sur son entourage…

Au rez-de-chaussée, il y a la concierge. Renée (Josiane Balasko) a 54 ans. Elle est veuve, grosse, mal fagotée et acariâtre. Mais elle aime la littérature et le cinéma japonais et ça, bien sûr, personne ne s'en doute. Dans son immeuble du XVIème, dans lequel ne vivent que des riches, personne ne s'intéresse à elle. Jusqu'au jour où un distingué Japonais vient s'installer au cinquième étage. Monsieur Ozu (Togo Igawa) est un homme raffiné, sage et très intuitif. Par une citation puisée dans un livre de Tolstoï, Renée fait naître en lui un intérêt insoupçonné. Le vieil homme désire la mieux connaître... Le film a démaré et, au fil des minutes, le bonheur et l'émotion s'installent. Je ne vous raconte pas le dénouement mais vous rassure quand même quant au destin funeste que Paloma s'était promis…

La petite Garance Le Guillermic est épatante et donne au film une fraîcheur que le huit-clos dans cet immeuble austère aurait pu pénaliser. Togo Igawa, le fortuné Japonais à l'appartement magnifique, tient son rôle à la perfection et vivre la sagesse et la bonté de cet homme est un ravissement permanent. Si ces deux comédiens constituent pour moi une formidable découverte, je connais (et apprécie beaucoup) Anne Brochet. Dans son rôle de mère à côté de la plaque, elle est absolument parfaite. Quant au "hérisson", au travers de cette sublime prestation (parfait contre-emploi à ses éternels rôles comiques), Josiane Balasko apporte la preuve, s'il en manquait une, qu'elle fait bien partie des meilleures comédiennes du cinéma français…

"Le hérisson" est le premier long métrage de Mona Achache, une jeune réalisatrice de 28 ans. Et pour un coup d'essai, c'est bien plus qu'un coup de maître! Une mise en scène magnifique, une sensibilité extraordinaire dans les cadrages, les gros plans, la justesse du placement de la caméra, son travail est ahurissant de beauté et, plus remarquable encore que cela, car émanant d'une femme si jeune réalisant son premier film. Pour moi, "Le hérisson", et de loin, est le plus beau film de l'année! Avec le temps qui passe et ce refus qui est le mien de toute violence, même au cinéma, ce bijou de film aurait presque le don de me réconcilier avec le genre humain. Mona Achache marche sur les traces d'Agnès Jaoui. Et ce cinéma de femmes me ravit, me bouleverse et me conforte dans l'idée que, comme le chantait si justement Ferrat, la femme est bien l'avenir de l'homme…

Note : 18/20

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Dimanche 7 juin 2009

Le film du jour : Los abrazos rotos (Etreintes brisées)

Pour moi, aller voir le dernier Almodòvar, c'est toujours m'y rendre en rêvant de l'émotion que les plus grands films de cet homme peuvent diffuser. Avec "Etreintes brisées", je suis entré dans la salle en me remémorant le sublime "Volver". Depuis "Talons Aiguilles", j'ai tout vu du maître espagnol. Et rien ne m'a jamais vraiment déçu. De là à cataloguer chacun de ses films de pur chef-d'oeuvre, il y a un pas. Le dernier donc, n'en est, à mon goût, pas un. Justement parce que cette émotion ne ressort qu'en de rares occasions. Ca démarre bien, pourtant. Une jeune femme effondrée (comme sa mère) par la mort imminente de son père, des liens familiaux très forts qui unissent ces trois-là et on se met à rêver. Mais, très vite, l'intrigue bascule dans le banal. En guise de "remerciement", liaison de la belle (qui rêve d'être actrice) avec un riche et vieil industriel, lequel offre à son papa le meilleur hôpital de la région. Et puis un jour, un metteur en scène la remarque, la fait tourner et en tombe amoureux. Le vieux bienfaiteur tombe malade de jalousie, il se défend, et c'est le drame qui, évidemment survient alors...

Histoire assez banale donc et des scènes dans lesquelles l'émotion a bien du mal à passer. C'est du beau cinéma, car j'aime beaucoup la façon dont filme et met en scène Almodòvar. Les images sont belles, les dialogues incisifs (j'adore l'espagnol, même si je ne le comprends pas vraiment) et les acteurs très à leur affaire. Reste l'héroïne du film, la muse du cinéaste. Et là, ce dernier met dans le mille. Penélope Cruz est magnifique! Il la filme et met en valeur sa beauté comme personne. Qu'elle pleure ou rie, qu'elle peste ou séduise, vêtue ou non, maquillée ou pas, cette femme est une déesse. Au fil de ses films, son jeu s'améliore, au point de figurer, aujourd'hui et pour moi, parmi les quatre plus grandes actrices du monde (avec Nicole Kidman, Meryl Streep et Kristin Scott-Thomas). Woody Allen ne s'y est pas trompé et Almodòvar aura bien du mal à se passer d'elle dans ses prochains long métrages... "Etreintes brisées" n'est pas la confirmation que l'Espagnol a du génie (on le savait déjà) mais ce très beau film me conforte dans l'idée que Pénélope Cruz est prête à abandonner son image de "belle gueule au décolleté plongeant" pour être dorénavant jugée sur son seul (et immense) talent de comédienne...

Note : 14/20

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Jeudi 28 mai 2009

Le film du jour : Je l'aimais

Zabou est une comédienne que j'aime beaucoup. Son meilleur rôle au cinéma est pour moi celui de cette épouse névrosée qui reçoit des amis à dîner. Au milieu de comédiens tels que Bacri, Jaoui, Darroussin, cette belle femme, brune et charmante, tenait entre ses mains une grande par de la réussite de "Cuisine et dépendances", le fameux huis clos de Philippe Muy. Pas star dans en qualité d'actrice, un jour Zabou devient Breitman et elle décide de passer de l'autre côté de la caméra. "Se souvenir des belles choses" et "L'homme de sa vie" lui valent de beaux succès d'estime. Pour son troisième film de réalisatrice, elle adapte "Je l'aimais", un roman d'Anna Gavalda, best-seller qui s'est vendu à 1'250'000 exemplaires, et que je n'ai pas lu…

Chloé, une jeune femme mère de deux enfants, se fait larguer par son mari. Désespérée, elle va se réfugier chez le père de ce dernier. Pierre l'emmène en montagne, dans un chalet qui lui appartient. Là, voyant l'état dans lequel sa belle-fille se trouve, il décide de rester un peu avec elle et ses petites-filles. Un soir, au coin du feu, il raconte à Chloé l'histoire passée de son "grand amour". Industriel, marié à une femme qu'il ne voit plus, un jour Pierre tombe amoureux de Mathilde. Elle a vingt ans de moins que lui, elle est belle, provocante, elle lui plaît, il la saute! Puis, il en devient accro. Elle, libre, commence à s'attacher à lui. Il prétend l'aimer. Elle l'aime vraiment. Mais il est riche, attaché à son petit train-train, à ce qu'il a bâti, acquis, à son petit confort de bourgeois. Et ce qui doit arriver arrive: par peur, par lâcheté surtout, il baisse les bras devant la renonciation d'une Mathilde enceinte. Et il la perd définitivement…

Je n'ai pas lu le best-seller d'Anna Gavalda, donc. Et il est trop tôt pour préjuger du succès d'un film qui n'en est qu'au début de sa projection en salle. Personnellement, je l'ai beaucoup aimé, malgré les nombreux gros plans un peu trop insistants de la réalisatrice. Daniel Auteuil (Pierre) et Marie-Josée Croze (Mathilde) sont excellents. Et Florence Loiret-Caille (Chloé) confirme tout le bien que j'avais pensé d'elle en la voyant pour la première fois à l'écran dans"Parlez-moi de la pluie", d'Agnès Jaoui, en septembre 2008. Comédienne extraordinaire, elle fait preuve à l'écran d'une présence rare, gage d'un talent qui, je l'espère, pourrait bien l'amener très vite dans les premiers rangs des grandes actrices francophones...

Note : 14/20

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Mercredi 27 mai 2009

L'audimat et le cinéma de Christian Defaye…

Christian Large, plus connu sous le nom de Defaye, fut le "Monsieur Cinéma" de la TSR (Télévision Suisse Romande). D'origine française, cet homme cultivé, né en 1934, vouait au 7ème Art une passion qu'il transmettait à la perfection sur le petit écran. Entre 1974 et 1997, tous les lundis soirs, son émission "Spécial Cinéma" faisait le plein de téléspectateurs. Jadis, l'audimat était une notion abstraite et ne guidait pas forcément les choix des responsables de la télévision. Christian Defaye, producteur de son émission, travaillait donc assez librement et prenait soin de nous présenter des films de qualité. "Spécial Cinéma", comme ce fut également le cas sur les chaînes française à l'époque, c'était un thème, un film et des débats après la projection. C'est ainsi que l'animateur a reçu, et débattu avec eux, des dizaines et des dizaines d'acteurs et de réalisateurs, tous plus fameux les uns que les autres. Chevalier des Arts et des Lettres, membre du jury au Festival de Cannes en 1981 (Palme d'Or: L'homme de fer, d'Andrzej Wajda), Christian Defaye s'est éteint en 1997, à l'âge de 63 ans…

"Spécial Cinéma" a disparu avec cet amoureux du 7ème Art et, aujourd'hui, si le lundi soir est toujours consacré au cinéma sur la TSR, l'émission se nomme "Box Ofiice" et diffuse simplement (audimat oblige) des films en grande majorité américains et ne comptant pas parmi les meilleurs, il s'en faut même de beaucoup...

Christian Defaye (à droite) en compagnie du cinéaste suisse Jean-Jacques Lagrange. (Photo TSR - 1982)



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Samedi 4 avril 2009

Le film du jour : The Reader

1958, en Allemagne... Une passion voit le jour dans le recoin sombre d'une ruelle. Il pleut à verse, le jeune garçon est malade et la femme prend soin de lui. Il a quinze ans, elle trente-six. La passion va durer tout l'été. Puis la femme disparaît... Lui regrette ces longues périodes, au creux du lit, ces heures trop courtes où, entre deux moments de tendresse, il lui faisait la lecture des grands classiques de la littérature. Le temps passe… Devenu étudiant en droit, au cours d'un procès auquel il assiste, il la retrouve sur le banc des accusées. L'Allemagne, vingt après la fin de la guerre et ses atrocités, juge encore certain(e)s de ceux qui lui feront honte à tout jamais. Hanna en fait partie. Michael est horrifié et commence à comprendre certaines choses… Le procès est dur, les juges sont impitoyables. En s'accusant faussement, Hanna se punit elle-même de ce à quoi elle a participé. Michael, qui pourrait lui venir en aide, gamberge mais demeure immobile et silencieux. Plus tard, son amour de jeunesse ayant purgé sa peine, il tente de renouer le dialogue. En vain. De cette femme, ce qui passe à ses yeux comme une inacceptable dureté le fait renoncer. Alors, Hanna se punit encore, et de façon définitive…

Au cours de l'étude du procès par la classe de Michael et son professeur de droit, un des étudiants pose une question centrale: est-il normal que l'on juge et condamne cinq femmes à la suite d'accusations parues dans un livre, alors que des centaines d'autres, ayant le même passé mais la "chance" que leur histoire n'aie pas été rapportée, s'en tirent sans autre forme de procès? En d'autres termes, la frontière entre le bien et le mal, entre ce qui est juste et ne l'est pas, est-elle aussi claire qu'il y paraît? Hanna, avec ce handicap qu'elle n'ose avouer et qui lui fait honte, elle jadis si douce mais parfois très dure aussi, est-elle le monstre qu'on nous dépeint? Si oui, comment Michael a-t-il pu s'éprendre d'elle? Graves questions. Le jeune homme est incapable d'y répondre (et qu'en est-il du spectateur, en fait?)…

Six ans après "The Hours", Stephen Daldry prouve qu'il est passé maître dans l'art de nous raconter des histoires de femmes. Magnifique scénario adapté et très belle réalisation, des plus classiques. David Kross et Ralph Fiennes (Michael jeune, puis adulte) sont très à leur affaire, Bruno Ganz (le prof de droit) est comme toujours excellent. Kate Winslet (Hanna) démontre que l'Oscar qu'elle a remporté grâce à ce rôle est sans doute mérité. Mais ce dernier devant être, à l'origine, interprété par Nicole Kidman (désistée pour raison de grossesse), la performance de l'actrice britannique me laissera toujours l'interrogation de ce que la comédienne australienne aurait pu en faire. Le film s'appelle "The Reader" (Le Liseur) et c'est pour l'instant, le plus beau film de l'année…

Note : 18/20

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Samedi 24 janvier 2009

John Belushi...

Il y a trente ans, en 1979, Steven Spielberg tournait le meilleur et le plus déjanté de tous ses films, "1941". Dans le rôle de "Wild Bill Kelso", pilote un peu fou d'un Curtis P-40, un comédien peu connu au cinéma contribuait à la réussite indéniable (mais pas commerciale) du long métrage: John Belushi. Il avait alors 30 ans et, l'année suivante, il devenait Jake Blues dans le film de John Landis, "The Blues Brothers". Grand succès, facilité il est vrai par la renommée de l'émission de télévision dans laquelle lui et son compère Dan Aykroyd avaient acquis leur notoriété quelques années auparavant. Malheureusement, le 5 mars 1982, John Belushi succombait à une overdose de cocaïne, ce qui mettait un terme brutal à une carrière pourtant très prometteuse. Dans la séquence ci-dessous, tirée de "1941", il nous donne un aperçu de son indéniable talent d'acteur comique. John Belushi aurait eu 60 ans aujourd'hui...



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Lundi 12 janvier 2009

Elisa Servier

est connue d'abord pour ses rôles dans des séries télévisées... Moi, je l'ai découverte à la fin des années 70, lorsqu'elle jouait Florence, l'une des trois soeurs de "Confidences pour confidences". Un film qui m'a marqué. Pascal Tomas avait réussi là un petit bijou de long métrage sur le thème des souvenirs de l'enfance. Et Elisa, de sa voix cassée mais très sensuelle, m'avait bouleversé, tant la composition de son personnage sonnait juste. Souvent engagée dans des comédies, son exceptionnel talent aurait pourtant dû lui permettre de percer dans des rôles dramatiques. Ce ne fut hélas pas le cas, sauf une fois, en 1988, lorsquelle incarnait Lucie, la femme de Daniel Auteuil dans le magnifique "Quelques jours avec moi" de Claude Sautet, dans lequel je l'ai trouvée bouleversante. Dommage que beaucoup d'autres grands cinéastes l'aient un peu oubliée. Sans doute s'est-elle consolée en jouant un peu à la télévision (Nestor Burma), beaucoup au théâtre et en exerçant la peinture, art dans lequel cette superbe femme, née sous le signe du 5 (5.5.55) excelle vraiment. Il suffit de visiter son site web personnel pour s'en convaincre...



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