2008

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Mercredi 31 décembre 2008

Un an de cinéma...

Comme l'année dernière, j'ai vu 37 films en 2008. Les notant de 0 à 20, la moyenne s'établit à 13,03 points par film (13,26 en 2007). Voici donc mon palmarès personnel de l'année écoulée...

Les dix meilleurs films :

1. Il y a longtemps que je t'aime, de Philippe Claudel - 18 points
2. Body of Lies, de Ridley Scott - 17
2. Changeling, de Clint Eastwood - 17
2. No Country for Old Men, de Joel et Ethan Coen - 17
5. Before the Devil knows you're Dead, de Sydney Lumet - 16
5. Deux jours à tuer, de Jean Becker - 16
5. There will be Blood, de Paul Thomas Anderson - 16
8. Burn after Reading, de Joel et Ethan Coen - 15
8. Charlie Wilson's War, de Micke Nichols - 15
8. Mesrine - L'instinct de mort, de Jean-François Richet - 15

Meilleur réalisateur : Joel Coen, pour "No Country for Old Men"
Meilleur scénario : Etan Coen, pour "No Country for Old Men"
Meilleur acteur : Leonardo di Caprio, pour "Body of Lies"
Meilleure actrice : Kristin Scott Thomas, pour "Il y a longtemps que je t'aime"


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Samedi 20 décembre 2008

Agnès Jaoui

Il n'existe pas de rouge assez vif pour exprimer toute l'admiration que je porte à ce petit bout de femme qui sait tout faire. Débordante de sensibilité dans tout ce qu'elle joue, écrit et met en scène, ses films sont tous de petits moment de bonheur. "Le goût des autres" figure parmi les cinq meilleurs longs métrages français que j'aie jamais vus dans ma vie. Agnès Jaoui est le plus beau cadeau que la vie ait fait au 7ème art et avec elle, le mot artiste trouve son véritable sens. Si j'étais une femme, c'est à elle que j'aimerais ressembler!...

Jean-Pierre Bacri

Compagnon d'Agnès Jaoui, comédien magistral, doublé d'un auteur et scénariste exceptionnel, cet homme est une leçon dans le monde du cinéma tricolore. Capable de tout jouer, de faire rire, pleurer ou grincer des dents, son talent est sans limites. Au point que je trouve ahurissant qu'une académie du cinéma ne l'ait encore jamais récompensé d'un César du meilleur acteur dans un premier rôle. Il est des injustices tellement évidentes, qu'on se demande si certains n'auraient pas des peaux de saucisses devant les yeux...

Figurent au palmarès de ces deux-là, une multitude d'histoires, écrites conjointement, toutes plus belles les unes que les autres : "Smoking, no smoking", "Cuisines et dépendances", "Un air de famille", "On connaît la chanson", "Le goût des autres", "Comme une image", Parlez-moi de la pluie". Sept films, dont les trois derniers réalisés par Agnès Jaoui, et autant d'oeuvres majeures, que j'ai adorées sans exception. Un tel talent, une telle imgination, sont uniques dans le cinéma mondial. Le couple Jaoui-Bacri, ce n'est rien d'autre que l'union miraculeuse de deux génies du 7ème Art...



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Dimanche 14 décembre 2008

Le film du jour : Burn after Reading

Les frères Coen ont encore frappé! Ces deux-là demeurent vraiment à part dans le cinéma mondial. Tout ce qu'ils écrivent (Ethan) et filment (Joel) ne ressemble à rien ni à personne d'autre. Personnellement, je les place tout en haut de mon piédestal du 7ème art. Car passer d'un film exceptionnel comme "No Country for old Men", dur, sanglant, à une "bouffonnerie géniale " du genre de "Burn after Reading", dénote une polyvalence et un talent exceptionnels. Dans cette comédie burlesque, où la CIA est divinement ridiculisée, tous les personnages jouent un rôle à contre-emploi. Le très distingué John "what a fuck" Malkovich, viré des services secrets, peste lourdement d'un bout à l'autre du film avec une crédibilité stupéfiante. Le sex-symbol de ces dames, Brad Pitt, moniteur infantile dans une salle de sport, manipulé par une excellente Frances McDormand (compagne de Joel à la ville) joue les maîtres chanteurs naïfs et débiles à la perfection. La douce Tilda Swinton trompe Malkovich avec la froide assurance qu'impose son physique très strict. Quant au beau George Clooney, dragueur invétéré et ringard, il promène son insignifiance et sa couardise tout au long du film avec une surprenante crédibilité. Bref, tout ce petit monde, parfaitement à l'aise et suprêmement dirigé, s'en donne à cœur joie et les 98 minutes du film débouchent sur une apothéose burlesque dont les Coen ont le secret. Si vous avez aimé (comme moi) "The big Lebowski", "O'Brother" ou "Ladykillers", vous allez adorer "Burn after Reading"…



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Jeudi 4 décembre 2008

Le film du jour : Body of Lies

Plongée dans l'antre du terrorisme. Iraq, Syrie, Jordanie, Proche-Orient dans lequel un agent de la CIA tente d'infiltrer Al Qaida. Images fortes, confiance et mensonges, violence et kamikazes, fanatisme et indifférence à la vie. Monde "post-11 septembre" où le risque et la crainte de l'attentat sont omniprésents. Très peu d'instants, en 128 minutes, pour reprendre son souffle, si ce n'est lorsque le héros succombe au charme ravageur d'une petite infirmière iranienne. Di Caprio évolue au sommet de son art ( et que de progrès accomplis, dès "Aviator"…) Crowe (très bon lui aussi), l'oreillette de son téléphone portable collée à l'oreille, passe son temps à bouffer et à jeter des regards insistants au-dessus de ses binocles. Ridley Scott nous en fout plein la gueule ! Il filme magistralement un combat contre le terrorisme qui nous rendrait presque confiants quant à son efficacité côté Amérique et ses alliés. Mais tout cela n'est que cinoche et on a de la peine à se faire une idée de la réalité des choses sur le terrain. Et si c'était encore pire en vrai… N'empêche, même si ça fout la trouille, c'est du tout grand cinéma. Film majeur et rare, passionnant de bout en bout. Et pour di Caprio, bon dieu la performance ! Celle-ci, elle mérite un Oscar…



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Mardi 25 novembre 2008

Michèle Grellier...

... fête ses soixante-dix ans en ce jour. A l'automne 1967, de ses pupilles à l'éclat des plus beaux diamants, elle crevait l'écran de tous les postes de télé de France, de Navarre et de Suisse romande. Elle jouait Aurore de Nevers, dans le "Lagardère" interprété par Jean Piat (photo -ci-dessous), réalisé par Jean-Pierre Decourt. A l'époque, j'avais 13 ans et je prenais doucement conscience de la beauté des femmes. Et bon dieu que celle-là était belle ! Onze ans plus tard, dans le film culte de Michel Lang "L'Hôtel de la Plage", je retrouvais cette comédienne pétrie de talent et encore plus belle en atteignant la quarantaine. Et là, une fois encore, le charme opérait au-delà de toute espérance...



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Mardi 18 novembre 2008

Le film du jour : Changeling

Je n'ai jamais beaucoup apprécié l'acteur Eastwood. Avec ses lèvres pincées et ses sourcils froncés, il me fait penser à Bruce Willis, et ce n'est pas vraiment un compliment! Par contre Clint Eastwood réalisateur, j'aime beaucoup! Depuis "Mystic River", tout ce qu'il a mis en scène flirte avec l'appellation de chef-d'œuvre. "Million dollar Baby", "Mémoires de nos Pères", "Lettres d'Iwo Jima". Mais, avant cela, il y a eu aussi "Honkytonk Man" et "Sur la route de Madison". Mes six films préférés du réalisateur californien viennent d'être dépassés par son dernier long métrage, tiré d'une histoire vraie qui s'est déroulée à Los Angeles à la fin des années 20…

"Changeling" (L'échange) raconte le cauchemar vécu par Christine Collins, une mère élevant seule son enfant de 9 ans. En rentrant de son travail un soir, elle constate que Walter a disparu. Commence alors une incroyable suite d'événements dont il est ahurissant de constater qu'elle ait pu se passer dans un pays dit civilisé. Après avoir retrouvé et rendu à sa mère un enfant qui n'est pas le sien, la police interne arbitrairement Christine dans un hôpital psychiatrique, sous prétexte qu'elle est devenue folle en ne reconnaissant pas son fils. Libérée, après avoir vécu l'enfer de l'asile, grâce à l'action d'un pasteur influent acquis à sa cause, elle apprend alors ce qui est réellement arrivé à son enfant…

En filmant la détresse d'une mère (Angelina Jolie) et son combat pour que la justice triomphe dans une ville où la police est (presque) totalement corrompue, Clint Eastwood donne une leçon de sensibilité peu en rapport avec ses nombreux rôles de cowboy ou de flic froid et sans états d'âme. Passionnant de bout en bout, parfois extrêmement dur par les événements qui s'y déroulent, le film est un réquisitoire sans concessions contre la pourriture gangrenant les plus hautes sphères d'une institution faisant régner l'ordre dans la grande métropole californienne. Des films comme "Changeling" font du bien. Mais ils font aussi extrêmement peur lorsqu'ils nous font constater que l'humain peut bel et bien se révéler le pire de tous les prédateurs hantant cette planète…

Premier rôle de d'un long métrage bouleversant, Angelina Jolie franchit une frontière: celle qui la fait passer d'actrice sexy à comédienne prometteuse. Y'a encore du boulot mais elle peut y arriver si je me réfère à quelques scènes très convaincantes tout au long des 2 heures 20 que dure le film. John Malkovich, qui tient le rôle du révérend Briegleb, est excellent, comme à son habitude et Jeffrey Donovan joue à la perfection un Capitaine Jones des plus répugnants. Les décors reconstitués sont magnifiques et plus vrais que nature. La mise en scène de Clint Eastwood est sobre et sans artifices. Il filme avec son cœur et ça se sent. Croire que l'âge, comme les bon vins, le bonifie, c'est espérer encore quelques chefs-d'œuvre de sa part dans les années à venir… En tous cas, "Changeling" est pour moi son film le plus réussi et l'un des deux meilleurs longs métrages de l'année (j'en ai vu 30 à ce jour)…

Note : 17/20

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Samedi 8 novembre 2008

Eric CANTONA...

... contre toute attente, m'a épaté dès son premier film "Le bonheur est dans le pré" (1995). Avec "Les Enfants du marais" (1999), il participait au succès de cette magnifique saga. Vint alors "L'outremangeur" (2003), dans lequel il tenait le premier rôle aux côtés de Rachida Brakni, qui est aujourd'hui sa femme, il confirmait brillamment. Puis ce fut "Le deuxième souffle" (2007), avec une fois encore un second rôle, mais dans lequel il m'est apparu comme un futur grand du cinéma. Ce génie du football, mondialement connu, qui me laissait alors totalement indifférent, est en train de réussir une reconversion magistrale. Avec une gueule et un charisme qui crèvent l'écran. Au point que je vois aujourd'hui en lui, rien moins que le successeur d'un autre grand sportif, devenu comédien majeur du cinéma fançais, répondant au nom de Lino Ventura...



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Jeudi 16 octobre 2008

"La Comtesse au Grand Coeur"

Lorsque fortune matérielle et tragédie de la vie se rencontrent, elles peuvent parfois donner naissance à de bien belles histoires… Le 2 juillet 1941 à Paris, naît Albina, fille du Comte Guy du Boisrouvray (cousin germain de Rainier de Monaco) et de Lùz Mila Patino, héritière de l'empire bolivien de l'étain. Enfance dorée et bourgeoise, nombreux voyages, adolescence et prise de conscience puis rébellion. Avant d'avoir atteint l'âge adulte, la jeune fille quitte sa famille et s'installe en Valais. Là, elle rencontre et tombe sous le charme de Bruno Bagnoud, fondateur de Air Glaciers. Mariage et, alors qu'elle n'a que vingt ans, elle met au monde son unique enfant, François-Xavier. La vie s'écoule avec douceur. Puis c'est le divorce et un nouveau mariage. La Comtesse devient alors productrice de cinéma et finance quelques très belles œuvres, parmi lesquelles: "L'important c'est d'aimer" (Andrzej Zulawski), "Police Python 357" ou "Fort Sagane" (Alain Corneau). Et puis un jour, au cours du Rallye Paris-Dakar, dans un horrible accident d'hélicoptère, son enfant meurt…

Albina est effondrée. Elle met trois ans pour émerger, pour commencer de quitter les affres douloureux de cette tragédie. Elle rejoint alors Bernard Kouchner, fondateur de "Médecins sans Frontières" puis, en 1989, elle met en vente les trois quarts de son patrimoine familial, lequel s'avère colossal. Nantie de cette fortune en espèce, elle fonde à son tour "l'Association_François-Xavier_Bagnoud". Son but: venir en aide aux enfants orphelins de parents décédés du SIDA. Dès lors, Albina du Boisrouvray va sillonner le monde de part en part et se mettre totalement au service des déshérités. Elle œuvre sans cesse et sans repos, visite et met en place des centres d'aide dans des dizaines de pays du tiers-monde. Toute sa fortune y passe. Mais l'Association FXB a pris ampleur et notoriété et dès lors, au nom et en sa qualité de présidente, elle se lance à la recherche de fonds dans le monde entier. En 2009, l'association va fêter ses 20 ans d'existence, avec la satisfaction d'avoir pu aider et sauver des dizaines voire des centaines de milliers d'enfants dons les parents sont morts, décimés par cette terrible pandémie du SIDA…

Dans ma précédente profession et dans les années 70-80, à l'aéroport de Genève, j'ai vu souvent Albina du Boisrouvray. Très belle femme, très classe, charismatique et charmante, et avec des yeux d'une profondeur incroyable. Dernièrement, une émission de la TSR a brossé son portrait. A 67 ans, le temps a accompli son œuvre, la douleur peut-être encore davantage. Mais elle demeure une très belle personne, lucide, sensible, charmante et enthousiasmante, ayant toujours visible, dans le fond de ses yeux noirs, l'éclat flamboyant de la passion. Mieux encore: l'héritière de l'une des plus grandes fortunes sud-américaines a largement prouvé que ce qu'elle avait de plus cher au monde n'était pas le fruit des mines d'étain de son grand-père Simon Patino, mais bel et bien l'or resplendissant et infiniment précieux dans lequel elle a forgé son cœur tout au long de ces années. Là-haut, François-Xavier doit se sentir très fier de sa petite maman…



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Mardi 29 septembre 2008

Les 7 dernières minutes du chef-d'oeuvre des chefs-d'oeuvre...

Le final éblouissant de "Vol au-dessus d'un nid de coucous", celui que je considère comme le plus beau film du monde. Le dénouement cinématographique le plus réussi de toute l'histoire du 7ème art. Sept petites minutes du génie inégalable de Milos Forman. C'était en 1975 et ce chef-d'oeuvre inégalé remportait les cinq Oscars majeurs: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleur acteur (Jack Nicholson) et meilleure actrice (Louise Fletcher). Jack Nitzsche, auteur de la bande originale, aurait mérité de figurer lui aussi au palmarès, car la musique accompagnant cet épilogue colle aux images comme jamais je ne l'ai vu ailleurs. Et dire qu'aucun producteur hollywoodien n'a voulu prendre le risque de monter cette oeuvre exceptionnelle, laissant à Michael Douglas le soin de le produire personnellement...



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Mercredi 17 septembre 2008

France Dougnac...

... en 1972, tournait "La mer est grande", un feuilleton télévisé qui, à l'époque, m'avait passionné. Elle y avait pour partenaire, Yves-Marie Maurin, le demi-frère de Patrick Dewaere. Cinq ans plus tard, elle rejoignait ce dernier au générique de "Coup de tête", de Jean-Jacques Annaud. Depuis, malheureusement, on ne trouve plus grand chose inscrit à son répertoire. Ce qui m'attriste beaucoup, car cette superbe jeune femme, pleine de talent et au regard des plus troublants, avait pour moi quelque chose qui la rendait absolument irrésistible devant une caméra...



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2007

Lundi 31 décembre 2007

Un an de cinéma...

Cette année, j'ai vu 37 longs métrages en salle. Les notant de 0 à 20, la moyenne s'établit à 13,35 points par film. Voici donc mon palmarès personnel de l'année écoulée...

Les dix meilleurs films :

1. After the Wedding, de Susan Bier - 19 points
2. La Môme, d'Olivier Dahan - 19
3. A Prairie Home Companion, de Robert Altman - 18
3. Bobby, d'Emilio Estevez - 18
5. Roman de gare, de Claude Lellouch - 17
6. La Vie des autres, de Florian Henckel von Donnersmark - 17
7. Le deuxième souffle, d'Alain Corneau - 16
7. Le héros de la famille, de Thierry Klifa - 16
9. Le scaphandre et le papillon, de Julian Schnabel - 15
8. Molière, de Laurent Tirard - 15
8.
Meilleur réalisateur : Robert Altman, pour "A Prairie Home Companion"
Meilleur scénario : Claude Lellouch et Pierre Uytterhoeven, pour "Roman de gare"
Meilleur acteur : Mads Mikkelsen, pour "After the Wedding"
Meilleure actrice : Marion Cotillard, pour "La Môme"


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Lundi 16 juillet 2007

Patrick Dewaere...

... a tourné définitivement le dos à la vie alors qu'il ne pouvait imaginer vivre sans sa fille. En 1982, je ne comprenais pas très bien ce que cela voulait dire. Aujourd'hui, je sais. Patrick Dewaere, que j'ai découvert dans le mytique "Les valseuses" en 1974, était un immense acteur. Sans doute le plus grand comédien de sa génération, plus imposant encore que son pote Depardieu ! Sa vie a été parsemée de grands films, il a tourné avec les plus grands metteurs en scènes, acteurs et actrices. Mais son parours sur cette planète demeurera aussi jalonné d'amours déchues, de blessures dont on ne guérit pas. Ultrasensible, il n'a pas supporté la dernière. Il est parti, le coeur en ruines, à l'âge de 35 ans, terrassé net par l'amour et ses possibles terribles ravages. Quelle perte gigantesque a constitué son geste fatal du 16 juillet 1982 ! C'était il y a aujourd'hui très exactement 25 ans...



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Samedi 30 juin 2007

Le film du jour : Roman de gare

Comment va le cinéma? Bien, je vous remercie. En tous cas pour ce qui est de celui que j'aime… Il est des réalisateurs dont j'irai toujours voir les films sans la moindre hésitation. Quoi qu'en (mé)dise la critique, quoi qu'en disent les spectateurs. Mais ces cinéastes-là sont rares, aussi bien en France qu'ailleurs. Depuis qu'il tourne, Lelouch m'a rarement déçu. Je devrais même dire jamais. Sa façon de raconter ses histoires, de filmer et de mettre en scène font état d'une telle maîtrise et de si grande sincérité qu'on ne peut être que séduit par l'art de ce grand, grand homme. Au point que, avec lui parfois, de septième, cet art-là devient tout simplement premier. C'était le cas avec mes deux films préférés de lui : "La bonne année" et "L'aventure c'est l'aventure". Et de tous les autres (je les ai presque tous vus), j'ai toujours gardé quelque chose. Lelouch, pour moi, c'est une référence, je dirais même, la référence française dans le cinéma mondial…

Dans son dernier film et après avoir essuyé les critiques acerbes et blessantes du précédent ("Les Parisiens"), il donne une leçon à tous ses détracteurs. "Roman de gare" s'annonce pour lui comme une oeuvre majeure ( et je suis certain qu'il y en aura d'autres) d'une carrière vraiment exceptionnelle. Voilà un film qui se révèle être le parfait exemple de ce que j'appellerais le "ciné-bonheur". Parce que pour moi, le cinéma, c'est ça. C'est ce sentiment précis qui vous prend dès le départ et qui ne vous quittera plus jusqu'à la dernière image, jusqu'au dernier mot. Un sentiment indéfinissable fait d'intérêt, de curiosité, mêlés de bien-être, de joie et d'une extraordinaire impression que le cinéaste vous emmène, malgré les fausses pistes, là où vous avez envie d'aller. Entrer dans une salle et ne plus vouloir en sortir, c'est ça la magie du cinéma, c'est ça l'intérêt d'une belle histoire et ce n'est rien d'autre que cela qui fait les grands metteurs en scène.

Dans ce "Roman de gare", Lelouch touche au sommet de son art. Scénario magnifique, ambiance rurale ou guindée merveilleusement transcrites, comédiens et comédiennes d'une parfaite justesse de ton (Dominique Pinon s'affirme enfin comme un acteur majeur et l'inconnue Audrey Dana est stupéfiante de vérité et de talent), cadrage et réalisation à enseigner dans les écoles, font de ce film une réussite magistrale. A près de 70 ans, Lelouch donne une stupéfiante leçon dans l'art (difficile) de captiver le spectateur de bout en bout… "Roman de gare", comme son nom ne l'indique pas, n'a rien de banal. Il est, avec "La Môme", le plus beau film français que j'aie vu cette année. Une déferlante d'images et de mots sans la moindre fausse note. Je suis entré dans la salle obscure un peu morose, j'en suis ressorti transcendé, heureux de mon choix et conforté dans l'idée que, décidément et en ce qui me concerne, les moments de bonheurs dans ma vie seront toujours bien présents tant que des magiciens tels que Claude Lelouch continueront à faire du cinéma. Avec des gens comme lui, jamais je ne me lasserai de hanter les salles de projection…

Note : 17/20

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Samedi 17 mars 2007

Le film du jour : After the Wedding

Dans l'Inde des petits affamés, Jacob vit son quotidien. Il a quitté son riche Danemark depuis longtemps pour se consacrer aux orphelins de Bombay, ou de Calcutta, la ville est sans importance. La nourriture qu'il leur apporte est essentielle, sa chaleur humaine bien plus encore. Mais les capitaux manquent et les donateurs se font rares. Aussi lorsque l'un d'eux souhaite le rencontrer personnellement et dans son pays natal, la responsable de l'orphelinat sait persuader Jacob, peu enclin à quitter ses enfants et son petit Pramod, de répondre à l'invitation…

Dans sa grande chambre triste et froide d'un hôtel de Copenhague, Jacob s'ennuie. Il voudrait en finir rapidement, pour repartir vite dans son monde à lui . Mais Jörgen, industriel et généreux donateur, désire encore se donner quelques jours de réflexion après avoir étudié ce que Jacob compte faire de son argent. Sa fille doit se marier le lendemain et Jörgen l'invite à la cérémonie et au repas qui suivra. Jacob accepte à contre cœur. Sans savoir qu'il entre de plein pied dans une histoire que jamais, au grand jamais, il n'aurait pu imaginer…

Dans la salle obscure, aux neuf dixièmes vide en cette fin d'après-midi pluvieuse, j'attends qu'il se passe quelque chose. Les images du début sont belles mais la caméra bouge beaucoup. Ce que je n'aime pas vraiment… Mais l'intérêt rebondit soudain! Au moment où Anna, la jolie petite mariée, d'un discours émouvant remercie Helene, sa maman et Jörgen, son papa. Son papa? Enfin, l'homme qui a tenu ce rôle depuis tant d'années… Déclic! Les choses se mettent en place. Jacob commence à se poser des questions, d'autant qu'il a reconnu Helene…

Dès lors, le film prend une autre dimension. Les événements se succèdent et l'intérêt va grandissant. La caméra se calme un peu, comme posée pour mieux suivre les personnages dans la gravité de ce qu'il leur arrive. Les scénario s'étoffe et l'histoire prend une tournure que l'on voit, parfois, dans certains chefs-d'œuvre… Alors, l'émotion me prend à la gorge, comme ça, sans crier gare. Je suis suspendu aux lèvres et aux gestes de ces personnages divinement mis en scène par une femme dont je n'avais jamais entendu parler…

Je ne puis m'empêcher de songer à "The Hours", celui qui demeure mon film préféré. J'éprouve les mêmes sentiments, gorge nouée devant cet homme et sa fille, devant ce père qui ne connaît pas son enfant, ignorant même son existence deux jours auparavant, devant l'autre père, celui qui a comblé le vide et sur lequel on a des doutes mais qui se révèle finalement le plus admirable des hommes. Et je fais des efforts surhumains pour rester stoïque, refusant de sombrer dans une attitude que l'on prête d'habitude aux êtres de l'autre genre…

Je jette des regard furtifs autour de moi, même si je sais où se trouvent les dix autres spectateurs. Il n'est pas question qu'ils s'aperçoivent de mon émoi… D'autant que l'intensité du drame devient bouleversante. Je crois rêver. Je ne suis pas au cinéma, non, je rêve. Mais je ne veux à aucun prix me réveiller… Ma vue se trouble. Est-ce parce que je dors sans mes lunettes? Non. Je ne dors pas, Je suis en train d'assister à une œuvre magistrale. Ce film se hisse lentement au niveau de "The Hours". Et ça, jamais je ne l'aurais cru possible…

Dans ce long métrage, beaucoup trop court malgré ses cent vingt minutes, tout tombe à point. Tout est parfaitement à sa place. Les acteurs sont d'une justesse ahurissante, la mise en scène d'une sensibilité infinie. Les personnages disent et font ce que l'on voudrait qu'ils disent ou fassent. "Prends-là dans tes bras!" Il l'a prend dans ses bras. "Dis-lui que tu l'aime". Elle lui dit je t'aime… Ce film vous réconcilie avec l'amour. Et même si le dénouement est d'une tristesse immense, il vous donne envie de sourire à la vie et vous incite à faire d'elle ce qu'il y de plus beau. Privilège de l'humain que beaucoup d'entre eux ont oublié de se souvenir…

Le drame se termine. Et je me demande si je suis normal. Si ce que qu'il m'arrive de prendre pour de la sensiblerie n'est pas finalement risible de la part d'une armoire à glace engoncée dans ce fauteuil trop petit et ne sachant où caser ses jambes… Je ne sais plus trop où je me trouve et, tandis que défile le générique, je tente de reprendre souffle et conscience. Il faut quitter la salle. Dignement. Faire bonne figure et ne pas montrer à quel point ces deux heures, parmi les plus intenses de ma vie de cinéphile, ont réduit à néant mon image de colosse à laquelle je suis attaché depuis trop longtemps…

Le film s'appelle "After the Wedding". Il est signé Susanne Bier, réalisatrice danoise entrée spontanément dans mon panthéon personnel du 7ème art. Il est interprété par Mads Mikkelsen (Jacob), Sidse Babett Knudsen (Helen), Rolf Lassgard (Jörgen) et Stine Fischer Christensen (Anna). Le scénario est de Susanne Bier et Anders Thomas Jensen. Ces noms ne vous disent rien? A moi non plus, avant. Mais je vous jure que je saurai m'en souvenir… Trouvez une salle dans laquelle ce chef-d'œuvre est encore joué, allez le voir et rassurez-moi, dites-moi que je ne suis qu'un vieux con qui devrait éprouver grande honte d'être sensible à ce point…

Note : 19/20

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Jeudi 15 février 2007

Le film du jour : La Môme

Dans la salle, beaucoup de monde pour un après-midi; le bouche à oreille semble fonctionner. Dans mon fauteuil, je suis anxieux! Car la lecture d'une critique dans un chiffon du coin m'a laissé très perplexe. Premières images. Celles de l'enfance, de la misère, dans le caniveau. La petite fille vivote sa vie dans l'aube des années 20, en Normandie, dans un bordel, parmi les filles qui la chérissent, plus tard en comapagnie d'un père qui reviendra l'arracher à elles…

Devant moi, une spectatrice sort son premier kleenex. Il y en aura d'autres…

Montage et découpage du film un peu étranges mais l'émotion est là et elle devient très palpable. Les années passent et la petite est devenue une jeune fille, fragile. Avec sa copine, elle chante dans la rue, pour se faire un peu d'argent qu'elle rapporte à son "protecteur". Et puis, un découvreur de talents passe par là et la demoiselle prend son envol. Peu assuré au début, capotant même avant de repartir, de rebondir. L'âge adulte. L'affirmation. La gloire. Les tournées, l'alcool, omniprésent, et la vie qui continue à lui faire quelques vilains cadeaux. L'amour d'un bel homme, aux Amériques, la passion, le rêve presque réalisé et puis l'horreur, l'accident de son bien-aimé, la descentes aux enfers, l'alcool de nouveau, la drogue…

Devant moi, le nez de la dame se vide une nouvelle fois...

La Môme vacille, s'écroule mais se relève. Elle repart, reprend vie, goût à l'amour. Tournées encore, fatigue, concerts interrompus. La roue tourne mais brinquebale, comme folle sur son essieu. Repos, reprise, espoir, triomphe et rechute ! Une de plus, une de trop. Le corps usé, l'âme désenchantée, le cœur meurtri, c'est la fin du bal, l'épilogue d'un roman, acide et douceret à la fois, mais si loin du conte de fées…

Ma voisine du dessous termine son paquet de mouchoirs…

Le film s'achève. Je suis sous le choc, sous l'emprise de l'émotion gigantesque des dernières minutes. J'ai failli me pencher en avant pour demander, à la dame si sensible, un morceau de coton blanc. Car je viens d'assister à un film magistral, à une histoire bouleversante, à l'affirmation d'une actrice exceptionnelle. Oui, Cotillard, c'est Piaf ! C'est ahurissant, c'est à vous couper le souffle et à vous tirer les larmes. Même si j'adore son répertoire et sa voix prodigieuse, j'ignorais beaucoup de la vie de la plus grande interprète de tous les temps. J'en sais plus et j'en sors groggy, assommé. Le cinéma français moderne s'est trouvé un chef-d'œuvre et il vient de se terminer sous mes yeux. Combien de temps me faudra-t-il pour me remettre de "ça" ?…

Film monumental ! Réalisation magnifique et, vraiment, une Marion Cotillard qui mériterait un Nobel s'il existait dans le 7ème art ! Je n'attends plus que l'opportunité d'aller revoir ce chef-d'oeuvre d'Olivier Dahan. Et si je devais vous donner un conseil, un seul, à vous qui me lisez, ce serait d'en faire autant. Car ce film, tout autant qu'une Edith Piaf jamais égalée, mérite des millions et des millions de spectateurs…

Note : 19/20

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Jeudi 25 janvier 2007

Le film du jour : Bobby

Le 4 juin 1968, quelques minutes après avoir annoncé sa victoire dans les élections primaires de Californie, Robert Kennedy est abattu dans les cuisines de l'hôtel Ambassador de Los Angeles, par lesquelles il tentait de gagner la sortie du palace. Très grièvement blessé à la tête, Bobby meurt dans la nuit du 5 au 6 juin. Celui qui avait donc quasiment gagné l'investiture démocrate pour les élections présidentielles de novembre, subissait le même sort que son frère John, assassiné le 22 novembre 1963. Pour le peuple américain, et pour les démocrates plus particulièrement, ce fut une perte des plus traumatisantes...

Se servant de cette tragédie et de son décor finalement macabre, Emilio Estevez dresse le portrait de vingt-deux personnes qui, toutes, étaient présentes dans l'hôtel au cours de cette tragique soirée. 22 destins mêlés, de près ou de loin, à ce qui aurait dû constituer un événement mémorable et joyeux. Tel ne fut pas le cas pour ce qui est de la joie. Parmi tous ces personnages, couples, collègues de travail, sympathisants démocrates, aucun n'est inutile à l'histoire imaginée par Emilio Estevez, metteur en scène et scénariste. Leur importance, au départ pas évidente pour tous, éclate au moment du dénouement. Et c'est là que le film devient exceptionnel...

Anthony Hopkins, Martin Sheen, Helen Hunt, Sharon Stone, Demi Moore (dont je ne suis pas fan mais qui s'avère exceptionnelle en femme alcoolique), Shia LaBeouf, Lindsay Lohan, Heather Graham, William H. Macy, Laurence Fishburne, eux et tous les autres se sont unis pour donner à cette magnifique histoire, la crédibilité sans laquelle aucun film ne peut obtenir un véritable succès. Et là, ça devient vraiment du grand art ! Pour son quatrième long métrage, Emilio Estevez (qui joue également dans le film) réalise un petit chef-d'oeuvre. Magnifiquement filmé, avec des comédien(ne)s tous unis dans l'excellence, et sur un sujet qui a traumatisé jadis bien plus que le seul peuple américain...

Ce 4 juin 1968, je m'en souviens parfaitement. J'avais appris la nouvelle en classe, livrée par un prof qui devait être un admirateur des Kennedy. L'assassinat de Bobby avait été retentissant aussi de ce côté de l'Atlantique et, dès lors, j'avais décidé de tout savoir sur cet homme qui représentait un réel espoir de paix dans la guerre du Vietnam. J'avais 14 ans et si la France voisine en finissait avec les événements de mai, c'est bien la disparition de Bob Kennedy dont je me souviens le mieux. Aujourd'hui, après avoir beaucoup lu sur lui et sur John, je demeure persuadé que son assassinat demeure le plus triste et le plus dommageable, avec celui de Martin Luther King deux mois plus tôt, dans toute l'histoire des Etats-Unis...

Raison de plus pour aller voir ce magnifique "Bobby"...

Note : 17/20

VIVE LE CINEMA EN SALLE OBSCURE !



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